fbpx
AN 2 9844 Mendelssohn Quatuor à Cordes

Mendelssohn: Quatuor à cordes op. 44 nos 1 & 2

Date de sortie 02 octobre 2015
Numéro de l'album AN 2 9844
Periodes Romantique

Ils en ont parlé

Informations sur l'album

Pièce maîtresse de la maturité de Felix Mendelssohn, les trois quatuors de l’opus 44 ont été amorcés en 1837 (il avait alors 28 ans) et complétés l’année suivante. La réputation du compositeur était en hausse fulgurante. L’oratorio Saint Paul lui avait déjà valu une reconnaissance internationale et il était à la tête du célèbre Orchestre du Gewandhaus de Leipzig depuis 1835. Il séjournait constamment dans les grands centres d’Europe – dirigeant, siégeant sur les comités culturels et pédagogiques importants, répondant à des commandes d’oeuvres pour les festivals prestigieux et donnant des concerts en tant que pianiste, organiste et musicien de chambre, tant pour le grand public que les membres de la royauté d’Europe. Sa vie familiale était également en pleine effervescence avec son mariage en mars 1837 avec Cécile Jeanrenaud, fille d’un pasteur protestant français, et l’installation dans une nouvelle résidence à Leipzig.

Il a commencé la composition des quatuors de l’opus 44 pendant sa lune de miel dans la Forêt-Noire et fini celui en mi mineur le 18 juin 1837. Celui en mi bémol suivrait le 6 février, une journée avant la naissance de son premier fils, Carl Wolfgang Paul. Le dernier quatuor, celui en ré majeur, serait complété le 24 juillet 1838. Une fois les trois quatuor achevés, Mendelssohn réarrangea l’ordre de ceux-ci, leur attribuant les numéros que nous leurs connaissons aujourd’hui, publiant l’ensemble sous le titre Trois grands quatuors, avec une dédicace au prince héritier de Suède.

Mendelssohn tenait en haute estime son Quatuor en ré majeur, op. 44, no 1, premier des trois publiés, mais dernier complété. « Je viens de terminer mon quatuor en ré majeur », écrivit-il au violoniste Ferdinand David, ami proche et premier violon solo de l’Orchestre du Gewandhaus. « Je l’aime beaucoup. J’espère qu’il te plaira aussi. Je pense que oui, puisqu’il est plus fougueux et il me semble plus redevable aux interprètes que les autres. » David et son quatuor avaient déjà créé les deux quatuors antérieurs de l’opus 44 et donnèrent la première de celui en ré majeur lors d’une de leurs matinées, le 16 février 1839.

Le premier mouvement se veut une conversation exubérante et pleine d’entrain entre les quatre instruments, sans complexe, méticuleusement polie. Après avoir délaissé la musique de chambre au début des années 1830, Mendelssohn tend maintenant plus vers le classicisme que dans ses quatuors précédents, opus 12 et 13, structurellement expérimentaux et influencés par Beethoven. Les deux mouvements centraux offrent un contraste au début expansif du quatuor. On retrouve d’abord un léger menuetto, le seul parmi les quatuors de Mendelssohn, doux comme la soie, de nature quelque peu rococo, avec ses phrases parfaitement calibrées. Un mouvement lent mélancolique suit, le compositeur dosant fermement l’émotion. Le brillant finale est une saltarelle nous propulsant vers l’avant, version tourbillonnante de la danse du 16e siècle que Mendelssohn avait déjà maîtrisée dans le dernier mouvement de sa Symphonie « Italienne ».

Le premier des trois complétés, le Quatuor en mi mineur, op. 44, no 2 s’ouvre dans l’urgence, dans la tonalité préférée de Mendelssohn, mi mineur. Au milieu de l’agitation, une touche de mélancolie se fait entendre dans le thème du premier violon. Sa forme en arc et son accompagnement syncopé suggèrent fortement le début du concerto pour violon que Mendelssohn écrirait dans la même tonalité et pour le même violoniste l’année suivante. (Cette phrase arpégée rappelle aussi les premiers instants du finale de la symphonie tardive de Mozart en sol mineur, mais la ressemblance s’arrête là.) Les idées musicales fermement tissées tout au long du mouvement équilibrent la tension du thème d’ouverture avec le repos du deuxième. Une inventivité féconde nous mène vers l’étincelant Scherzo. Propulsé par une vitalité rythmique, ce dernier nous surprend constamment et inopinément. En même temps, tout se place confortablement sur la touche – comme l’Octuor, cette musique a été faite pour les interprètes autant que pour les instruments joués. Mendelssohn démontre sa connaissance intime du violon (et de l’alto) dans les interactions entre les quatre instruments. « Il ne touchait pas à un instrument à cordes de l’année, a une fois affirmé le compositeur Ferdinand Hiller, mais quand il voulait jouer, comme la plupart des choses de la vie, il pouvait le faire. » Le mouvement lent est un chant sans paroles doux-amer, dont la mélodie principale devient particulièrement éloquente quand elle réapparaît au violoncelle. Tout soupçon de sensiblerie – une préoccupation qui transparaît dans certaines pages de Mendelssohn – est évité, le compositeur mettant en garde de ne pas faire traîner (nicht schleppend) le mouvement. Une fois de plus, le finale démontre un grand degré de sophistication, Mendelssohn traitant le matériel bravura de façon complexe, mariant art musical et virtuosité technique.

Lire la suite

À propos

Cecilia String Quartet
AN 2 8781 Canciones

Start typing and press Enter to search

AN 2 9530 - Kuhlau: Grandes sonates