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AN 2 9767

J.S. Bach: Suites & Partitas

Interprètes
Date de sortie 01 mars 2011
Numéro de l'album AN 2 9767
Periodes Baroque

Informations sur l'album

J.S. Bach: Suites & Partitas<h/3>

Transcriptions pour clavecin

Le génie de Bach est intimement lié aux instruments à clavier de son temps; sa vie durant, il ne cessera de composer pour l’orgue et le clavecin, et les vastes ensembles qu’il leur a consacrés constituent une part essentielle de son œuvre. Les touchant avec une maîtrise technique confondante, il les considérait également, ainsi que le clavicorde, comme les instruments pédagogiques par excellence, les plus à même de familiariser tout apprenti musicien avec la conduite des voix, l’ornementation, le rythme, l’harmonie et l’accompagnement.

De plus, à son époque, la transcription était souvent utilisée comme moyen d’apprentissage dans le domaine de l’écriture; Bach lui-même, dans sa jeunesse, avait transcrit pour orgue et pour clavecin seuls plusieurs concertos de Vivaldi et d’autres maîtres, pour s’en approprier le style et les procédés.

Les quatre œuvres de Bach que propose cet enregistrement ont la particularité de ne pas avoir été écrites originellement pour le clavecin. En fait, les deux premières furent composées pour le luth — peut-être suite aux contacts que Bach avait établis avec Silvius Leopold Weiss, luthiste de la cour de Dresde — alors que les deux dernières étaient à l’origine destinées au violon seul. Ces suites constituent un magnifique exemple de l’art de la transcription chez Bach et ses élèves, de même qu’un ajout important au répertoire du clavecin.

Suite ou Partita en do mineur BWV 997

Comme pour toutes les pièces de ce disque, on ne connaît pas de manuscrit autographe de la Suite en do mineur, pourtant son authenticité ne fait aucun doute. Avant la Seconde Guerre mondiale, il existait cinq copies de cette suite, conservées à la Preussische Staatsbibliothek de Berlin.

La source principale est celle faite par Johann Philipp Kirnberger, un élève de Bach, portant le titre de Klavier-Sonate von Joh. Sebastian Bach. Sur une autre copie, le titre C moll Præludium, Fuge, Sarabande und Gigue für Clavier von J.S. Bach a été inscrit de la main de Carl Philipp Emanuel Bach. Écrite à Leipzig vers 1740, la version originale a vraisemblablement été destinée au luth. Dans les copies de Berlin, la partie supérieure est écrite en clef d’ut soprano plutôt qu’en clef de sol normalement utilisée pour le clavier. Cette partie, écrite très haut et montant jusqu’au fa 5, serait un cas unique dans l’écriture de clavier de Bach.

D’autre part, la Bibliothèque de Leipzig conserve un manuscrit, rédigé en tablature de luth, comportant trois mouvements de la Suite en do mineur et dont la partie supérieure est transposée une octave plus bas que dans les copies de Berlin. Peut-on en conclure que Bach écrivait sa musique pour luth sur deux portées comme la musique destinée au clavier et qu’il laissait aux luthistes le soin de transposer la composition notée en tablature? L’ancienne édition de la Bachgesellshaft reproduisait la version de Berlin alors que les responsables de la Neue Bach Ausgabe ont publié en 1950 une édition basée sur la version de Leipzig. L’interprète a utilisé ici cette version, plus conforme au registre grave qu’on attend du luth et qui produit un si bel effet au clavecin, n’hésitant pas à faire quelques modifications lorsque cette transcription paraissait trop maladroite (dans la Sarabande notamment) afin de l’adapter plus commodément aux ressources du clavier.

Dans l’ensemble, l’écriture et le style sont bien ceux de J.S. Bach. Le prélude se développe dans une forme tripartite très semblable à celui du célèbre Preludium, Fuga et Allegro en mi bémol BWV 998. La fugue libre, d’une écriture plus complexe, adopte elle aussi la forme da capo. La sarabande au caractère noble rappelle de façon saisissante le chœur final de la Passion selon Saint Mathieu. Enfin, la gigue comporte un double, c’est-à-dire une variation où les figures de notes sont deux fois plus rapides, ce qui amène une brillante conclusion à cette œuvre encore trop peu connue.

