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AN 2 2013

Haydn: Trios avec piano

Compositeurs
Interprètes
Date de sortie 16 septembre 2008
Numéro de l'album AN 2 2013
Periodes Classique

Informations sur l'album

Plus qu’une célébrité déjà acquise, c’est la stimulation offerte par une société en pleine effervescence, par une vie musicale riche et intense, consciente à la fois de son passé et de son avenir qu’Haydn trouva à Londres. En témoignent non seulement l’influence qu’eurent sur le compositeur les diverses rencontres, musicales et autres, qu’il y fit mais aussi l’imagination mise en œuvre dans les pièces qu’il composa lors de ses deux séjours londoniens (janvier 1791 à juin 1792, et février 1794 à août 1795): les douze symphonies dites  » de Londres « , la Sinfonia concertante en si bémol, les trios pour piano et cordes, les trois dernières sonates pour piano. Par le biais des différentes maisons d’édition, Haydn prit aussi conscience des possibilités qu’offrait l’important marché destiné aux amateurs. À l’écoute des trios, composés, justement, avec ce marché en vue, il est difficile de ne pas imaginer que Haydn dû voir comme un défi la composition d’œuvres destinées à des instrumentistes de forces inégales. Car il est clair que ces trios, publiés originellement comme  » Sonates pour le piano-forte avec accompagnement de violon et de violoncelle « , proposent des rôles fort différents à chacun des instruments – rôles non seulement adaptés à la grande disparité entre le niveau d’habileté des pianistes amateurs et celui des instrumentistes à cordes, mais aussi, ce qui est plus important pour une juste appréciation de ces œuvres, aux qualités propres à chaque instrument.

La majeure partie des Trios fut donc composée à Londres dans les années 1790. Plutôt que de marquer une nouvelle phase  » révolutionnaire  » dans son développement artistique, les Trios témoignent d’un désir de s’abandonner aux aspects plus ludiques de la composition – la forme en tant que jeu, dans tous les sens du terme.

Les trait d’octaves dans le premier mouvement du Trio en do Hob. XV:27, par exemple, ou encore les passages brillants et tortueux du célèbre  » Rondo à la hongroise  » (Hob. XV:25) ont nul doute un rôle important à jouer dans le déroulement et l’accomplissement de la forme, mais c’est essentiellement le plaisir de porter le mouvement propulsif et la vitalité rythmique de l’œuvre que l’auditeur partage avec le pianiste.

Les Trios élèvent aussi le sens du jeu au niveau architectural. Si, par exemple, le déroulement de mouvements tels l’Allegro moderato de l’Hob. XV:18 ou l’Allegro de l’Hob. XV:25 parait à l’écoute souple et naturel, leur construction n’en est pas moins un assemblage subtil d’éléments motiviques qu’Haydn propose à l’oreille dès la première partie de l’exposition. Ces éléments sont ensuite manipulés de façon typiquement haydnienne: extraits de leur emplacement d’origine, ils sont réinsérés ça et là à l’intérieur du discours, créant pour l’auditeur l’impression d’être quelque peu  » perdu  » dans la forme. De même, la variation est traitée avec fantaisie. L’Andante du Trio en sol mineur (Hob. XV:19) utilise d’ailleurs une formule chère à Haydn, celle de la double variation.

Le Trio en la majeur, Hob. XV:18, démontre peut-être le mieux à quel point Haydn a su s’adapter aux limites imposées par le marché amateur londonien. Si les parties de violon et de violoncelle ne sont pas  » difficiles « , leur contribution n’en est pas moins grande. Leur rôle, essentiellement, est contrapuntique, en ce sens qu’au lieu d’offrir traits et passages qui n’auraient d’autre but que d’étoffer la texture, ils participent à cette dernière de façon plus subtile et discrète.

© Alex Benjamin

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