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FL 2 3091

J.S. Bach: Toccata & Fugue en ré mineur et autres oeuvres de jeunesse vol.1

Interprètes
Date de sortie 25 septembre 1997
Numéro de l'album FL 2 3091
Periodes Baroque

Informations sur l'album

On se représente le plus souvent J.-S. Bach sous les traits du « vieux » Cantor de Leipzig (1723-1750), tel que nous le connaissons par le célèbre portrait (authentique) de Haussman de 1746. Or, la majorité de son œuvre d’orgue date sans doute de la période précédant sa nomination comme Capellmeister à Cöthen en 1717, c’est à dire à l’âge de 32 ans. Et si Bach ne fut pas, semble-t-il, l’enfant prodige que fut Mozart — peut-être de par la nature même de son langage musical —, il n’en composa pas moins, dès l’âge de 17 ou 18 ans, des œuvres qui souvent laissent déjà voir clairement son haut génie. Les œuvres de jeunesse, fort nombreuses, possèdent un caractère de fraîcheur, d’invention et de lyrisme qui les rendent particulièrement attachantes; de plus, il est d’un grand intérêt d’y déceler, en même temps que son génie propre, les différentes influences qui s’exercèrent sur sa formation de compositeur. À l’exception de quelques cantates, ces œuvres de jeunesse sont écrites pour l’orgue ou le clavecin, qui devaient rester toute sa vie ses intruments de prédilection, ceux dont il jouait lui-même en grand virtuose, et pour lesquels il écrira toujours quand ses fonctions ou des commandes ne l’obligeront pas à adopter un autre médium. Les œuvres enregistrées ici ont sans doute été composées dès le séjour de Bach à Lunebourg (1700-1703) — c’est le cas de la belle Partita en fa mineur BWV 766, écrite sous l’influence et sur le modèle de Georg Böhm (1661-1733) qui y était depuis 1698 l’organiste de l’Église St-Jean; puis à Arnstadt (1703-1707), comme le Prélude et fugue en do majeur BWV 531, qui inaugure brillamment la magnifique série des dyptiques où chaque volet acquiert pleinement son indépendance; et à Mülhausen (1707-1708), ou au cours des premières années à Weimar, à partir de 1708. C’est dire que ce sont les œuvres d’un jeune homme ne dépassant probablement pas l’âge de 25 ou 26 ans. On y trouve donc d’abord l’influence prépondérante des compositeurs nord-allemands du XVIIe siècle, et en particulier celle du grand Buxtehude (1637-1707) que Bach visita en 1705 pour quatre mois à Lübeck. Cette influence est d’abord illustrée ici par la très célèbre Toccata en ré mineur, généralement connue sous l’appellation incorrecte de « Toccata et fugue », alors qu’il ne s’agit pas d’un dyptique mais, comme chez Buxtehude, d’une œuvre d’un seul tenant où la fugue, très peu élaborée en tant que telle (et presque monodique la plupart du temps) ne constitue qu’un procédé d’écriture parfaitement intégré à cette œuvre visionnaire. Influence également évidente de la grande école d’orgue baroque du Nord issue de J.P. Sweelinck (1562-1621) dans la Toccata en mi majeur, probablement antérieure à la Toccata en ré mineur, œuvre élaborée et brillante en quatre sections, séparées cette fois, mais sans être vraiment autonomes; alors que la première partie constitue une introduction libre et la troisième un récitatif de transition, la deuxième fugue utilise une variante du thème de la première. Par ailleurs, nous trouvons une très nette influence française, importante pour Bach dès l’époque de Lunebourg, dans la Fantaisie en sol majeur, appelée du reste en français « Pièce d’Orgue » dans plusieurs sources, avec les mentions, également en français, de Très vitement, Gravement et Lentement pour chacune des trois sections. Cette œuvre magnifique est en réalité un admirable Grand Plein-Jeu à la française — mais d’une écriture polyphonique plus rigoureuse — encadré de deux volets hautement décoratifs. Quant à l’influence italienne, l’idée même de pastorale nous y réfère, [ainsi que] le fait que l’œuvre porte l’appellation de « Pastorella » dans plusieurs des sources. Cette œuvre séduisante est en réalité une Suite en quatre mouvements: la Pastorale proprement dite; une pièce binaire qui a l’allure d’une allemande gaie; une expressive cantilène accompagnée, en do mineur; et enfin, une véritable gigue. Par son caractère mélodique chantant et sa luminosité, la « petite » fugue en sol mineur, au thème si élaboré, peut se rattacher aussi à l’Italie. On trouvera enfin sur ce disque quatre beaux exemples de chorals pour orgue; dès le début et tout au long de sa vie, Bach composera un grand nombre d’œuvres, de formes diverses, à partir des mélodies de cantiques luthériens qui lui étaient sans doute si chers. N’arrivant pas à choisir, lors du montage de ce disque, entre des registrations différentes pour chacune des deux versions du Choral « Liebster Jesu », et l’espace le permettant, j’ai pensé inclure à la fin du disque ces deux autres versions qui permettront, après un récital comprenant maintes œuvres justement populaires, et souvent brillantes, de conclure dans une atmosphère de calme et de tendresse. La tendresse de Bach… On mentionne trop rarement ce mot comme une caractéristique importante de maintes de ses œuvres, en particulier les cantates et les chorals pour orgue.

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FL 2 3068
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