Suite en mi mineur BWV 996

Composée à Weimar, entre 1708 et 1717, cette Suite aurait primitivement été destinée au luth ou plus vraisemblablement au « clavecin-luth », comme en fait foi l’inscription « auf Lauten Werck » dans une copie de la main de Johann Gottfried Walther. On sait peu de chose sur cet instrument, dont il ne subsiste aucun exemplaire d’époque.

Dans son traité Musica Mechanica Organœdi, publié à Berlin en 1768, Jakob Adlung fait mention d’un Lautenwerk (appelé aussi Lautenclavicymbel ou Lautenklavier). Cet instrument hybride était une sorte de clavecin monté avec des cordes de boyau et était censé imiter le luth. Le cousin de Bach, Johann Nikolaus, en fabriquait et Johann Sebastian aurait possédé un instrument du facteur d’orgue Zacharias Hildebrandt.

Le prélude débute dans le style d’une improvisation et se termine par un bref fugato au caractère rythmique très affirmé. Cette pièce n’est pas sans rappeler les fougueuses toccatas que Bach écrivait alors qu’il était jeune organiste à Mühlhausen vers 1707. L’allemande évoquerait plus le style de Handel que celui du Bach des Partitas. Elle est suivie d’une émouvante sarabande qui se prête bien à une ornementation dans le style des luthistes français. La bourrée, vive et légère, est devenue célèbre, figurant dans nombre d’anthologies pour la guitare ou le piano. Une gigue traitée en imitations et fortement rythmée permet à l’interprète de conclure cette suite avec brio.

Sonate en mineur BWV 964

Cette Sonate monumentale, qui nous est parvenue dans une copie de la main de Johann Gottfried Müthel, un des meilleurs élèves de Bach, est la transcription de la Sonate no 2 pour violon seul en la mineur BWV 1003, composée entre 1718 et 1723. Certains musicologues en attribuent l’arrangement pour clavecin à Wilhelm Friedemann Bach, hypothèse séduisante que malheureusement aucun argument sérieux ne vient étayer.

Dans cette œuvre de vastes proportions, Bach emprunte à Corelli la forme archaïque de la sonata da chiesa, dans laquelle deux mouvements lents alternent avec deux allegros.

La Sonate débute par un adagio qui déploie une mélodie violonistique à l’ornementation raffinée. Cet adagio sert de prélude à la fugue suivante, très développée et d’une certaine austérité. L’andante, dans le style d’une aria en deux parties constitue un morceau de choix où une émouvante ligne mélodique se déploie sur les pulsions régulières de la basse. L’allegro final, avec sa texture linéaire, est resté très proche de la version originale pour violon; l’emploi de l’effet d’écho sur le deuxième clavier contribue cependant à lui donner un cachet unique, lorsque joué au clavecin.

Chaconne en sol mineur

La célèbre Chaconne terminant la Partita en mineur pour violon seul BWV 1004 a été transcrite par Pierre Gouin pour le clavecin à la demande de Dom Laberge. C’est donc la seule transcription de cet enregistrement qui ne soit pas d’époque.

Cheval de bataille des violonistes, la Chaconne a suscité de nombreuses transcriptions pour le piano dont celles de Brahms pour la main gauche et l’arrangement virtuose de Busoni, mais on en connaît aucun arrangement valable pour le clavecin, excepté celui de Gustav Leonhardt resté inédit. La présente transcription se veut à la fois fidèle au texte original et en même temps écrite dans l’idiome du clavecin, un peu comme si elle avait été réalisée par un élève de Bach en son temps. Cette œuvre magistrale, en passant au clavecin, a perdu son aspect torturé — elle est extrêmement difficile à jouer au violon — et la musique y a sans doute gagné de s’exprimer plus librement.

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À propos

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