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AN 2 2022

Brahms

Compositeurs
Interprètes
Date de sortie 16 septembre 2008
Numéro de l'album AN 2 2022
Periodes Romantique
Genres Piano

Informations sur l'album

À l’âge de dix ans, Johannes donna, privément, son premier concert mais ne joua pas en public avant l’âge de quinze ans. La misère dans laquelle vivait sa famille le força alors à jouer non seulement le soir, mais souvent la nuit dans les bars et les bordels du célèbre port de Hambourg. En 1849, Brahms fit la connaissance d’Eduard Reményi, un violoniste hongrois, son aîné de trois ans. Non seulement Reményi insuffla-t-il chez son jeune collègue une fascination pour la musique  » hongroise  » (en réalité  » erbunk « , danse popularisée par les tziganes), mais il le présenta au déjà célèbre violoniste, Joseph Joachim, un peu plus âgé que lui. Quand, après Weimar, Reményi et Brahms se séparèrent à la suite de leur célèbre rencontre avec Liszt, dont la musique avait laissé Brahms indifférent, Joachim expédia son nouvel ami à Düsserldorf. Là, le 30 septembre 1853, Brahms se présenta chez Schumann; c’est cette visite qui incita Schumann à reprendre la plume pour la première fois en dix ans. Dans un article, son dernier, pour la parution de novembre du Neue Zeitschrift für Musik, il salua en Brahms  » un jeune homme béni des Grâces et des Héros… un homme qui allait déployer son talent non pas graduellement mais, comme Athéna, en surgissant, en armes, de la tête de Zeus « . À la fin de l’année, Brahms, alors âgé de vingt ans, était célèbre partout où l’on lisait ou parlait allemand.

Même si elle ne représente pas tout à fait le point culminant de la première période de création de Brahms, la Sonate en fa mineur n’en constitue pas moins l’apogée de son œuvre pianistique. Dans l’opus 5, Brahms s’éloigna de la structure habituelle de la sonate (telle que Beethoven l’a laissée à Schubert et aux légions qui ont suivi) par l’emploi d’une architecture de l’œuvre en cinq mouvements, avec un intermezzo méditatif entre le Scherzo du troisième mouvement et le Rondo final. Mais plus encore, le thème principal de ce mouvement supplémentaire découle du thème d’ouverture de ce mouvement lent  » officiel « . Brahms a sous-titré cet Intermezzo  » Regard en arrière  » et en a souligné l’introspection au moyen d’un roulement sourd de tambour dans le registre grave. Même si cette pièce semble descendre directement de l’héritage de Beethoven (on pense à la Cinquième Symphonie et plus particulièrement à la sonate Hammerklavier), la voix de Brahms se fait entendre d’entrée de jeu jusqu’à la fin.

Les Rhapsodies, opus 79 sont ses principales pièces pour piano seul de 1871 à 1893, sans qu’elles rivalisent en taille avec ses trois remarquables sonates composées avant que Brahms ne soit légalement un adulte. Toutefois, les Rhapsodies sont de même nature malgré leur concision, extrêmement passionnée sans retenue ni répit: la passion, même diluée par trente ans de vie adulte. Le 7 mai 1863, l’auguste Singakademie fit de Brahms son nouveau directeur; concurremment, il commença à donner des leçons de piano, non pas pour l’argent mais par bonté pour ceux qui le lui demandaient. Elisabet von Stockhausen fut l’une de ses premières élèves. Il appréciait les manières jeunes d’Elisabet, sa cuisine remarquable, la critique scrupuleuse qu’elle faisait de sa musique et sa hardiesse câline. C’est à cette femme singulière et après y avoir longuement réfléchi, que Brahms dédicaça les Rhapsodies. Presque tous ceux qui ont écrit à leur sujet ont remarqué l’alliance en apparence contradictoire d’une musique à structure aussi formelle (sonate) à ce qu’on appelle rhapsodie. Ivor Key, dans son ouvrage Johannes Brahms, va droit au but quand il écrit que les Rhapsodies, opus 79  » déploient une grande passion où la retenue n’a pas sa place « .

© Roger Dettmer
Traduction: Danielle Lachance

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À propos

AN 2 9980
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