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L’origine légendaire des chants de Noël

La tradition qui consiste à célébrer le passage du nouvel an par des fêtes agrémentées de chants et danses de réjouissances se perd dans la nuit des temps. Mais, au début de l’ère chrétienne, dans leurs efforts pour éradiquer ces coutumes païennes, les autorités religieuses firent tout pour décourager la transposition de ces chants populaires dans le contexte de la nouvelle foi. Selon la légende, ce serait Saint François d’Assise (1181-1226) qui aurait réussi à faire lever l’interdit. En 1223, vers la fin de sa vie, il avait été invité à présider les fêtes de Noël dans le village de Grecchio. Alors qu’il cherchait une façon de présenter de manière concrète aux fidèles le concept de la Divine Incarnation, François eut l’idée de reconstituer l’étable où, selon les Évangiles, Jésus était venu au monde. À la veille de Noël, il emprunta un boeuf et un âne, une mangeoire dans laquelle il plaça une statue de l’Enfant Jésus, et il installa le tout dans une grotte près du village. Il obtint ensuite l’autorisation du Pape pour célébrer la messe de minuit en face de son installation plutôt que dans le lieu consacré de l’église. Ses confrères moines auraient alors composé pour l’occasion des chants qui ressemblaient beaucoup plus aux chants et danses populaires de traditions païennes qu’aux hymnes religieux. C’est ainsi que naquit la tradition de la crèche, mais aussi des chants de Noël, ouvrant une voie à la réconciliation entre l’Église et les modes d’expressions populaires.

Chants traditionnels et « Sweet Melodies »

Le programme de cet enregistrement est constitué de deux catégories de « classiques » du temps des fêtes. Il y a bien sûr les chants traditionnels, comme Les anges dans nos campagnes, Petit papa Noël ou Sainte nuit, pour la plupart anonymes. Mais il y a aussi parmi les plus belles  » sweet melodies  » de cet âge d’or qu’est devenu aujourd’hui l’ère des crooners américains des années trente et quarante, White Christmas, The Christmas Song, ou encore I’ll be home for Christmas. Quoique bien identifiés, les noms des auteurs et compositeurs étaient peu connus du grand public car, s’il s’agissait de vieux routiers du métier, ils travaillaient cependant dans l’ombre des grandes vedettes de l’époque qui, comme Bing Crosby ou Nat King Cole, ont immortalisé leurs œuvres.

Chaque pièce a sa petite histoire, mais dans le cas des chants traditionnels, elle est souvent difficile à retracer. Par exemple, la mélodie de The First Nowell – un cantique qui, en dépit du mot français mal épelé (Nowell = Noël), est tout aussi « british » que le plum pudding – remonte au XVIe siècle et provient probablement de la région de Cornwall. Mais la première publication avec mots ne date que de 1833 et il se pourrait que l’éditeur du recueil intitulé Christmas Carols, Ancient and Modern, William Sandys, soit l’auteur des paroles originales anglaises.

Comme elles sont plus récentes, les chansons de l’âge d’or des crooners sont mieux documentées et d’amusantes anecdotes méritent le détour. White Christmas fut composé en 1942 par Irving Berlin pour Hollyday Inn, une comédie musicale cinématographique qui mettait en vedette Bing Crosby et Fred Astaire. Le succès fut tel qu’un « remake » fut réalisé en 1954 sous le titre de la chanson fétiche, White Christmas, toujours avec Bing Crosby, mais cette fois en compagnie de Dany Kaye. La première fois que Berlin la lui avait fait entendre, Crosby aurait dit :  » Je ne pense pas que tu aies à t’en faire pour celle-là  » (I don’t think you have to worry about this one). Comme l’a souligné un commentateur américain, cette remarque est probablement le plus grand  » understatement  » de tous les temps, car White Christmas interprétée par Bing Crosby aurait été le « single » le plus vendu de l’histoire du disque, ou du moins avant l’ère des Beatles, revenant en tête du palmarès tous les Noëls jusqu’en 1962. Et depuis, rares sont les disques du temps des fêtes qui ne le reprennent pas.

Popularisé par Nat King Cole, The Christmas Song fut paradoxalement composée en plein été, pendant la sévère canicule qui, en 1946, suffoqua l’Amérique. Pour oublier la chaleur accablante, le parolier Robert Wells composa avec son ami Mel Tourme, surnommé  » The Velvet Fog  » à cause du timbre moelleux de sa voix, cette chanson évoquant les plaisirs de Noël. Plaisirs tant extérieurs qu’intérieurs : la saveur des marrons brûlants sur les feux en plein air comme l’odeur de la dinde rôtie parvenant des maisons alentour.

Composée par un tandem bien connu de la chanson américaine des années 1940, Kim Gannon (parolier) et Walter Kent (compositeur), I’ll Be Home for Christmas fut aussi créée par Bing Crosby, mais en 1943, l’année suivant White Christmas. L’Amérique était à cette époque au plus fort de son engagement dans la seconde guerre mondiale et, dans ce contexte, le thème de cette chanson toucha directement tout autant les hommes qui se trouvaient outre-mer que ceux qui les attendaient, non sans inquiétude, au pays. La vente de l’enregistrement dépassa en quelques semaines le million d’exemplaires.

Enfin, autre succès américain du temps de la seconde guerre, d’un autre couple de vieux routiers, le parolier Sammy Cahn et le compositeur Jule Styne, Let it Snow! Let it Snow! Let it Snow!, chanté par le crooner Vaughn Monroe, sortit au début de 1945, après le temps des fêtes. Cette chanson n’avait donc pas, à l’origine, de liens avec Noël. C’est peut-être la première fois qu’une chanson faisait l’éloge d’une tempête de neige. Pourquoi? Parce qu’elle donne un prétexte aux couples romantiques, dit la chanson, pour rester à la maison, bien au chaud au coin du feu…

© Guy Marchand, 2004

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