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FL 2 3166

Mendelssohn: L'intégrale pour violoncelle et piano

Date de sortie 21 octobre 2003
Numéro de l'album FL 2 3166
Periodes Romantique

Informations sur l'album

Comme Mozart, Félix Mendelssohn (1809-1847) fut un enfant prodige et un compositeur prolifique qui mourut d’épuisement avant l’âge de 40 ans. Mais, avec Robert Schumann, il appartient à cette génération qui entre dans la vingtaine à la mort de Beethoven (1827) et qui, jusqu’au milieu du siècle, tant comme interprètes et pédagogues que comme compositeurs, vont dominer la scène musicale allemande. Comme chef d’orchestre, Mendelssohn participe à la renaissance de Bach en dirigeant la Passion selon saint Matthieu dans un concert mémorable passé à l’histoire. C’était en 1829, il n’avait que 20 ans.

En 1833, on lui offre la direction générale de la musique à Düsseldorf. En 1835, on le retrouve à Leipzig où il fait du Gewandhaus un orchestre légendaire. Mais en 1840, un nouveau roi accède au trône de Prusse. Friedrich Willhelm IV entend faire de Berlin le centre culturel de l’Allemagne. Il offre à Mendelssohn un poste qui en fait le premier musicien du royaume. Entré en fonction en 1841, il retournera cependant à Leipzig dès 1843, car la bureaucratie berlinoise lui pèse. Dès son retour, en plus de reprendre en main le Gewandhaus, Mendelssohn fonde avec Schumann un conservatoire de musique dont la réputation s’étend bientôt à toute l’Allemagne. Il partage dès lors son temps entre la direction d’orchestre, les récitals de musique chambre, l’enseignement et la composition.

Sa renommée déborde les frontières, les tournées se multiplient. La dernière, en Angleterre et en Allemagne au printemps 1847, fut particulièrement épuisante. À son retour, l’annonce de la mort de sa sœur Fanny l’affecte profondément. Il tombe malade et meurt le 4 novembre. Il n’avait que 38 ans. S’il fut un romantique dans l’âme, Mendelssohn demeure un classique d’esprit. Même dans les moments les plus exaltés, sa musique conserve une grâce et une transparence dont témoignent entre autres l’ensemble des œuvres pour violoncelle et piano que propose cet enregistrement.

Variations concertantes en ré majeur, opus 17

La première œuvre conçue pour ce duo furent les Variations concertantes en ré majeur, opus 17. Dédiées à son frère Paul, bon violoncelliste mais qui suivit les traces du père dans les finances, elles datent de 1829, l’année de la célèbre prestation de la Passion selon saint Matthieu. Le thème Andante con moto a toutes les caractéristiques d’une ballade populaire, dont les deux séquences symétriques, de huit mesures chacune, sont exposées à tour de rôle par le piano et le violoncelle. Après ce thème mozartien, huit variations de plus en plus denses et animées assument avec aplomb leur influence beethovénienne.

Assai Tranquillo

La seconde pièce, l’Assai tranquillo, fut composée en 1835 lors du voyage qui mena Mendelssohn de Düsseldorf à Leipzig. Il s’agit d’un souvenir que Mendelssohn entendait offrir à Julius Reitz, violoncelliste qui avait aussi été chef assistant à Düsseldorf. La pièce se termine sur la dominante, laissant une impression d’inachèvement. En l’envoyant telle quelle avec une dédicace, Mendelssohn aura peut-être voulu signifier à son ami que leur amitié continuerait par delà la séparation. Le manuscrit ne fut découvert qu’au début des années 1960 dans un album de Julius Rietz.

Sonate pour violoncelle et piano en si bémol majeur, opus 45

C’est en 1838 que Mendelssohn compléta une première sonate en si bémol majeur, opus 45, aussi dédiée à son frère Paul. La forme-sonate de l’Allegro vivace d’ouverture semble vouloir jouer sur une ambiguïté entre les deux thèmes. Lorsque le second survient la première fois, il ressemble plus à une conclusion du premier qu’à un second thème distinct. Ce n’est que par l’importance de son rôle par la suite qu’il acquiert alors toute son autonomie.

L’Andante, de forme-lied tripartite (A-B-A’), joue aussi avec les conventions, mais concernant cette fois les modes. Alors que le mode mineur appelle habituellement une musique plus triste et le majeur plus joyeuse, le mouvement s’ouvre sur une mélodie en sol mineur (A) dont le rythme pointé est curieusement teinté d’ironie. Suit une section centrale (B) en sol majeur où le violoncelle déploie un chant élégiaque soutenu. Revient enfin le thème d’ouverture en une série de variations (A’) que se partagent les deux instruments, oscillant entre l’ironie du début et l’ethos plus conventionnel imparti au mode mineur.

Les deux thèmes de l’Allegro assai final semblent découler du mouvement précédent ; le premier, cantabile, rappelle le lyrisme de la section centrale (B) alors que le second, animato, reprend avec fougue le rythme pointé du début (A).

Sonate Sonate pour violoncelle et piano en ré majeur, opus 58

La seconde sonate en ré majeur, opus 58 date de 1843, l’année où, déçu par Berlin, Mendelssohn décide de retourner à Leipzig. Selon le New Grove Dictionary of Music (1980), elle serait  » l’expression concentrée des tensions et contradictions dramatiques vécues par le compositeur pendant ces années « . L’Allegro assai vivace est construit sur un thème fusionnant le lyrisme du lied et le rythme entraînant de la gigue (6/8). Ce chant frondeur revient comme un refrain dans ce qui tient à la fois du rondo et de la forme-sonate.

L’Allegretto scherzando en si mineur s’ouvre sur une utilisation d’une étonnante poésie du pizzicato en dialogue avec un piano tout en staccato pianissimo. À ce premier thème répond un cantabile élégiaque joué tout du long par le violoncelle.

L’Adagio en sol majeur oscille entre deux formes baroques dont Bach fut l’un des maîtres, mais que Mendelssohn traite ici dans un caractère on ne peut plus romantique : un choral au piano sempre arpeggiando col Pedale et un récitatif au violoncelle appassionato ed animato. Enfin, le Molto Allegro e vivace final oppose dans une forme-sonate deux idées fortement contrastées, une sorte de « vol du bourdon » avant l’heure et un air enjoué qui semblent respectivement décrire le désir de fuir la lourdeur de Berlin et le bonheur de retrouver la vivacité qu’était pour Mendelssohn sa vie à Leipzig.

Romance sans paroles, opus 109

Tout au long de sa carrière, Mendelssohn cultiva un genre miniature très prisé à l’époque appelé  » romance sans paroles « . La plupart sont pour piano seul mais, en 1845, il en composa une particulièrement inspirée pour violoncelle et piano (opus 109). Ce devait être, pour ce duo instrumental particulier, son chant du cygne.

© 2003 Guy Marchand pour Traçantes, le service de recherche, de rédaction et de traduction de la Société québécoise de recherche en musique.

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À propos

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