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AN 2 8769 Boismortier

Boismortier : Sonates pour violon, op. 20

Date de sortie 30 août 2019
Numéro de l'album AN 2 8769
Periodes Baroque
Genres Violon

Ils en ont parlé

Informations sur l'album

Boismortier : Sonates à violon seul avec la basse, op. 20

À ce jour, il n’existe que trois exemplaires connus de l’unique recueil de sonates pour violon et basse continue de Boismortier, œuvre vingtième, paru en 1727. Le compositeur, installé à Paris vraisemblablement depuis 1723 selon Stéphan Perreau (Joseph Bodin de Boismortier 1689-1755; Un musicien lorrain-catalan à la cour des Lumières, Les Presses du Languedoc, Montpellier, 2001), dut s’imprégner de ce dont les amateurs de musique étaient friands, ayant choisi de ne vivre que de ses publications et non sous quelque charge de cour ou d’institution, devenant ainsi un exceptionnel baromètre du goût de la musique que l’on achète pour l’exécuter soi-même ou la faire exécuter chez soi. L’autorité du grand et du grave ayant considérablement diminué à la fin du règne de Louis XIV et pendant la Régence au profit de l’émouvant et du tendre, qualités associées surtout à la flûte traversière par les Français, il semble naturel que sur les dix-neuf premiers livres publiés par Boismortier, pas moins de onze lui furent consacrés. Or, à travers ce mouvement de transformation du goût hors des contraintes anciennes, on vit la musique française absorber de larges influences italiennes, avec le violon comme champion. Cet instrument, étroitement associé aux rythmes de la danse en France, montrait soudain d’admirables qualités chantantes ou bien une nouvelle virtuosité selon un idiome propre à lui. Cela ne se fit pas sans débats, jusqu’à ce que l’on se questionne sur le sens de la musique italienne, dans ses multiples développements motiviques comparativement à l’intelligible discours musical français. Depuis les dernières années du 17e siècle, quelques musiciens français s’étaient employés à explorer le goût italien devant l’enthousiasme de certains mécènes tels l’abbé Nicolas Mathieu, curé de Saint-André -des- Arcs à Paris ou plus tard, le duc Philippe d’Orléans, neveu du roi et régent de France, qui tenaient salon en marge de Versailles : les Rebel, Jacquet de la Guerre, Couperin et Duval ouvrirent le chemin, mais ce fut depuis la fondation du Concert Spirituel en 1725 qu’une nouvelle génération de solistes rivalisèrent d’invention pour séduire un public libre de manifester ses préférences, dont aucune ne dut échapper à Boismortier. En écrivant pour le violon, il participait à une vogue, mais comme il n’en était pas lui-même un interprète, les ouvrages mis de l’avant par les violonistes compositeurs, comme son ami Jean-Marie Leclair, trouvèrent une diffusion à plus long terme.

En tant que premier musicien bourgeois, jaloux de sa liberté, Boismortier s’adressait à ses clients comme à des pairs, voire, des amis. Toujours selon Stéphan Perreau, il savait briller dans le monde et maniait bien le riche loisir qu’était l’art de la conversation, cher à la société française. On retrouve cet art dans la dizaine de livres de duos qu’il soumit au public avant 1727, et c’est ce qui caractérise aussi sa musique pour dessus et basse continue, dont les sonates pour violon : elles sont fraîches, dialoguées, inventives et touchantes, autant dans l’ardeur que dans une certaine profondeur, bien dosées. Ici, Boismortier ne sacrifie qu’une nouvelle tendance de son époque, celle de simplifier la basse au profit d’un soliste volubile et ambitieux. Si l’inspiration pour l’œuvre vingtième est plutôt italienne, à commencer par les titres de chaque pièce, il n’en demeure pas moins que le goût français s’immisce à travers l’usage de figures, de possibilités ornementales, de variété rythmique et d’usage de mouvements de danse comme la gavotte tendre, la loure, le passepied ou la sarabande ; exemples éloquents de la réunion des goûts.

Nous espérons que cet enregistrement en première mondiale puisse servir à promouvoir la finesse de l’esprit propre à Boismortier, tel qu’exprimé par le violon.

© Olivier Brault

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À propos

Olivier Brault
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