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AN 2 9541 Handel – Ode for St. Cecilia’s Day

Hændel : Ode for St. Cecilia's Day

Informations sur l'album

Bien que Georg Friedrich Haendel soit considéré comme un compositeur « anglais » typique, il ne faut pas oublier qu’il est né à Halle-sur-Saale en Allemagne et qu’il a grandi dans un milieu très similaire à celui de ses contemporains Georg Philipp Telemann et Jean-Sébastien Bach, parmi d’autres. Friedrich Wilhelm Zachau, organiste à la Marktkirche de Halle, a été son professeur à partir de 1692. À la mort de celui-ci, en 1712, Bach est approché pour assurer sa relève à Halle, un poste qu’il refuse, bien qu’un contrat ait été rédigé et que seule sa signature manquait. À cette époque, Haendel voyage depuis un moment et se trouve loin de Halle, ayant passé quelques années à Hambourg, où il a travaillé sur des projets d’opéra, et plusieurs années à Rome. En 1712, il habite à Londres depuis déjà deux ans. La carrière de Haendel et la musique qu’il compose sont différentes de celle de Bach et de ses contemporains allemands, mais malgré celles-ci, les racines sont les mêmes. Haendel continue d’ailleurs à entretenir ses contacts en Allemagne et il est très au fait de la musique qui s’y joue.

En 1683, la Musical Society of London, un groupe de musiciens et leurs mécènes, inaugure les célébrations annuelles de la sainte Cécile, la patronne des musiciens et des musiciennes, pour son anniversaire le 22 novembre. Les chœurs de la cathédrale Saint-Paul de Londres, de l’abbaye de Westminster et de la chapelle Royale se réunissent chaque année pour ces célébrations. La plupart du temps, la musique est composée pour l’occasion par des compositeurs reconnus comme William Blow, Henry Purcell et Giovanni Baptista Draghi, mais aussi par des compositeurs moins connus qui devaient mettre en musique de la poésie quelconque. Il y eut bien sûr quelques exceptions telles que l’Ode de John Dryden, le poète lauréat anglais, mis en musique par Draghi en 1687, puis par Haendel en 1739. Selon une note dans la partition, Song for Saint Cecilia’s Day (HWV 76) – connue sous le nom de Ode for Saint Cecilia’s Day – prit seulement 10 jours à composer, entre le 15 et le 24 septembre 1739. Cette oeuvre, selon la coutume de Haendel, est inspirée d’idées musicales d’autres compositeurs, notamment des pièces pour claviers tirées de Componimenti musicali de Gottlieb Muffat, publié peu avant. Mais toujours selon sa coutume, Haendel développe et élargit ces idées musicales avec sa remarquable créativité.

À l’occasion du concert lors duquel l’Ode for Saint Cecilia’s Day est créée, l’œuvre de Haendel Alexander’s Feast (HWV 75), composée trois ans auparavant, et quatre autres de ses œuvres sont également interprétés, tel qu’on peut le lire dans la publicité de 1739 : « Au théâtre royal à Lincoln’s Inn Fields, jeudi le 22 novembre (jour de la Sainte-Cécile), une nouvelle Ode sera interprétée ; avec deux nouveaux concertos pour plusieurs instruments ; et précédée par Alexander’s Feast et un Concerto pour orgue. »

L’Ode n’est pas un oratorio, mais plutôt une suite de mouvements, dont des pièces instrumentales, des récitatifs déclaratifs, des arias expressifs et de puissants chorals qui louangent la musique et sa sainte patronne. L’œuvre comprend deux sections, chacune commençant par un mouvement instrumental et finissant par un choral saisissant. L’ouverture en trois sections est suivie par un récitatif au ténor, rappelant l’origine divine de la musique, un thème repris dans le choral qui suit « De l’harmonie, de la céleste harmonie. » Ensuite, un aria enchanteur pour soprano, accompagné par un obbligato pour violoncelle solo, les cordes et le continuo, pose la question rhétorique « Quelle passion la musique ne saurait-elle mouvoir et dompter ! » L’aria contrastant au ténor qui suit est un appel aux armes par les trompettes et les timbales « L’éclat puissant de la trompette » qui passe d’une seule voix à tout un chœur, et nous amène à la fin de la première partie.

La deuxième partie commence par une marche à la trompette et aux cordes et est suivie par quatre arias qui mettent en vedette plusieurs instruments : « La flûte, tendre et plaintive (soprano) » ; « Les âcres violons proclament leurs tourments jaloux (ténor) » ; « Mais oh ! Quel art peut enseigner… l’orgue la louange sacrée ? (soprano) ; et « Orphée commandait aux bêtes féroces… asservis à la lyre (soprano) ». L’avant-dernier mouvement est un bref récitatif pour soprano qui louange Cecilia et conduit au mouvement final. Celui-ci commence par un solo de soprano en dialogue avec le chœur à quatre voix et se termine par une double fugue saisissante.

© Robin A. Leaver 2018

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