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FL 2 3150

Opus Québec

Date de sortie 21 septembre 1999
Numéro de l'album FL 2 3150
Periodes Contemporaine
Genres Musique de chambre

Informations sur l'album

Ce disque, je le dédie aux compositeurs de chez nous, du Québec. Depuis toujours, ces compositeurs font partie de mon univers musical. Réalisé avec mon amie, la pianiste Louise-Andrée Baril, j’ai choisi de vous présenter des œuvres écrites pour mon instrument. Mais, aussi et surtout, des œuvres que j’aime. C’est le seul critère qui a présidé à la sélection des pièces sur ce disque, dont je suis très fière.

Je vous convie donc à un voyage dans le temps, depuis les toutes premières œuvres écrites pour le violon au début du siècle, jusqu’à nos jours. Un périple à travers notre musique; mémoire de nos émotions et, à notre image, inépuisable renouvellement de son entrain, sa vivacité et sa beauté.

Claude Champagne: Danse villageoise

L’on sait peu de choses de la première période de sa vie, si ce n’est que son milieu familial favorisa l’éclosion de ses dons musicaux. Son père, né Desparois dit Champagne et descendant d’une famille parisienne, l’encourageait à participer aux divers secteurs de la vie musicale. Champagne a joué un rôle important dans la formation de plusieurs compositeurs. Une grand partie d’entre eux, étudiants au CMM ou à McGill, allèrent parfaire chez lui cet apprentissage que les classes officielles ne pouvaient leur offrir. L’histoire reconnaîtra à Champagne d’avoir été un musicien influent et respecté. Il n’est pas un domaine que cet esprit n’ait exploré. Certes, ses nombreuses tâches ont restreint sa production musicale.

Entre la Symphonie gaspésienne (1945) et Altitude (1959) n’apparaissent que trois ou quatre œuvres d’importance. Ce ne sera pas au compositeur prolixe que l’année 1964, surnommée « l’année Claude Champagne » rendra hommage, mais surtout au serviteur de la musique soucieux de la servir dans toutes les exigences de son essor. Un film, Bonsoir Claude Champagne, tourné par l’ONF, une émission de télévision (SRC), Hommage à Claude Champagne, et l’inauguration de la salle Claude-Champagne de l’École Vincent d’Indy furent de ces manifestations qui cristallisèrent, en cette année 1964, la reconnaissance du milieu envers le grand musicien.

André Mathieu: Sonate pour violon et piano

«Il a le génie de Mozart.» Telle fut l’impression de la critique locale et même de la presse parisienne après avoir entendu, en récital, le jeune pianiste-compositeur canadien André Mathieu. Ce bambin révéla dès l’âge de trois ans un véritable talent pour le piano. Son père, Rodolphe Mathieu, directeur de l’Institut canadien de Musique fut son premier professeur. À l’âge de quatre ans il commença à écrire la musique et son inspiration lui suggéra: Les Abeilles piquantes, Les Gros chars et La Libellule. Il n’avait que six ans lorsqu’en février 1935 il donna son premier concert au Ritz Carlton. Surprise générale! Ce bout’chou, sans prétention. Avec naïveté même, laissa son auditoire sous le charme de l’admiration et de l’émotion.

En septembre 1936, le gouvernement de la province de Québec lui accorda une bourse afin d’aller étudier en France. À Paris, son père le confia à Yves Nat, professeur au Conservatoire, à madame Giraud Latarse, première assistante d’Alfred Cortot et à Jacques de la Presle, Grand prix de Rome. Émile Vuillermoz écrivait dans l’Excelsior: «J’ignore si le petit André Mathieu deviendra un grand musicien comme Mozart, mais j’affirme qu’au même âge, Mozart n’avait encore rien écrit de comparable.» Après trois années d’études à Paris, André Mathieu revint au Canada. Il fut invité dès 1940 au Town Hall de New York. De nouveau la critique fut très élogieuse: «Talent, Prodige, Génie» furent les qualificatifs attribués au jeune compositeur-pianiste.

