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Oeuvres choisies pour orchestre à cordes

Informations sur l'album

Respighi: Antiche Danze ed Arie per Liuto, Suite no. 3

Ottorino Respighi (1879-1936) fut certainement le plus célèbre de tous les compositeurs italiens de sa génération. Cette célébrité internationale connut son apogée quand Toscanini inscrivit à son répertoire le poème symphonique Feste romane, un tryptique inspiré de trois thèmes romains. Malgré qu’il ait été surtout reconnu pour sa musique symphonique, Respighi se passionnait pour la musique italienne ancienne depuis son jeune âge et son style se transforma après la composition de Feste romane.

Sous le titre Antique Danze ed Arie per Liuto, il rassembla trois suites pour différentes combinaisons d’instruments, où il tenta de transposer l’extrême sensibilité et le brio de la musique de luth des quinzième et seizième siècles dans le contexte d’un orchestre moderne. La troisième suite pour orchestre à cordes fut composée en 1931 et jouée en public pour la première fois au conservatoire de Milan en janvier 1932 sous la direction du compositeur.

Le premier mouvement, un Andantino de forme ternaire, est inspiré d’une pièce anonyme qui date de 1600 environ. Le deuxième mouvement, Arie di corte, est inspiré d’un ballet de Giovanni Battista Besardo, compositeur et luthiste bolognais (1567?-1617?). Également de forme ternaire, il se divise en sept parties: Andante cantabile, Allegretto, Vivace, Lento con grande espressione, Allegro vivace, Vivacissimo puis retour de l’Andante cantabile de l’ouverture. Le troisième mouvement, Siciliana, offre un ensemble de variations dans le rythme d’une sicilienne sur une gracieuse mélodie datant approximativement de 1600 dont le compositeur est encore une fois inconnu. La Suite se termine sur une Passacaglia inspirée d’une œuvre écrite en 1692 par le guitariste et compositeur italien Ludovico Roncalli.

Puccini: Crisantemi

Giacomo Puccini (1858-1934) ne s’est jamais limité à son talent pour l’opéra. Il composa d’autres œuvres, aujourd’hui peu connues, dont la plus intéressante et la plus attrayante est sans doute le quatuor à cordes connu sous le nom de Crisantemi. Dotée du style mélodique et harmonique si caractéristique de Puccini, cette œuvre fut composée en 1890 à la mémoire du Duc Amadeo de la maison de Savoie, décédé cette même année.

Les deux thèmes principaux de cette courte pièce sont empreints de cette nostalgie permanente qui caractérise si souvent le style du compositeur. Puccini réutilisera ces deux thèmes trois ans plus tard dans la scène finale de son opéra Manon Lescaut. Tout comme le Quatuor de Verdi, cette œuvre est maintenant fréquemment jouée par un ensemble à cordes.

Verdi: Quatuor à cordes en mi mineur

L’année 1873 voit la naissance de deux chefs-d’œuvre de Giuseppe Verdi (1813-1901) conçus hors du théâtre: le Quatuor à cordes et le Requiem. Fait intéressant à souligner, la composition de ce quatuor — unique exception instrumentale dans l’œuvre de Verdi — serait due à un concours de circonstance.

L’opéra Aïda, composé à l’occasion de l’inauguration du canal de Suez et créé au Caire en 1871, devait être donné pour la première fois à Naples au printemps 1873. Les représentations furent cependant suspendues en raison de la maladie de la prima donna, Teresa Stoltz, et Verdi, libre de son temps, décida de composer ce quatuor, comme il le dit lui-même, pour son seul « amusement ».

Toutefois, fidèle à sa nature de compositeur d’opéra, Verdi ne peut s’en distancer complètement: le thème doucement exposé par le deuxième violon au début du premier mouvement est une adaptation du thème d’Amnéris dans Aïda. Pourtant l’œuvre reflète les préoccupations expérimentales du musicien et témoigne de son intérêt pour le contrepoint.

Une partie fugato apparaît dès l’exposition du premier mouvement et le traitement contrapuntique des motifs dans le développement est particulièrement élaboré. Le quatrième mouvement, scherzo, est une fugue de conception complexe. L’œuvre, créée à Milan en 1876 dans sa version originale pour quatuor à cordes, ne sera publiée qu’après sa mort. Interprétée de plus en plus par les orchestres à cordes, nous la retrouvons ici dans une transcription de Lucas Drew, dont la seule modification à l’original est l’ajout de la contrebasse.

Albinoni: Adagio en sol mineur

Le présent Adagio faisait partie d’une Sonate à trois de Tomaso Albinoni (1671-1751), en sol mineur, sans numéro d’opus, dont seuls nous sont parvenus deux fragments de la partie de premier violon (manuscrits) et la basse chiffrée (imprimée). Cette basse chiffrée, avec les fragments de premier violon, fut envoyée à M. Remo Giazotto par la Bibliothèque d’État de Dresde, aussitôt après la fin de la dernière guerre, après la publication de l’index thématique de l’Œuvre d’Albinoni (R. Giazotto, Albinoni, musicien violoniste dilettante de Venise [1671-1750] Milan, Bocca, 1945).

M. Giazotto, en premier lieu, a réalisé la basse chiffrée (en la complétant d’une brève introduction) sur laquelle, en utilisant les deux phrases mélodiques (6 mesures au total), il a créé un lien narratif se superposant avec une fidélité absolue à la trame harmonique suggérée par la basse chiffrée. En raison de l’ambiance mystique particulière créée par la basse chiffrée (il devait s’agir d’une Sonate à trois d’église et non de chambre), M. Giazotto a cru bon de confier la réalisation de la basse chiffrée à l’orgue, au lieu du clavecin.

© Christine Dessaints

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