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FL 2 3110

Dvorak, Mendelssohn: Trios avec piano: Trio avec piano en mi mineur, op.90, ‘Dumky'; Trio avec piano en ré mineur, op.49

Interprètes
Date de sortie 09 novembre 1998
Numéro de l'album FL 2 3110
Periodes Romantique

Informations sur l'album

Antonin Dvorak Trio avec piano en mi mineur, op. 90 ‘Dumky’ En avril 1891, après seulement quelques semaines d’enseignement au Conservatoire de Prague, Dvorak devait recevoir d’outre-Atlantique une proposition qui allait bouleverser sa vie. Jeannette Thurber, qui avait fondé à New York un Conservatoire national de musique, espérait avoir trouvé en Dvorak un directeur pour son institution capable d’inspirer la jeune nation à se créer sa propre musique « nationale ». Le choix s’est avéré heureux — nous connaissons les succès de Dvorak durant son séjour aux États-Unis — mais il coûtait au compositeur de quitter son pays natal et de laisser en plan des projets qui lui étaient chers, et il ne s’embarqua pour New York que le 16 septembre 1892. C’est que Dvorak était parvenu, durant les années précédant son départ, à se façonner une voix vraiment personnelle en intégrant avec bonheur ses inspirations slaves (fruits d’un patriotisme bien plus culturel que politique) aux modèles classiques, dont son ami Brahms était alors le champion; le Trio avec piano en fa mineur, op. 65, composé en 1883, est à cet égard un de ses plus beaux fleurons. Et cela lui avait réussi, car sa célébrité s’étendait maintenant bien au-delà des confins de la Bohême; au faîte de ses facultés, les mêmes raisons l’invitent à partir et le retiennent. C’est à ce moment critique de sa carrière, le mois même où il reçoit la missive de New York, que Dvorak présente (lui-même au piano) son dernier et plus célèbre trio, dit les Dumky, op. 90, le 11 avril 1891, lors de la remise au compositeur d’un doctorat honoris causa à l’Université Charles de Prague. Par la suite, Dvorak jouera l’œuvre lors d’une tournée d’adieu de quarante concerts en Bohême et en Moravie, de janvier à mai 1891, en compagnie du violoniste Ferdinand Lachner et du violoncelliste Hanus Wihan (pour qui Dvorak composa plus tard le Concerto en si mineur, op. 104). Commencé en 1890, l’Opus 90 fait figure originale parmi tout le répertoire pour trio avec piano. Le schéma formel traditionnel en quatre mouvements est abandonné au profit d’une succession libre de six dumky. Chaque dumka est dans une tonalité différente (ce qui invalide en quelque sorte l’ajout dans le titre de ‘mi mineur’, qui n’est que la tonalité de la première dumka — la dernière étant en do mineur) et propose des formes plutôt simples, le plus souvent binaires, avec un troisième mouvement ternaire (ABA) et un rondo pour la quatrième dumka. Mais c’est avant tout le ton de l’œuvre qui en fait sa force en parvenant à l’unité par la diversité. Le terme dumka tel qu’utilisé par Dvorak semble trouver son origine dans une sorte de musique folklorique ukrainienne qui donna son nom dans les pays slaves à des pièces chantées puis instrumentales de caractère mélancolique et songeur. On retrouve chez Dvorak plusieurs apparitions de dumky avant le Trio, op. 90, dont la Dumka pour piano, op. 35, ainsi que dans plusieurs œuvres de musique de chambre. Dans ces pièces, et plus spécifiquement dans celles qui nous intéressent ici, Dvorak, selon sa propre conception de la dumka, fait se succéder des états d’âme divergeants, passant de la sombre introspection à l’allégresse la plus délurée, d’une manière toute folklorique. Le fil d’Ariane de l’œuvre demeure cependant la mélancolie qui la traverse, et dont le violoncelle en particulier se fait le chantre passionné. Le Trio ‘Dumky’ a su, dès les premières représentations, toucher la fibre patriotique et susciter l’admiration des auditeurs tchèques, comme en témoigne cet extrait d’un programme de concert paru le 15 mars 1892, lors de la tournée d’adieu: « […] par son caractère à la fois moderne et authentiquement tchèque, par son entrain et par ses mélodies tantôt joyeuses, tantôt méditatives, [le Trio ‘Dumky’] compte parmi les œuvres les plus belles et les plus émouvantes du genre. » La postérité du Trio fut en partie assurée par sa publication en 1894, et c’est l’ami Brahms lui-même qui en a corrigé les épreuves. Felix Mendelssohn Trio avec piano en ré mineur, op. 49 Chez Mendelssohn, le Trio avec piano, op. 49 (1839) représente sans doute, avec le Trio avec piano, op. 66 et l’Octuor pour cordes, op. 20, le sommet de sa production en musique de chambre. Œuvre de maturité, donc, comme pour le Trio ‘Dumky’, mais d’une maturité beaucoup plus précoce, l’Opus 49 se distingue aussi du trio de Dvorak par sa forme traditionnelle et son caractère nettement moins mélancolique. Les contrastes ne sont pourtant pas absents de ce Trio en ré mineur, où dans le premier mouvement se succèdent les moments d’agitation et de lumière; où se déploie, dans l’Andante, un généreux cantabile expressif; où règne, dans le Scherzo (dépourvu de section ‘Trio’), un esprit vif et espiègle qui rappelle celui du Songe d’une nuit d’été; et où triomphe enfin, dans le Finale, après une alternance de brillance et de chaud lyrisme, l’éclat du ré majeur. Partout, la touche fine et lumineuse de Mendelssohn se manifeste, grâce à une maîtrise de la forme, du chant, de l’équilibre instrumental et de l’écriture contrapuntique. Il n’est pas surprenant, alors, que Schumann ait considéré l’Opus 49 comme l’une des plus belles pages pour trio avec piano de l’époque, et qu’il ait déclaré, dans une critique de cette œuvre: « Mendelssohn est le Mozart du XIXe siècle, le plus lucide des musiciens, qui décèle plus aisément que d’autres les contradictions de notre époque, et qui est le premier à les réconcilier. »

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À propos

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AN 6 1025
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