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Tremblay: Les Vêpres de la Vierge

Informations sur l'album

Les Vêpres de la Vierge pour chœur mixte, soprano solo, trois flûtes (et petite flûte), hautbois, cor anglais, deux trompettes, trombone, trois percussions, orgue positif et contrebasse.

Les Vêpres de la Vierge m’ont été commandées à l’occasion du huit cent cinquantième anniversaire de la fondation de l’Abbaye de Notre-Dame de Sylvanès où elles furent créées le 20 juillet 1986. Ces circonstances président donc à la composition destinée à une architecture où l’acoustique est exceptionnelle. L’œuvre est dédiée à André Gouzes, dominicain, et aux amis de Sylvanès qui, à la suite de ses architectes, en font une résonance vivante.

Dans la liturgie des heures, les vêpres correspondent au coucher du soleil. C’est dire l’importance symbolique de la lumière (assimilée au Christ). Une place de choix dans la musique a donc été accordée à son évocation, d’autant plus qu’il s’agit de Vêpres de la Vierge, … une Femme ayant le soleil pour manteau … (Apocalypse 12-1).

La plupart des textes sont en français sauf quelques-uns, comme l’hymne Ave maris stella ainsi que deux des antiennes que j’ai laissées en latin. Pour l’accentuation, c’est la langue parlée qui m’a servi de guide, avec toute la flexibilité que donnent la durée, l’espace, la répétition, les vocalises, le silence, pour intensifier, magnifier un mot, une syllabe, à l’exemple de l’ornementation ou des neumes grégoriens.

Exemplarité du grégorien. Par une beauté qui transcende le temps, il garde plus que jamais, sa force de sève aujourd’hui. Dans ces Vêpres de la Vierge, j’ai tenté de lui articuler cet aujourd’hui comme cela s’est fait au cours de l’histoire à des époques où, comme à la Renaissance, l’écart de style était déjà très grand. J’ai été émerveillé d’y constater une harmonie et une affinité complémentaires, encore plus grande aujourd’hui qu’avec certains langages du passé, souvent trop directionnels par rapport à la modalité. Ce contact a été un choc enthousiasmant. J’y ai découvert une coexistence non seulement fraternelle et naturelle, mais familière également, comme à la suite d’une longue préparation plus ou moins consciente.

Tel a été ce défi: citer, enchâsser, souligner, commenter, enluminer, en un jeu d’échange où les éclairages mutuels se rafraîchissent l’un l’autre, découvrant d’étonnants accents communs, provoquant ce que j’appellerais un effet de sève réciproque d’où est exclue, est-il besoin de le préciser, toute nostalgie passéiste.

Ces vêpres, qui suivent le déroulement liturgique, se divisent en trois grandes parties.

Première partie

Prologue: Envol, alléluia pour flûte seule (en sept petites sections: lancés; surabondance I; ruissellement I; surabondance II; ruissellement II; surabondance III; chant lyrique en rotations amples).

Introduction avec:
• Gloria en deux éléments: 1) un grand drapé mélodico-harmonique; 2) deux blocs harmoniques engendrant des couleurs harmoniques réciproques par leurs cinquième et septième harmoniques respectives, en micro-intervalles — les notes fondamentales FA et SI sont les mêmes que celles des cloches de l’Abbaye — les phonèmes de l’alléluia sont développés par répétitions et permutations.

Lucernaire, avec antienne-choral aux voix de femmes, éclats instrumentaux, et cantillation des versets par les voix d’hommes.

Bénédiction du célébrant avec exclamations d’Amens aux voix et instruments.

• L’hymne Ave maris stella en grégorien avec ponctuations à durées croissantes au grand tam-tam.

Deuxième partie

Série de psalmodies précédées et suivies de leurs antiennes grégoriennes enluminées par des tropes.

Pendant la psalmodie: constellations très douces de durées-résonances. Le mouvement de balancier des versets est ponctué alternativement par un tam-tam et une cloche accordée. On a:
Antienne I: Ave Maria, avec tropes instrumentales et vocales. Psaume 121
Antienne I variée.
Antienne II: Voici la servante du Seigneur: FIAT avec introduction et tropes. Psaume 126 Antienne II variée.
Antienne III: Benedicta tu avec tropes et alléluias instrumentaux.
Cantique de saint Paul (Ephésiens 1)
Antienne III variée, avec alléluia instrumental développé.

Troisième partie

Lecture brève, tirée de l’Apocalypse de saint Jean, par le célébrant. Fulgurance instrumentale, en éclat. Un très doux alléluia lui répond, fondu à la résonance. Répons bref, nouvel Ave Maria grégorien, dansant d’allure presque populaire, sur trois notes seulement. J’ai orné les retours du Dominus tecum de groupes-traits ultra-rapides variés chaque fois. Magnificat, se déroulant sur trois plans:
1. Un énorme bruit métallique en relation avec l’évocation de l’Apocalypse: « Un signe grandiose », frisson de l’univers — le métal s’en faisant porte-parole minéral.
2. Une vocalise-Magnificat, servant d’antienne, par le soprano solo, dont la joie prophétique traverse toute la pièce.
3. Le texte même du Magnificat grégorien, comme un écrin méditatif au poème de Marie, dont on ne peut épuiser le sens ineffable tellement il touche à l’infini. J’ai tenté pour ma part d’en traduire la joie si grande qu’elle nous dépasse totalement, jusqu’au drame: sa dimension englobe la réalité de la création et l’espérance la plus inouïe.

© Gilles Tremblay

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À propos

Walter Boudreau
AN 2 9521 Jordan Pal Into The Wonder
AN 2 9521 Jordan Pal Into The Wonder

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