fbpx
FL 2 3191

Pièces romantiques: Dvorak, Janacek, Smetana

Interprètes
Date de sortie 20 janvier 2004
Numéro de l'album FL 2 3191
Periodes Romantique
Genres Musique de chambre

Informations sur l'album

Smetana: Du pays natal, deux pièces pour violon et piano

En 1880, l’éditeur Hugo Pohle cherchait à refaire le bon coup qu’avait été la publication des fameuses Danses hongroises de Brahms et des Danses slaves de Dvorák. Il approcha alors Bedrich Smetana (1824-1884) reconnu pour son engagement nationaliste. Le compositeur lui proposa un diptyque pour violon et piano intitulé Du pays natal, mais le lui retira lorsqu’il apprit que l’éditeur tenait à ce que le titre soit en allemand. Smetana dédia alors la partition au prince Alexandre Thun-Taxis qui lui envoya une tabatière en ivoire. Cette œuvre, dit Smetana, « est d’esprit authentiquement national, mais avec des mélodies qui m’appartiennent en propre ».

Dvorák: Pièces romantiques, op. 75, pour violon et piano

À l’origine, les Pièces romantiques, opus 75, avaient été conçues pour un trio à cordes inusité: deux violons et un alto. En 1887, Antonín Dvorák (1841-1904) avait pris en pension un étudiant en chimie, violoniste amateur qui jouait parfois en duo avec son professeur. Un jour, Dvorák proposa de se joindre à eux comme altiste et, pour ce faire, il composa d’abord le Trio en do majeur, opus 74. Mais l’étudiant le trouvant trop difficile, Dvorák récidiva avec quatre pièces qu’il intitula Miniatures (opus 75a) et auxquelles il donna respectivement des titres traduisant bien leurs caractères respectifs: « Cavatine », « Capriccio », « Romance » et « Élégie ».

Dvorák décida d’en faire quelques jours plus tard une version pour violon et piano, plus susceptible d’intéresser un éditeur et de rejoindre un large public. Ce fut bien le cas mais, curieusement, aucun des titres originaux ne fut conservé.

Dvorák: Sonatine pour violon et piano, op. 100, B183

Au début des années 1890, la renommée de Dvorák s’étendait au-delà des océans, jusqu’en Amérique où il fut invité à prendre la direction du premier conservatoire de musique à ouvrir ses portes à New York.

Pendant trois saisons, de l’automne 1892 au printemps 1895, il devait ainsi séjourner de six à neuf mois par année aux États-Unis. Peu de temps après son arrivée, il composa entre autres ce qui allait devenir son œuvre la plus célèbre, sa neuvième symphonie dite « du Nouveau Monde ». Mais dès ce premier séjour, le mal du pays se fit aussi sentir. Et pour fêter son retour à la maison après neuf mois outremer, il composa, entre le 19 novembre et le 3 décembre 1893, cette sonatine pour sa fille Otilká, jeune pianiste en herbe alors âgée de 15 ans, et son fils Toník, qui à 10 ans débutait au violon mais se tirait déjà bien d’affaire. Dvorák l’intitula « sonatine » pour souligner son caractère sans prétention, mais tout en signalant que « les adultes pourraient y prendre plaisir à leur manière ».

Dans la forme-sonate de l' »Allegro risoluto » initial, le premier thème exposé par le violon affirme d’entrée de jeu son caractère « résolu ». Le second se fait au départ plus timide; partagé entre le piano et le violon, il semble évoquer un galop lointain, mais qui prend de l’ampleur à mesure qu’il se rapproche. Le thème élégiaque du « Larghetto » en sol mineur est tiré d’une chanson amérindienne que Dvorák avait notée en avril 1893 lors d’une excursion aux chutes de Minnehaha, lieu rendu célèbre par Le Chant de Hiawatha, poème épique du poète américain Longfellow que Dvorák avait lu dans sa jeunesse et dont il avait projeté d’en tirer un opéra. Quoique le compositeur s’y soit objecté, ce mouvement fait depuis une carrière individuelle sous le titre de « Chanson » ou « Berceuse indienne ». Le « Scherzo » est un « molto vivace » aux étonnants contrastes, enchaînant entre deux hésitations, différents rythmes de danse qui semblent évoquer une soirée de bal. La fête atteint le sommet de son effervescence dans l' »Allegro » final. Mais à deux reprises, un second thème élégiaque crée une pause comme si un couple s’était momentanément retiré dans les jardins pour reprendre son souffle en contemplant la nuit étoilée…

