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AN 2 9892

Dvorak: Quatuor Op. 106, 6 Cyprès, 2 Valses

Compositeurs
Date de sortie 13 mars 2012
Numéro de l'album AN 2 9892
Periodes Romantique

Informations sur l'album

À l’origine, Dvo?ák avait conçu Cyprès (Cyp?iše) comme un recueil de mélodies; il avait alors 23 ans et était follement amoureux de l’une de ses étudiantes de 16 ans, Josefa (Josefina) ?ermáková, fille d’orfèvre. Dvo?ák mettra un peu plus de deux semaines pour composer ces 18 chants d’amour, sur des textes intimes et vaguement sentimentaux de Gustav Pfleger-Moravský. Josefa n’a pas cédé aux avances de Dvo?ák et le cycle n’a pas été publié, mais huit ans plus tard, Dvo?ák tomberait de nouveau amoureux, cette fois de la jeune sœur de Josefa, Anna, avec laquelle il connaîtrait de nombreuses années de félicité maritale. Plusieurs fois au cours de sa carrière, il reviendrait à ces pages. « Pensez à un jeune homme amoureux – voilà de quoi elles traitent », devait-il écrire quand il en publia huit sous le titre Chants d’amour, opus 83. Puis, au printemps 1887, Dvo?ák dédia une douzaine de ces doux chants lyriques au quatuor à cordes. Il les nomma Cyprès, modifiant légèrement les mélodies originales afin de mieux les entourer de fraîcheur et d’authenticité. Ne devant être publiées qu’en 1921, ces pièces attrayantes et charmantes renferment nombre de caractéristiques du Dvo?ák que nous avons appris à connaitre à travers ses œuvres de maturité.

En 1895, Dvo?ák a passé Noël à Vysoká, sa maison de campagne située en bordure de Prague. Il travaillait avec assurance et avait déjà complété, sur une période de quatre semaines, de la fin novembre au début décembre, son Treizième Quatuor à cordes, en sol majeur, B. 192, opus 106. Le jour de Noël, il mettait la dernière touche à un autre quatuor qui, cinq jours à peine après, serait également terminé. Dvo?ák a ainsi composé deux de ses plus remarquables quatuors en moins de deux mois, mais cette facilité et ce plaisir faisaient suite à une période de sécheresse créative.

Une deuxième visite aux États-Unis, un succès artistique, était déjà chose du passé. Il pouvait regarder avec fierté derrière lui en considérant son nouveau Concerto pour violoncelle, sa Symphonie « du Nouveau Monde », son Quatuor à cordes « américain » et bien d’autres pages. Pourtant, Dvo?ák se sentait loin de ses amis et de sa famille. Il avait été tenu à l’écart de la campagne de Bohème et d’un quotidien qui alimentait sa créativité. « Oh, si je pouvais être de nouveau de retour à la maison », écrivait-il, installé à New York, souffrant du mal du pays. Sa femme et lui devaient retrouver la Bohème pour de bon au printemps 1895. De retour dans des lieux familiers, Dvo?ák reprit sa routine initiale. De bon matin, il amorçait sa journée par une marche dans le parc de Karlsplatz, puis enseignait au Conservatoire de Prague. Il suivait les allées et venues des trains, activité qu’il aimait particulièrement. Le soir, il rencontrait régulièrement de jeunes musiciens et acteurs dans le restaurant de Mahulik et participait le vendredi à des soirées avec des artistes praguois importants chez son ami, l’architecte Josef Hlávka.

L’achèvement du Quatuor en sol majeur mit fin à un blocage créatif qui avait duré neuf mois, la plus longue période de jachère que connaîtrait Dvo?ák. Il pouvait maintenant écrire : « Je travaille si facilement et tout va si bien que je ne pourrais rien souhaiter de mieux. » Les deux quatuors à cordes, opus 106 et 105 (écrits dans cet ordre), peuvent être perçus comme un concentré de qu’il considérait le meilleur dans le monde. Ils se veulent une affirmation de la vie et de la nature et, en tant que dernières œuvres de musique de chambre, révèlent un compositeur maîtrisant entièrement le véhicule. Le Quatuor en sol majeur s’ouvre de façon affirmative, assurée. Son premier thème est joyeux et va de l’avant, en contraste avec le deuxième thème lyrique, presque folklorique, qui circule d’un instrument à l’autre. L’art de Dvo?ák, superbement accompli, nous mène au mouvement lent, pièce maîtresse du quatuor. L’Adagio, éloquent et élégamment écrit, d’ambition noble, est l’un des mouvements pour quatuor à cordes les plus réussis du compositeur. Un scherzo animé et vigoureux suit, Mendelssohnien par moments, mais doté d’une touche de truculence campagnarde. Le finale commence de façon exubérante, mais comprend des sections mélancoliques, presque nostalgiques, en son centre. On y retrouve également des échos du mouvement d’ouverture, balayés par une conclusion affirmative et joyeuse.

Les deux Valses, B. 105, opus 54 sont nées en 1879 alors que le compositeur recevait une commande de musique de danse pour un bal organisé par la Národní Beseda, organisation patriotique de Prague. Dvo?ák et d’autres éminents compositeurs, dont Smetana et Fibich, devaient fournir une série de valses liées. Dvo?ák devait bientôt réaliser que ses valses se révélaient plus propices à des interprétations au concert ou dans les salons que comme accompagnement de danse et il se mit donc à une toute nouvelle série de danses pour le bal, les Valses de Prague. Il transforma par la suite la musique originale en une suite de huit valses pour piano, avant d’arranger les deux plus populaires pour cordes. La première est une valse oscillante, distinctement tchèque, comprenant des épisodes plus rapides. L’Allegro vivace possède le même caractère qu’une Danse slave de Dvo?ák

© Keith Horner
Traduction: Lucie Renaud

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À propos

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