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AN 2 9853

Toccata

Interprètes
Date de sortie 16 mai 2006
Numéro de l'album AN 2 9853

Informations sur l'album

Le mot toccata trouve son origine dans l’italien toccare, qui signifie  » toucher « . Quel que soit l’instrument à cordes pincées, le toucher de l’interprète — depuis la caresse la plus délicate jusqu’à l’attaque la plus violente — est un élément crucial de la résultante sonore. Des compositions virtuoses pour le luth coiffées du titre Toccata sont apparues pour la première fois dans les premières années du XVe siècle. Depuis lors, la forme est demeurée prépondérante dans le répertoire instrumental soliste. J’ai composé cette Toccata en 2001 suite à une rencontre avec le grand guitariste et compositeur cubain, Leo Brouwer, qui m’a encouragé à compléter l’œuvre après qu’il ait pris connaissance des premières esquisses. La pièce comporte beaucoup des principaux ingrédients du style de la toccata : des développements harmoniques et mélodiques de style improvisé, d’amples gammes et des figures d’arpèges. Composée de quatre sections contrastantes mais imbriquées, la pièce renferme certains matériaux thématiques ont été inspirés par la musique même de Brouwer. L’auditeur familier avec la musique de Brouwer pourra y déceler des échos de son style ainsi que quelques citations tirées de ses œuvres pour guitare.

Œuvre parue en 1985, Koyunbaba, du compositeur italien Carlo Domeniconi, emprunte son titre et trouve son inspiration dans une région du même nom en Turquie. Traduit littéralement,  » Koyunbaba  » veut dire  » berger « , mais est aussi le nom d’un mystique du XIIIe siècle dont la tombe est encore visitée de nos jours en Turquie. La tradition veut que le visiteur dépose sur la tombe des pièces de tissus colorées, vraisemblablement pour se racheter d’une malédiction qui aurait un lien avec la famille Koyunbaba. Le compositeur, qui a habité la Turquie plusieurs années, a été séduit par les mélodies et les harmonies de cette culture musicale et les a traduites sur la guitare. L’instrument est réaccordé presque en entier afin de créer un monde sonore riche et envoûtant tout au cours des quatre sections enchaînées de l’œuvre.

Le compositeur espagnol Joaquin Rodrigo est célèbre surtout pour son Concierto de Aranjuez pour guitare et orchestre. Dans le présent recueil de pièces pour guitare seule, publié en 1963, Rodrigo s’est à nouveau tourné vers les riches traditions culturelles de son pays natal. En combinant la musique andalouse et les formes classiques établies, Rodrigo a créé un style de composition moderne qu’il a nommé  » Neocasticismo « . Le Fandango est une forme de danse flamenca qui avait déjà servi de modèle à des œuvres pour le clavecin lors de l’époque baroque tardive (Scarlatti avait utilisé cette forme). Rodrigo associe aussi des rythmes de danse fandango avec des ornements baroques tels l’acciaccatura (une  » mauvaise note  » jouée au même moment que les  » bonnes notes  » d’un accord). La Passacaglia (ou Passacaille) est aussi une forme musicale baroque, où se déploient graduellement des motifs mélodiques et harmoniques au-dessus d’une ligne de basse par laquelle commence la pièce. Cette ligne de basse, ici, est essentiellement une élaboration d’un motif de quatre notes descendantes (la–sol–fa–mi). Le flamenco et le baroque ont tous deux en commun cette puissante progression musicale (que l’on retrouve notamment dans la Suite BWV 997 de Bach). La Passacaille se termine sur une section fuguée qui emploie des rythmes proches du fandango. Le recueil se ferme sur un Zapateado enflammé, inspiré par cette danse flamenca habituellement interprétée par un danseur seul afin de mettre en valeur la virtuosité de ses jeux de pas rapides et parfois violents.

La Suite BWV 997 de J.S. Bach est cataloguée comme une œuvre pour le luth. Cependant, il est probable, en raison de son contrepoint détaillé si caractéristique des œuvres pour clavier de Bach, que cette suite ait été conçue pour le Lautenwerke, un instrument à clavier que Bach s’est fait spécialement construit. Cet instrument remplaçait les plectres de plume d’oie du clavecin par des plectres en cuire, afin de reproduire le timbre d’une corde pincée, que Bach semble avoir particulièrement apprécié. La Suite a été transposée à partir du ton original de do mineur afin de mieux convenir à l’accord standard de la guitare — une pratique que Bach utilisait souvent dans ses propres transcriptions. Le motif descendant qui unifie les cinq mouvements de cette suite (la–sol–fa–mi) avait une connotation spécifique pour les compositeurs baroques (selon la  » théorie des passions « ) et représente un état de profonde tristesse et de deuil.

Le grand Paraguayen Augustín Barrios Mangoré est aujourd’hui considéré comme le plus grand guitariste–compositeur du début du XXe siècle. Depuis sa mort en 1944 jusqu’à la ré-émergence de sa musique dans les années 1970, il avait été presque totalement oublié. Il est maintenant reconnu à juste titre pour ses inestimables contributions à la guitare et à son répertoire.
En tant qu’interprète de la guitare, Barrios a établi la norme pour les virtuoses de la guitare. En effet, il maîtrisait complètement les capacités techniques et expressives de la guitare et il avait un vaste répertoire, dont beaucoup de ses propres compositions (en outre, il a été le premier à jouer une suite pour luth de Bach au complet sur une guitare moderne). Comme compositeur, il a laissé une grande quantité de musique de qualité pour la guitare seule, de tous les styles, du classique au style populaire inspiré des chants et danses de l’Amérique du Sud. Une grande partie de sa musique a survécue, non pas sous forme manuscrite, mais par le biais de l’enregistrement sonore.

En 1909, Barrios aurait été le premier guitariste à réaliser un enregistrement ; il a gravé plus de trente disques au cours de sa vie. Un Sueño en la Floresta (Un songe dans la forêt) est une œuvre dans la veine romantique faisant usage de la technique idiomatique à la guitare qu’est le tremolo, afin de créer l’impression d’une mélodie soutenue. Dans cette pièce, il utilise à la main gauche des positions larges d’accords pour établir un arrière-plan harmonique riche et plein. Barrios utilisait une guitare à vingt frettes — une guitare classique typique de l’époque et même d’aujourd’hui ne compte que dix-neuf frettes. Dans Sueño, le mélodie culmine sur la vingtième frette, un do aigu. Voilà un geste musical approprié pour un guitariste qui a su étendre la tessiture et les possibilités expressives de notre instrument.

© Aaron Brock
Traduction : Jacques-André Houle

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À propos

AN 2 9136 Bach Oeuvres Celebres
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