Par la suite il donna cinq récitals à Montréal, trois à Québec et il fut l’artiste invité lors d’un concert avec la Symphonie Lasalle d’Ottawa. Au pays, il entreprit également une grand tournée de concerts au Québec et en Ontario. Partout ce fut triomphe et ovation. André Mathieu a joué à Montréal sous la direction de Sir Thomas Beecham, de Désiré Defauw et à New York, Rudolf Ganz et Leon Barzin l’ont accueilli avec les membres de leur orchestre.

Jean Papineau-Couture: Sonate en sol pour violon et piano

Jean Papineau-Couture est né à Outremont (Québec) le 12 novembre 1916. Après ses premières études musicales à Montréal, il obtient en 1941 un baccalauréat en composition du New England Conservatory of Music. Toujours aux États-Unis, il suit des cours avec Nadia Boulanger et rencontre Stravinsky plusieurs fois. De retour au Québec en 1945, il enseigne successivement au Conservatoire de musique de Montréal, puis à la Faculté de musique de l’Université de Montréal où il a été tour à tour professeur, vice-doyen et doyen. Il fut président fondateur de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) et a toujours joué un rôle actif de défenseur de la musique canadienne. Son style a évolué graduellement du néoclassicisme polymodal et polytonal vers le total chromatique atonal. On y trouve beaucoup d’intérêt pour la couleur des sonorités. La liberté métrique et la force rythmique se conjuguent subtilement au service de matériaux mélodiques bien caractérisés.

Jean Papineau-Couture a reçu de nombreuses distinctions, dont la médaille de l’Ordre du Canada, la médaille du Conseil canadien de la musique, le Prix Denise-Pelletier, le titre de Grand Officier de l’Ordre du Québec et le Prix du Gouverneur général du Canada.

André Prévost: Improvisation pour violon seul

André Prévost, originaire de Hawkesbury, Ontario, est né en 1934. Prévost étudia neuf ans au Conservatoire de musique de Montréal où il travailla la composition avec Clermont Pépin et l’écriture avec Jean Papineau-Couture et Isabelle Delorme. En 1960, il obtint un premier prix de composition de ce conservatoire et il alla poursuivre ses études à Paris grâce à des bourses du Conseil des Arts du Canada et de la province de Québec.

Ses professeurs dans cette ville furent d’abord Messiaen, puis Dutilleux. Il revint à Montréal en 1962 et, l’année suivante, il gagna le Prix d’Europe. Deux ans plus tard, il retourna à Paris pour y étudier la musique électroacoustique avec Michel Philoppot. Il passa l’été suivant au Berkshire Music Center de Tanglewood, Massachusetts, où il travailla avec Copland, Kodaly, Schuller et Carter.

À son retour au Canada, Prévost devint professeur à la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Professeur titulaire depuis plusieurs années, il y enseigne la composition et l’analyse. Les succès qu’obtinrent Pyknon, la pièce imposée lors du Concours international de violon de Montréal en 1966, et Fantasmes, mouvement symphonique enregistré par l’Orchestre symphonique de Montréal en 1963, conduisit Prévost à créer son œuvre la plus imposante, Terre des Hommes, composition pour double orchestre, trois chœurs et deux récitants, écrite sur un poème de Michèle Lalonde. L’œuvre fut choisie pour marquer l’inauguration d’Expo 67.

Sa Cantate pour cordes (1987) est le résultat d’une commande personnelle de Sir Yehudi Menuhin et il s’agit là de la première commande du grand musicien à un compositeur québécois.

Jacques Hétu: Rondo varié

Jacques Hétu est né à Trois-Rivières le 8 août 1938. En 1956, il est admis au Conservatoire de musique de Montréal, où il travaille la composition avec Clermont Pépin. En 1961, Hétu termine ses études au Conservatoire de Montréal, obtenant les prix d’harmonie, de contrepoint et de composition. La même année, il remporte le prix de composition du Festival du Québec et obtient le prestigieux Prix d’Europe et une bourse du Conseil des Arts du Canada.

