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FL 2 3049

Oeuvres pour guitare et orchestre à cordes

Date de sortie 15 août 1994
Numéro de l'album FL 2 3049
Periodes Contemporaine
Genres Orchestre de chambre

Informations sur l'album

Torroba: Sonatina et Interludio

Frederico Moreno Torroba est né à Madrid le 3 mars 1891. Ses études musicales se firent d’abord sous la direction de son père, José Moreno Ballesteros, professeur au Conservatoire de Madrid, puis sous celle, toujours au Conservatoire, du professeur Conrado del Campo. Ses premiers succès furent des œuvres orchestrales, la plupart d’ailleurs interprétées par les orchestres symphonique et philharmonique de Madrid. Vinrent ensuite les opéras, tel La virgen del Mayo en 1926 et, surtout, les zarzuelas.

Ce sont ces opéras légers — dont l’origine remonte à Calderón au XVIIe siècle — qui assureront la gloire de Moreno Torroba. Il en composa près d’une trentaine, dont La chulapona (1924), Monte Carmelo (1936), La caramba (1942) et, peut-être la plus célèbre, Luisa Fernanda (1932).

La « conversion » à la musique pour guitare fut tardive. Elle date du milieu des années 1920, après la rencontre du compositeur avec le guitariste Andrés Ségovia. C’est ce dernier qui demanda à Moreno Torroba d’écrire pour la guitare, comme il l’avait fait et le fera encore avec plusieurs dans son effort pour donner à l’instrument une plus grande respectabilité, instrument à l’époque encore considéré sur la scène internationale comme le « parent pauvre » du piano ou du violon.

Plusieurs œuvres magnifiques pour guitare seule s’ensuivirent, dont la Suite Castellana, les Piezas Caracteristicas, le Castillo de España, ainsi que des œuvres pour guitare et orchestre, le Concierto castilla, l’Homenaja a la Seguidilla, les Diálogos et le Concierto Ibérica.

La musique de Moreno Torroba est empreinte de classicisme, non pas dans la forme, qui demeure assez libre, mais dans l’expression et le style. Le soin qu’il apporte à l’orchestration, sa subtilité et son raffinement, participe aussi à cette retenue que l’on sent tout au long de son œuvre. De plus, Moreno Torroba sait éviter les pièges et les excès d’un « folklorisme » facile, au profit d’une émouvante sobriété. Comme le souligne d’ailleurs Larry Snitzler (Guitar Review), si la musique de Torroba évoque bien une certaine atmosphère castillane, toutes ses mélodies sont siennes: « La musique de Castille était dans son sang […]. Il n’avait pas besoin de sortir pour aller noter toutes sortes de mélodies « folkloriques”; Il écrivait seulement ce qui était dans sa tête et dans son cœur. »

Sonatina para guitarra y orchestra

La Sonatine pour guitare et orchestre (qui date du début du siècle) est dédiée, comme il se doit, à Andrès Segovia. Sa structure très classique, sa virtuosité contenue et surtout sa beauté mélodique ont soigné une popularité qui ne cesse de croître dans tous les domaines. L’œuvre se retrouve aussi dans tous les grands concours consacrés à la guitare, autant que dans les récitals virtuoses.

La version présentée dans cet enregistrement est une première mondiale: il s’agit en effet d’une transcription pour guitare et orchestre réalisée par Torroba lui-même quelques mois avant sa mort.

Interludio I y II

Les deux Interludio qui suivent, originalement écrits pour quintette à vent, ont été arrangés et réorchestrés par le fils du compositeur (nommé Federico, comme son père). On y retrouve ce mélange de passion, de romantisme exacerbé et de retenue qui caractérise la musique d’inspiration andalouse. Ces deux morceaux, dont la facture est relativement rare dans l’œuvre de Torroba, représentent un aspect moins connu, mais fascinant de son art. Soulignons que l’Interludio II n’est pas sans évoquer, tant par la couleur que par la grâce toute simple, la Pavane pour une infante défunte de Ravel.

Abril: Concierto Mudéjar (1986)

Né à Teruel (province d’Aragon) en 1933, Anton Garcia Abril représente une génération qui, dans la foulée d’Albeniz, Falla, Granados et Turina, a forgé les destinées de la musique espagnole. La littérature, tout autant que l’appel du terroir, alimentent son inspiration et structurent sa pensée musicale. Celle-ci est aussi profondément ancrée dans l’histoire de l’Espagne et la signification de l’occupation arabe.

C’est à elle que l’on doit le terme « mudéjar”, qui désigne un art qui se développa en Espagne chrétienne entre le XIe et le XVe siècles. Si le Concerto suit la construction classique en trois mouvements, il n’en fait pas moins preuve d’une grande liberté interne. Le Moderato, qui a tout d’une fantaisie, fait préluder la guitare en soliste avant d’introduire le premier thème, chantant et rythmé, qui amorce un dialogue entre le soliste et l’orchestre. L’Andante, rêveur et sentimental, est bâtit sur deux thèmes et alterne questions et réponses entre le soliste et l’orchestre. Ici le Concerto se fait digne de son nom: l’ornementation rappelle tout ce qu’une certaine architecture espagnole a pu conserver d’arabe. Le dernier mouvement emprunte son rythme au zapatéado andalou, ici aux rythmes quelque peu heurtés, mais aisément reconnaissables. Le contraste des idées et des rythmes, culminant peu à peu dans un crescendo habilement ménagé, explose dans un arpège aussi concis que spectaculaire.

© Patrick Schupp, Alex Benjamin

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