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AN 2 2018-9

Bach: Sonatas & Partitas (2CD)

Interprètes
Date de sortie 16 septembre 2008
Numéro de l'album AN 2 2018-9
Periodes Baroque
Genres Violon

Informations sur l'album

Les Six Sonates & Partitas pour violon seul

Certainement au panthéon des œuvres pour violon, les Sonates et Partitas pour violon seul de Jean-Sébastien Bach, si elles sont un sommet, ne sont pas pour autant himalayennes. Bach, en excellent pédagogue, l’a toujours compris et voulu ainsi: une musique écrite vaut d’être jouée en plus d’être contemplée. On a parfois considéré ces sonates et partitas comme devant avoir été injouables au temps de leur composition. Après la mort de Bach, cependant, les œuvres pour violon seul ont attiré l’attention de plusieurs des meilleurs violonistes de l’époque, qui voyaient en ces morceaux une manière d’améliorer leur technique. Et pourtant, elles ne se présentent pas a priori comme des pièces didactiques; on devrait plutôt les regarder comme une continuation et une culmination de la tradition allemande des œuvres pour violon sans accompagnement, comme celles de Biber, Westhoff et Pisendel. Elles sont, en réalité, les premiers exemples d’œuvres pour violon seul qui soient véritablement transcendantes, dans tous les sens du terme.

Au sujet des circonstances de composition, on ne sait trop rien sinon que Bach les imagina dans les années où il était au service du prince Leopold d’Anhalt-Cöthen, de décembre 1717 à avril 1723. On peut accoler la date de 1720 aux Sei Solo a Violino senza Basso accompagnato, Bach en ayant alors rédigé de sa main une copie au propre portant ce titre. Ce précieux manuscrit aurait été épargné d’une destruction certaine lorsqu’il fut retrouvé à Saint-Pétersbourg en 1814 dans une pile de papiers destinés à la crémerie. Plusieurs copies non autographes avaient été en circulation dans la deuxième moitié du 18e siècle, mais la première édition complète des œuvres pour violon seul n’a paru qu’en 1802, chez Simrock de Bonn.

Personne ne sait, non plus, pour qui ces Sonates et Partitas ont été écrites. J.S. Bach était lui-même un violoniste assez compétent, mais il est improbable qu’il ait pu jouer les pages les plus difficiles de ces œuvres. On pourrait supposer qu’elles aient été destinées à son collègue Pisendel de Weimar, ou encore au premier violon de l’orchestre de Cöthen, Joseph Speiss. Mais il importe de rappeler que ces œuvres ne doivent pas être abordées simplement comme une parade de dextérité — ce sont des œuvres brillantes, certes, mais pas virtuoses dans le sens purement  » mécanique  » du mot. Plusieurs des pièces sont sans doute très difficiles à jouer, mais qui voudrait les entendre jouer comme si elles l’étaient ?

Le commentateur pourrait ici expliquer chaque pièce, chaque section, voire chaque mesure au besoin. Il peut dire que la Sonate ici suit la forme en quatre mouvements de la Sonata da chiesa (sonate d’église) et que la Partita est une suite de danses en nombre variable, sur le modèle de la Sonata da camera (sonate de chambre); il peut dire qu’un prélude est un lever de rideau, qu’une chaconne est une série de variations sur un motif harmonique répété, qu’une fugue est fuguée et qu’une danse est dansante. Mais, cela étant dit, rien, au fond, n’a été dit. Les mots sont bien faibles pour décrire ce que seuls le cœur et l’âme peuvent concevoir : le sens profond de la musique et la manière dont elle parle aux sens, à l’intellect, à Dieu ou à tous ensemble. Bach n’a jamais expliqué sa musique et il n’en avait nul besoin. Sa musique parle d’elle-même, chante d’elle-même.

Alors, écoutez bien ce que Bach nous dit… Il a le don de saisir l’âme : aussi profonde qu’un adagio, complexe qu’une fugue, harmonieuse qu’un chant, noble qu’une chaconne et leste qu’un menuet ou qu’une gigue.

© Jacques-André Houle

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À propos

James Ehnes
AN 2 8772-3 Bach Six Sonates & Partitas Violon Seul

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