De 1961 à 1963, il étudie avec Henri Dutilleux à l’École normale de musique de Paris et suit les cours d’analyse d’Olivier Messiaen au Conservatoire de Paris. Hétu accorde une place importante à la poésie, à l’émotion, à la cohérence du discours; il est également sensible à une plastique sonore et à la rigueur structurelle des contemporains. À l’intérieur des formes traditionnelles, il structure les éléments d’une manière cyclique découlant de la force d’affirmation du matériel thématique, de la rigueur de l’écriture et des exigences d’unité.

François Dompierre: Les Diableries

Né à Ottawa en 1943, François Dompierre y a étudié le piano et l’orgue avant de s’inscrire au Conservatoire de musique de Montréal où il a étudié la composition avec Clermont Pépin de 1958 à 1963. De 1963 à 1977, il signait, à titre d’arrangeur, de réalisateur et de chef d’orchestre, la musique de plus de 50 microsillons avec ses collègues auteurs, compositeurs et interprètes, tels que Félix Leclerc, Pauline Julien, Renée Claude, Claude Gauthier et Monique Leyrac.

Entre 1976 et 1978, il compose un concerto pour piano et orchestre et un autre pour harmonica et ochestre, Harmonica Flash, deux pièces qui furent enregistrées à la Salle Claude-Champagne par Deutsche Grammophon avec l’Orchestre symphonique de Montréal sous la direction de Charles Dutoit, la pianiste Édith Boivin-Béluse et Claude Garden, harmoniciste. Ce sera la première fois qu’un compositeur québécois endisque sur cette prestigieuse étiquette.

Il recevra, en 1980, les Félix du meilleur arrangeur de l’année et du meilleur disque instrumental pour Harmonica Flash. François Dompierre a également composé une sonate pour ondes Martenot et piano, Les Diableries pour violon et orchestre, pièce imposée au Concours international de Montréal en 1979, un concerto pour violon et orchestre composé pour Angèle Dubeau et créé à l’Expo 86 avec l’Orchestre symphonique de Vancouver sous sa propre direction.

Rachel Laurin:Sonate en la mineur pour violon et piano

Née en 1961, à Saint-Benoît, comté des Deux-Montagnes (Québec), Rachel Laurin est diplômée du Conservatoire de Montréal. Elle y reçut une formation musicale approfondie, auprès des maîtres Raymond Daveluy, pour l’orgue, l’harmonie au clavier et l’improvisation; Raoul Sosa, pour le piano; Nick Ayoub, pour le jazz. Sa brillante carrière d’organiste et d’improvisatrice lui a déjà donné maintes occasions de se faire entendre en concert et à la radio, tant au Canada qu’aux États-Unis et dans plusieurs pays d’Europe.

Également connue comme compositrice, Rachel Laurin a étudié la composition auprès de Raymond Daveluy, de 1980 à 1986. Elle est l’auteur de plus de trente œuvres pour toutes les formations, œuvres exécutées couramment en concert et à la radio, et qui ont atteint plusieurs grandes villes du monde. En plus de ses œuvres pour orgue publiées chez Europart-Music en France, plusieurs de ses œuvres sont publiées et enregistrées sur disque. Rachel Laurin est membre-fondatrice des Mélodistes Indépendants, regroupement de compositeurs s’identifiant auprès du public à une musique à la fois moderne et accessible. Rachel Laurin a été professeur d’improvisation à l’orgue, de 1988 à 1992, au Conservatoire de Montréal, discipline qu’elle enseigne régulièrement à l’École d’été d’Épinal.

Ses talents d’organiste, d’improvisatrice et de compositrice ont été récompensés par la bourse d’encouragement « Conrad-Letendre », à plusieurs reprises. Elle est organiste de la Crypte et adjointe au titulaire du grand orgue à l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, à Montréal.

© Angèle Dubeau

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À propos

Angèle Dubeau
AN 2 9725-7
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