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AN 2 9808

Vivace

Compositeurs
Interprètes
Date de sortie 18 octobre 2005
Numéro de l'album AN 2 9808
Periodes Contemporaine

Informations sur l'album

VIVACE VIOLONCELLE

Il en a fallu de la vivacité au violoncelle pour convaincre les sceptiques! Alors que son petit frère, le violon, devient un instrument-roi, on n’arrive même pas à le nommer : il porte une vingtaine de noms différents au 17e siècle. On en joue n’importe comment : assis, debout – l’instrument posé sur un tabouret et attaché au musicien par une ceinture, ou encore à l’épaule comme un violon!

Peu importe : des compositeurs commencent à l’apprécier. Mais! Les violoncellistes eux-mêmes considèreront longtemps les six Suites de Jean Sébastien Bach (c. 1720) comme d’ennuyeux exercices. Il faudra attendre Pablo Casals (1876-1973) pour démontrer qu’elles valent bien mieux.

Vers 1720, le violoncelle entre en France, fief de la viole de gambe. Le « violon de selle » est attendu de pied ferme : un « prétentieux, misérable cancre, âne bâté, pauvre diable », rigole Hubert LeBlanc! Dans les années 1760, des violoncellistes virtuoses, comme Luigi Boccherini, triomphent à Paris. On leur fait des éloges douteux, style : « Vous faites chanter ce bœuf comme un rossignol! ».

Peu importe : son répertoire s’enrichit toujours. Mais! 1783 : Haydn lui compose un Concerto en ré. Les musicologues refuseront de croire qu’un non-violoncelliste ait pu réussir une œuvre si magnifique et s’entêteront longtemps à la dire du violoncelliste Anton Kraft. Peu importe à nouveau : au 19e siècle, Beethoven puis les Romantiques l’adoptent. Mais, toujours mais! Brahms écrase l’instrument au début de sa Sonate en fa (1886) avec un accompagnement massif du piano. Son ami violoncelliste qui lisait l’œuvre avec lui l’arrête : – Je n’entends pas! – Quelle chance tu as! Brahms est donc confondu lorsqu’il découvre le Concerto de Dvo?ák (1895) : « Pourquoi diable ne m’a-t-on pas dit qu’on pouvait lui écrire un concerto comme celui-ci?! Si seulement je m’en étais douté, j’en aurais écrit un depuis longtemps! ».

1925, Alfred Lavignac, musicologue : « Les passages écrits dans son registre grave ne donnent le plus souvent qu’une impression pénible. L’artiste s’agite avec vigueur : sa sueur coule mais l’auditeur ne distingue rien, à moins que ce ne soit quelques rumeurs d’un caractère plus zoologique que musical ». Mais le violoncelle poursuit sa route au-delà même des frontières de la musique classique. Au tour de Claude Lamothe de titiller les oreilles des derniers sceptiques!

© Antoine Ouellette,
Compositeur et musicologue.

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À propos

AN 2 8873

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AN 2 9530 - Kuhlau: Grandes sonates