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AN 2 9522 Immortal and Beloved

Beethoven, Wright :
Immortal and Beloved

Date de sortie 18 janvier 2019
Numéro de l'album AN 2 9522
Periodes Classique

Ils en ont parlé

Informations sur l'album

Deux des trois compositions présentes sur cet enregistrement, le Trio l’Archiduc, op. 97 (1811) et An die ferne Geliebte (À la Bien-aimée lointaine), op. 98 (1816), ont été écrites pendant une durée de cinq ans qui se situe à cheval sur deux périodes de composition de Beethoven : la première, extrêmement prolifique et tumultueuse, que l’on qualifie volontiers de « période médiane » (1803-1814) et la seconde, appelée « dernière période » (1814-1825), qui montre une tendance à l’introversion de plus en plus marquée. La troisième œuvre, bien qu’elle reflète également un débordement passionné de la part de Beethoven, est quelque peu différente : le cycle de mélodies Briefe an die unsterbliche Geliebte (2012), du compositeur canadien, James K. Wright, a été inspiré par trois lettres d’amour passionnées écrites durant l’été 1812 par Beethoven, alors qu’il se refaisait une santé dans la station thermale de Teplitz, en Bohème.

Trio avec piano nº 7 en si bémol majeur, Op. 97 ou Trio l’Archiduc de Ludwig van Beethoven

Achevé en 1811, le Trio en si bémol majeur, op. 97, représente la clé de voûte d’un imposant cycle de trios avec piano et est dédié au jeune archiduc Rodolphe d’Autriche (1788-1831), qui a alors 23 ans. Dernier des 12 enfants de l’Empereur Léopold II, Rodolphe reste l’un des mécènes et amis les plus fidèles de Beethoven. Parmi les 14 partitions que le compositeur lui a dédiées se trouvent entre autres ce Trio « Archiduc », les 4e et 5e concertos pour piano et orchestre, la sonate pour piano Hammerklavier et la Grosse Fuge. Beethoven écrit d’ailleurs sa Missa Solemnis en commémoration de l’intronisation de l’archiduc en tant qu’évêque d’Olmütz, le 26 septembre 1819. De son côté, l’archiduc Rodolphe, qui a suivi des cours de composition avec Beethoven, laisse lui- même plusieurs pages remarquables, dont les 40 Variations sur un thème de Beethoven, pour piano seul (sur le thème O Hoffnung, O Hoffnung, WoO 200).

La création du « Trio l’Archiduc » a lieu à Vienne, à l’hôtel Zum römischen Kaiser, le 11 avril 1814. Les interprètes en sont le violoniste Ignaz Schuppanzigh, le violoncelliste/compositeur Josef Linke, avec Beethoven lui-même au piano. Suite au succès de cette soirée, les musiciens le jouent une seconde fois, quelques semaines plus tard. Malheureusement, la surdité croissante de Beethoven et les défis que cette infirmité lui pose font que cette représentation soit sa dernière apparition publique en tant que pianiste. Présents lors de ces ultimes concerts, les compositeurs Louis Spohr et Ignaz Moscheles racontent leur expérience. Le premier affirme que « Sa surdité avancée nous a presque entièrement privés des brillantes démonstrations de virtuosité que tous avaient tant admirées par le passé » et encore « pendant les passages Forte, le pauvre sourd a tapé sur les touches jusqu’à les faire claquer ; cette situation terrible m’a profondément attristé ». Moscheles se montre plus généreux dans son jugement face à la technique et à la force créatrice de Beethoven et, tout en remarquant que la surdité a fortement diminué les capacités pianistiques de l’artiste, trouve que cet op. 97, dans lequel il reconnaît maintes caractéristiques du jeu pianistique supérieur propre à Beethoven, dénote une originalité puissante et un génie transcendant.

