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FL 2 3096

J.S. Bach: Fantaisie et Fugue en sol mineur et autres oeuvres de maturité vol.1

Interprètes
Date de sortie 07 mars 1997
Numéro de l'album FL 2 3096
Periodes Baroque

Informations sur l'album

À partir de quelle année dater ce qu’on peut considérer comme des œuvres de maturité de J.-S. Bach? Évidemment, la réponse n’est pas facile, et elle est loin d’être toujours évidente. On sait en effet que bon nombre d’œuvres pour orgue, en particulier, ne nous sont parvenues que par copies non autographes, le plus souvent non datées, et évidemment postérieures à leur date de composition; cette remarque s’applique par exemple à des œuvres aussi importantes que les Fantaisies et fugues en sol et en do mineurs ici enregistrées. De plus, Bach a souvent repris des œuvres plus anciennes pour les retravailler, les modifier, les développer; enfin, les deux volets de ses dyptiques n’ont pas toujours, ou pas nécessairement, été composés en même temps, ou même à la même époque. La datation précise de maintes œuvres reste donc assez hypothétique ou approximative. Cela dit, je fixerais aux années médianes du séjour à Weimar, c’est-à-dire vers 1712, le début de la maturité de Bach. Malgré ces remarques, j’ai voulu pour cette intégrale de l’œuvre d’orgue de Bach (« élargie » aux œuvres de clavier qui peuvent se prêter à l’orgue en plus du clavecin) non seulement faire de chaque disque l’équivalent d’un récital où l’enchaînement des pièces tienne compte de la variété des formes, des registrations, des tempi, et même de la succession des tonalités, mais tenir compte également de la chronologie d’une œuvre qui s’étend sur une cinquantaine d’années. D’après Philipp Spitta, le premier grand biographe de Bach après Forkel, et dont l’étude monumentale date de 1873-1879, la Fantaisie et Fugue en sol mineur aurait été écrite à l’occasion du voyage de Bach à Hambourg en 1720, qui l’y aurait exécutée en présence du vieux Adam Reinken. En tout cas, l’œuvre acquit très tôt une grande popularité, qui ne s’est jamais démentie depuis, puisque Mattheson s’y réfère dès 1731 et qu’un copiste contemporain de l’œuvre note qu’il s’agit là de la meilleure pièce d’orgue avec pédale de Herr Johann Sebastian Bach! J’ai pensé intéressant d’y juxtaposer le Trio en ré mineur BWV 583, très peu connu malgré son grand intérêt, et qui lui est probablement contemporain car il utilise un matériel thématique très semblable à celui de la fugue en sol mineur BWV 542. La Fuga sopra il Magnificat est l’appellation usuelle de ce qui est en réalité un prélude de choral sur Meine Seele erhebt den Herren (« Mon âme glorifie le Seigneur »). Cette œuvre appartient probablement aussi à la période de maturité de Bach, de par la maîtrise et la densité de son écriture à quatre voix avec l’addition d’une cinquième voix pour l’entrée à la pédale du cantus firmus à la dernière page, procédé que l’on retrouvera dans la grande Fugue en do, BWV 547. Les six Sonates en trio BWV 525-530 comptent également depuis l’époque de leur composition parmi les œuvres de Bach les plus admirées, comme en témoignent le grand nombre de copies contemporaines, de même que l’éloge qu’en fit Forkel 52 ans après la mort de Bach (« On ne peut trop louer leur grande beauté »). On en possède un manuscrit autographe qui date des premières années du compositeur à Leipzig; on en a aussi une copie, du moins partielle, de la main de Wilhelm Friedemann, pour qui elles auraient été écrites et auxquelles il devait, toujours selon Forkel, sa grande technique organistique. On a peut-être trop insisté sur leur difficulté d’exécution et pas assez loué leur richesse d’invention, leur variété et leur beauté mélodiques, de même que tout le charme qui s’en dégage. Je me suis donc spécialement efforcé de tenter d’en souligner la profonde musicalité, la plasticité et l’élégance de l’écriture, et le pouvoir d’émotion des mouvements lents. Le Prélude et Fugue BWV 545 date aussi des premières années de Leipzig, du moins dans sa forme définitive. À noter la grande parenté du Prélude avec le premier Prélude du second livre du Clavier bien tempéré, et du thème de la Fugue avec celui de la fugue du même ton du premier livre. Quant à la Fantaisie à cinq voix en do mineur, BWV 562, elle est très évidemment inspirée des fugues à 5 de Nicholas de Grigny, dont Bach avait copié lui-même le Livre d’Orgue (1699) très probablement en 1713, et l’œuvre a probablement été écrite à peu près en même temps. Je ne pense pas toutefois qu’il faille lui appliquer la registration typique à deux claviers des fugues de Grigny, et je crois qu’elle fut conçue par Bach « pro Organo Pleno », ce qui en fait ressortir l’atmosphère de grandeur dramatique. Bien que beaucoup moins connue que la Fantaisie et Fugue en sol mineur par laquelle débute ce disque, la Fantaisie et Fugue en do mineur BWV 526 n’est certes pas indigne de lui faire pendant à la fin de ce récital. La Fantaisie est construite avec une grande rigueur sur deux thèmes contrastants, le second étant un bel exemple du motif de la douleur, et se termine au ton de la dominante avec deux mesures de transition; le lien avec la Fugue, qui doit s’y enchaîner, est donc ici très fort. Cette fugue, au caractère héroïque, comprend également deux thèmes très caractérisés (et même trois, si l’on compte le contre-sujet chromatique du second motif), mais au lieu d’une troisième section qui les superposerait, cette dernière partie constitue un véritable da capo (c’est-à-dire une reprise à peu près littérale de la première partie), procédé très inusité pour une fugue. Voilà donc un programme qui ne comprend que des chefs-d’œuvre… Heureux mélomanes qui pourront s’en nourrir, et peut-être, dans bien des cas, en découvrir certains pour la première fois! Bernard Lagacé

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FL 2 3068
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