Janácek: Sonate pour violon et piano

Longtemps méconnu, Leos Janácek (1854-1928) accéda brusquement à la célébrité en 1918 (à plus de 60 ans) lorsque l’Europe découvrit son opéra Jenufa. Passé pratiquement inaperçu lors de sa création 15 ans plus tôt en 1904, ce chef-d’œuvre fusionnait de manière saisissante inflexions du parler régional, éléments de folklore morave et une approche incandescente de l’harmonie et du rythme annonçant Stravinski. Devaient suivre dans les années 1920 plusieurs autres œuvres lyriques (dont Katia Kabanova), qui font de Janácek l’un des compositeurs lyriques majeurs du début du 20e siècle. Le succès de Jenufa devait aussi attirer l’attention sur sa musique instrumentale dont les œuvres de maturité s’inscrivent tout naturellement dans la même veine.

Créée en 1922, la Sonate pour violon et piano a cependant une longue histoire. Janácek avait d’abord fait deux essais en 1880 pendant ses études en Allemagne. Mais, insatisfait, il les avait gardés dans ses cartons. Ce n’est qu’en 1913-14 qu’il en reprit certains éléments dans ce qui allait être son unique aboutissement dans le genre. Il fit une dernière révision en 1921 avant la création l’année suivante.

Comme l’ont noté plus d’un exégète, dans le « Con moto » d’ouverture en ré bémol, le thème principal et l’oscillation constante entre moments rhapsodiques et moments méditatifs ne sont pas sans rappeler, de Katia Kabanova, le dernier monologue de l’héroïne avant son suicide. La « Ballada (con moto) » déploie ensuite une ample mélodie aux accents moraves d’un lyrisme exacerbé qui, passant d’un mi majeur serein à un do dièse mineur agité, s’estompe en un mystère nocturnal.

L' »Allegretto » emprunte à Katia Kabanova un autre thème, celui du « destin », que le piano et le violon développent en une forme tripartite (ABA) contrastée, deux sections animées encadrant une section centrale plus méditative. Dans l' »Adagio » final, les élans élégiaques du piano sont continuellement interrompus par des ponctuations interrogatives du violon dans une étrange relation enharmonique, le violon étant en la bémol mineur alors que le piano est en sol dièse mineur.

Dvorák: Humoresque, op. 101 n° 8, pour piano

Formé au violon et à l’orgue, Antonín Dvorák ne s’intéressa que tardivement au piano qu’il fit essentiellement le confident de petites pièces, anecdotes et impressions fugitives. C’est le cas des Huit Humoresques, opus 101, composées pendant l’été 1894, alors qu’heureux d’être dans sa Bohème natale, il appréhendait son prochain séjour en Amérique. La huitième provient des esquisses du scherzo d’une dixième symphonie restée à l’état d’ébauche.

© 2003 Guy Marchand pour Traçantes, le service de recherche, de rédaction et de traduction de la Société québécoise de recherche en musique.

Lire la suite

À propos

James Ehnes
AN 2 8772-3 Bach Six Sonates & Partitas Violon Seul
AN 2 8772-3 Bach Six Sonates & Partitas Violon Seul
AN 2 8772-3 Bach Six Sonates & Partitas Violon Seul

Start typing and press Enter to search