An die ferne GeliebteÀ la Bien-aimée lointaine »), op. 98 de Ludwig van Beethoven

An die ferne Geliebte (À la Bien-aimée lointaine), op. 98, date d’avril 1816. Cette page est considérée comme étant le premier exemple d’un cycle de mélodies composé par une personnalité de renom. Plus tard cette même année, Carl Maria von Weber signe Die Temperamente beim Verluste der Geliebten, op. 46 puis, en 1823, Franz Schubert publie son premier cycle de mélodies, Die schöne Müllerin, qui ancre définitivement ce nouveau genre musical. Les six mélodies qui constituent An die ferne Geliebte suivent une série de thèmes poétiques : 1) angoissé à l’idée de se trouver dans un endroit où il a fait la connaissance de son ancien amour, le poète cherche un réconfort dans la mélodie et la nature 2) la vallée paisible calme son esprit 3) s’étant réfugié à cet endroit, il supplie les nuages, le ruisseau, les oiseaux et la brise de l’écouter et de sécher ses larmes 4) comme par divine intervention, son souhait est exaucé, et le poète tombe dans une profonde rêverie 5) malgré sa beauté, la saison du printemps ne lui apporte que tristesse 6) il se décide à offrir ces chansons, preuves subtiles de son amour, à sa bien-aimée.

Briefe an die unsterbliche Geliebte (« Lettre à l’immortelle Bien-aimée ») de James K. Wright

Alors qu’il est alité et en mauvaise santé, les 6 et 7 juillet 1812, Beethoven écrit trois lettres d’amour enflammées, témoins émouvants de la tragique situation à laquelle l’artiste se trouve confronté, étant animé par une passion brûlante, mais éprouvant une souffrance terrible et un désir inassouvi, ne parvenant pas à réaliser un simple désir de bonheur domestique, alors qu’il s’efforce d’atteindre des idéaux artistiques monumentaux. Découvertes dans la table de chevet du grand compositeur peu après sa mort, en 1827, ces lettres intimes, adressées à « meine unsterbliche Geliebte », ont attisé la curiosité des musicologues pendant près de deux siècles. L’identité de la destinataire de ces missives est d’ailleurs restée un mystère jusqu’à tout récemment.

Au fil des ans, les recherches des musicologues ont proposé des dizaines de candidates au titre de « Unsterbliche Geliebte ». Toutefois, les analyses effectuées ces 50 dernières années par les historiens semblent pencher en faveur d’une jeune et belle aristocrate hongroise, la comtesse Joséphine von Brunswick, que Beethoven rencontre en 1799, peu avant son mariage avec le comte von Deym. Devenue veuve en 1804, la comtesse intensifie ses liens avec le compositeur. Malheureusement, son rang élevé et ses obligations familiales l’empêchent d’épouser Beethoven, qui n’est pas un prétendant acceptable aux yeux de cette famille aristocrate (l’une des oppositions les plus ferventes aurait été émise par Anna von Brunswick). Vers la fin du troisième mouvement du cycle de mélodies, Briefe an die unsterbliche Geliebte, on reconnaît le thème lyrique qui marque le début de l’Andante Grazioso en fa majeur, aussi nommé Andante Favori, pour piano seul. Il semblerait que, peu après la mort du comte von Deym, Beethoven ait secrètement dédié cet Andante Favori à Joséphine.

Joséphine serait-elle vraiment l’immortelle de Beethoven ? Les musicologues ne trouveront peut- être jamais de preuve définitive qui permettrait de résoudre ce mystère. Voici toutefois une réflexion extraite du journal de la sœur de Joséphine, Thérèse de Brunswick (1775-1861) :

« Beethoven, quel esprit magnifique ! Pourquoi ma sœur Joséphine, veuve du comte Deym, ne l’a-t-elle pas pris pour époux ? Il est son âme sœur ! Ils sont faits l’un pour l’autre. Son affection maternelle l’a empêchée de penser à son propre bonheur. Les lettres découvertes dans la table de chevet de Beethoven… étaient sans doute adressées à Joséphine, car il l’aimait passionnément. »

© James Wright 2018

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À propos

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David John Pike
AN 2 8746 Ovation
James K. Wright

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