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Bach, Britten, Bernstein, Paulus: Songs of Hope

Informations sur l'album

D’une manière ou d’une autre, toutes les pièces de cet album sont le résultat de commandes passées lors d’occasions spéciales, témoins d’une reconnaissance du passé ou d’un espoir envers le futur.

Johann Sebastian Bach: Singet dem Herrn, BWV 225

Ce remarquable motet pour double chœur est l’une de ces œuvres qui laissent l’auditeur vaguement pantois, le souffle coupé, dès la première écoute, comme Mozart a pu le constater lorsqu’en 1789 il visitait Leipzig et se serait exclamé en l’entendant : « Voilà quelque chose dont on puisse apprendre ! »

Alors que les autres motets de J.S. Bach sont souvent liés à des événements funéraires, celui-ci a manifestement été le fruit d’une commande pour une occasion spéciale d’action de grâces et d’espoir, comme pourrait l’être le Nouvel An ou le Jour de la Réforme (31 octobre).

Conçus en deux sections, un prélude suivi d’une fugue, les mouvements extérieurs sont des chefs-d’œuvre contrapuntiques. Les superlatifs dont a été dotée cette œuvre – et il y en a eu plusieurs – ne sauraient rendre justice à l’impact que ces sons merveilleux peuvent avoir aussi bien sur les interprètes que les auditeurs!

Benjamin Britten: Rejoice in the Lamb, Opus 30

Rejoice in the Lamb de Britten a été commandé en 1943 pour célébrer le cinquantième anniversaire de la consécration de la St. Matthew’s Church de Northampton par Walter Hussey, vicaire de la paroisse et mécène bien connu.

Hussey était convaincu que toutes les formes artistiques pouvaient et devaient transmettre des vérités éternelles, de façon novatrice et inspirante. Britten s’est tourné vers la poésie de Christopher (Kit) Smart (1722-1771), acteur, éditeur, dramaturge, poète et homme très religieux, dangereusement excentrique et bizarre, ayant passé de longues périodes de sa vie dans un asile psychiatrique. Des fragments de son poème idiosyncrasique exalté Jubilate Agno avaient été découverts en 1939 et publiés la même année.

Britten a choisi de mettre en musique plusieurs extraits du poème de Smart incitant les créatures de Dieu à vénérer le Créateur, chacune à sa manière. L’œuvre commence de façon lente et imposante, transmettant la crainte mêlée d’admiration ressentie devant Dieu, puis se fond dans une danse énergique qui présente une série de personnages du Vieux Testament, avant de se terminer par un Hallelujah lent, calme et mystérieux. Les prochaines sections sont confiées aux voix solistes qui représentent les créatures animées et inanimées, dont Jeoffrey, le
bien-aimé chat de Kit Smart, qu’on reconnait dans les motifs lents et sinueux à l’orgue, la enfin les fleurs, qui semblent s’agiter dans le vent, portées par un accompagnement ondoyant et des changements de métrique constants.

Vient ensuite la section la plus poignante du poème, dans laquelle Smart fait allusion à sa propre démence, mais se sent ré conforté par le Christ : « puisque je partage avec mon Sauveur la même accusation, puis qu’ils ont dit qu’il était hors de lui. » Ce sentiment d’isolement est dépeint dans les premières mesures, alors que le chœur chante a capella. Les trois dernières sections s’amorcent par un jeu d’appels et de réponses entre la basse soliste et le chœur en louanges alphabétiques, se poursuivent par des instruments qui riment et se terminent progressivement dans la lenteur et le calme, jusqu’à ce que le silence soit atteint. L’œuvre se conclut par une reprise du paisible et mystérieux Hallelujah.

Leonard Bernstein: Chichester Psalms

En 1965, alors que Leonard Bernstein était au sommet de sa carrière, le même Walter Hussey ayant passé commande à Britten pour Rejoice in the Lamb, alors doyen de la Cathédrale Chichester dans le sud de l’Angleterre, lui commande les Chichester Psalms, qui seraient interprétés au festival choral annuel par les chœurs groupés des cathédrales de Chichester, de Winchester et de Salisbury. Le premier mouvement débute par un appel aux instruments, psaltérion et harpe (Psaumes 108:2), afin qu’ils s’éveillent et se tiennent prêts à jouer, un réveil plutôt brutal qui s’intensifie, à travers des septièmes parallèles dissonantes confiées aux ténors et basses sous l’unisson des sopranos et des altos. Une fois éveillé, le chœur se lance dans une lecture quasi insouciante et débonnaire du Psaume 100 en 7/4, qui se termine pourtant dans la tranquillité.

La mélodie sereine du Psaume 23 commence par un solo – qui évoque de façon claire le jeune berger David – interrompu par des menaces staccato ignorées des ténors et des basses qui chantent le début du Psaume 2 – la reprise d’une ébauche abandonnée d’un numéro de West Side Story. Le dernier mouvement s’amorce par un prélude instrumental, une espèce de récapitulation du début du premier mouvement menant à une mise en mu si que des Psaumes 131 et 133. Un sentiment d’unité peut être clairement perçu dans le dernier unisson des voix à la fin.

Stephen Paulus: A Dream of Time

Compositeur américain parmi les plus doués, Stephen Paulus est particulièrement reconnu pour ses oeuvres chorales et vocales. Commandée en 2008 pour souligner le 25e anniversaire de Greg Funfgeld en tant que directeur artistique et chef du Bach Choir of Bethlehem, A Dream of Time occupe donc une place de choix ici.

C’est une mise en musique du célèbre texte du poète officiel américain Carl Sandburg (1878 -1967) qui transmet l’incertitude des années 1930, mais demeure brûlant d’actualité, en plus de posséder des références à « Bethlehem », aux « œuvres d’acier » et à « Bach ». Visuellement, la partition de Paulus rappelle les cantates de Bach. Au bas de la page, le piano joue le rôle du continuo, soutenu par le violoncelle. Au-dessus de ceux-ci sont disposées les voix du choeur et des solistes, les cinq lignes supérieures étant confiées aux « obbligato » pour flûte et hautbois. Néanmoins, le langage tonal est très différent de celui de Bach, cette écriture chorale des plus efficaces comprenant unissons énergiques et dissonances marquées.

Des concepts divers se superposent en instants merveilleux, notamment l’intégration du thème utilisé par Bach dans le Dona nobis pacem de sa Messe en si mineur, que l’on peut entendre au moment où le poème parle de la dichotomie entre la guerre et la paix.

© Robin A. Leaver 2011
Traduction de Lucie Renaud

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À propos

The Bach Choir of Bethlehem
Greg  Funfgeld
AN 6 1050
AN 6 1050

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