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FL 2 3127

Mendelssohn - Lalo: Trios avec piano: Trio avec piano en do mineur, op.66; Trio avec piano en la mineur, op.26

Interprètes
Date de sortie 12 mars 2002
Numéro de l'album FL 2 3127
Periodes Romantique

Informations sur l'album

Le 19e siècle nous a légué de véritables joyaux de musique de chambre, malgré le contexte artistique alors davantage favorable à la brillance des œuvres pour piano seul ou grand orchestre. En effet, au moment où le petit ensemble classique était délaissé par les compositeurs révolutionnaires au profit de nouvelles instrumentations, d’autres, dans la tradition beethovénienne, ont su le faire évoluer pour finalement l’ancrer fermement dans leur époque. Entraînée par l’air du temps, la musique de chambre de l’époque romantique s’est entre autres définie par l’omniprésence du piano au sein de sa formation: dès lors, le règne du quatuor à cordes s’acheva, laissant place notamment au trio pour piano, violon, violoncelle. De part et d’autre du répertoire romantique, des œuvres viennent témoigner de la richesse de ce genre.

Le Deuxième Trio op.26 de Felix Mendelssohn et le Troisième Trio op. 26 d’Edouard Lalo n’en sont certes que des exemples, mais d’une splendeur irréfutable que le présent enregistrement met au grand jour.

Mendelssohn: Trio avec piano en do mineur, op.66

C’est au terme d’un parcours ponctué de triomphes que Felix Mendelssohn (1809-1847) composa son Trio avec piano en do mineur no 2, op.66. En 1845, voulant fuir l’agitation des grandes villes, le compositeur s’était retiré à Francfort. Depuis quelques années, ses divers engagements lui avaient imposé un rythme effréné que sa santé délicate peinait à suivre. Lui insufflant une énergie nouvelle, ce temps de repos fut pour lui des plus féconds, donnant naissance entre autres à son deuxième Trio.

À propos de cette œuvre, il écrivit à sa sœur Fanny: « Le trio est un peu effrayant à première vue, mais il n’est pas vraiment difficile à jouer: cherchez et vous trouverez! ». En effet, l’œuvre se révèle très chargée notamment pour le pianiste, qui délaisse son rôle d’accompagnateur pour entrer en véritable relation avec les cordes. D’ailleurs, le compositeur assura lui-même cette partie lors de la création à Leipzig en décembre 1845.

Le piano va de l’avant dès les premières mesures de l’Allegro energico e con fuoco, attaquant nerveusement un premier thème en doubles croches qui sera ensuite repris aux cordes. Au-delà de cette frénésie récurrente, le lyrisme du second thème laissera parfois entrevoir une touche de mélancolie passionnelle. L’Andante espressivo viendra bientôt bercer l’auditeur par le calme d’un thème des Romances sans paroles. Se promenant du piano aux cordes, cette mélodie évoluera toujours avec la même quiétude, interrompue vivement par l’arrivée du Scherzo (Molto Allegro quasi presto). Par ses incessantes doubles croches introduites en canon, ce troisième mouvement promène l’auditeur d’une course joyeuse à une danse gracieuse ornée de trilles. Après un bref répit, le langoureux violoncelle de l’Allegro appassionato du Finale viendra rechercher l’auditeur avec l’élan d’une mélodie projetée sur un saut de neuvième. Contrastant avec ce premier thème passionnel récurrent, le deuxième thème annoncera bientôt une sérénité encore accrue avec l’arrivée du troisième thème, majestueux choral. Véritable apothéose à caractère orchestral, la coda viendra clore l’œuvre sur un ton héroïque digne d’un grand maître de musique de chambre.

Lalo: Trio avec piano en la mineur, op.26

C’est en 1879 que Edouard Lalo (1823-1892) se lance dans la composition de son Trio avec piano en la mineur, op.26 dédié à une amie et pianiste Mme Szarvady. Lui-même brillant interprète de cordes, il avait privilégié pendant longtemps la musique de chambre. Or, confronté maintes fois aux dures critiques du milieu face à ce genre « dépassé », il s’était finalement consacré dès 1859 à la composition d’œuvres instrumentales à plus grand effectif.

Vingt ans plus tard, ayant acquis confiance suite au succès de certaines d’entre elles (ex.: Symphonie Espagnole), il fit un retour grandiose dans le domaine de la musique de chambre en offrant au public parisien un nouveau chef d’œuvre: son troisième Trio.

Un bref fortissimo semble nous appeler à l’ordre: Lalo marque son retour avec la puissance d’un Allegro appassionato. Une ligne d’un grand lyrisme fait bientôt surface aux cordes, avant que le piano n’impose énergiquement un nouveau thème héroïque. Tout le mouvement sera partagé entre ces deux idées contrastantes, passant librement de tendresse à véhémence. Puis, dolcissimo, les instruments s’éteindront: une brève trêve préparant la course folle du Presto, mouvement rendu célèbre par l’orchestration qu’en fit le compositeur en 1884 (Scherzo). L’auditeur est dès lors entraîné dans un joyeux engrenage mis en marche par un motif rythmique inlassablement répété au piano, accentuant ici et là certaines notes de la mélodie aux cordes.

Le mouvement perpétuel se calme temporairement sur une rythmie non moins ingénieuse avant de reprendre son élan de plus belle. C’est dans le mouvement Très lent que le trio se pose enfin, se prêtant à une longue et mystérieuse rêverie guidée par le chant expressif de la main gauche et celui des archets qui se doublent à l’octave. L’œuvre se termine avec un Allegro molto fougueux au rythme vif, menant l’auditeur d’abord dans les méandres d’une exploration motivique, ensuite dans les petites envolées d’un thème humoristique. La coda, spectaculaire, semble finalement marquer la victoire du compositeur sur ce public qui lui fut, pendant trop longtemps, d’une hostilité blessante.

L’éclat propre au deuxième Trio de Mendelssohn rappelle celui du troisième Trio de Lalo: les deux compositeurs, malgré leurs différences de parcours, ont su y révéler la meilleure expression de leur talent musical. Tantôt d’une brillance orchestrale, tantôt d’une intimité pianistique, les deux œuvres nous révèlent le romantisme incontestable de la musique de chambre du 19e siècle.

© 2001 Noémie Pascal, pour Traçantes, service de recherche, de rédaction et de traduction de la Société québécoise de recherche en musique (SQRM).

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À propos

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