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AN 2 9276

Alain Lefèvre: Fidèles Insomnies

Compositeurs
Interprètes
Date de sortie 14 mars 2006
Numéro de l'album AN 2 9276
Periodes Contemporaine
Genres Piano

Informations sur l'album

Un nouveau chapitre vient ici s’ajouter à mon Carnet de notes, celui de mes Fidèles Insomnies. Responsables du naufrage de mes nuits, elles sont toutes pardonnées pour avoir donné naissance à plusieurs thèmes qui, prisonniers dans ma tête, n’attendaient que le silence du sommeil pour se faire entendre et me réveiller à leur musique. Pour ceux qui connaissent déjà mes enregistrements précédents, ils retrouveront les pièces Lylatov et Un Ange passe, parues sur mon premier disque de compositions intitulé Lylatov, mais cette fois dans une version pour piano et cordes. Aussi, les 3 Préludes Petite Mère, Vingt ans et La Callas furent une commande spéciale du Megaron (Athens Concert Hall) et la première fut donnée lors de mon récital en cette prestigieuse salle d’Athènes, le 24 novembre 2005, dans le cadre de la Série des Grands Interprètes.

Comme en famille!

Je ne crois pas aux liens du sang, mais bien aux affinités électives, où l’indéfectible fraternité, petit miracle de l’Amitié, peut unir à la vie à la mort des étrangers et les rassembler autour d’une table comme en famille… Je vous offre ce tourbillon de joie, cette douceur de vivre, cette fête à la vie, composée sur un vieux piano droit pour amuser les enfants de mes amis très chers, un chaud week-end d’été passé à la campagne, entre les rafraîchissantes baignades dans le lac Écho et les délicieux hot-dogs sur feu de bois !

Pour mes chers amis Françoise et Paul et leurs enfants, Christine, Hubert et Charles Julien.

Petite mère

Petite mère est née d’une commande du Megaron d’Athènes, mais me fut dictée par mon cœur, car l’Amour ne se commande pas, surtout pas celui d’un fils pour sa mère. Mais maman n’aura jamais entendu Petite mère autrement qu’en mots doucement prononcés en sa présence, le cancer l’emportant avant que je ne puisse terminer cette pièce qu’elle m’aura inspirée… Et mon angoisse de la perdre m’aura empêché de la lui jouer même inachevée, car ironiquement, je craignais que l’exécution de mon œuvre allait précipiter son départ de l’autre côté du miroir…

Pour ma  » petite mère « , Thérèse Lefèvre.

La Callas

Astre à jamais scintillant, La Callas ne saurait s’éteindre dans la nuit des temps. Son rayonnement l’emportera sur sa mort malgré son sombre destin, car la Diva avait le feu sacré, cette flamme intérieure qui irradie l’émotion et provoque le frisson, l’émoi, le bouleversement, séparant les vrais artistes des techniciens de l’art et des imposteurs. Force et fragilité, impératrice et femme trompée, Maria Callas nous aura tout donné, habitant la scène comme la vie, oblitérant le lendemain et ne vivant que le moment présent.

Pour Christos D. Lambrakis, un prince de la musique.

Anemos (89)

Anemos (le vent), précédé d’Ilios (le soleil) et de Thalassa (la mer), ces deux dernières pièces respectivement parues sur Lylatov et Carnet de notes, vient compléter la trilogie intitulée Impressions Hélléniques.

Anemos, c’est d’abord un frisson timide du vent de Grèce dans le feuillage échevelé des oliviers, les décolorant du vert à l’argent de son souffle chaud. Puis, c’est un souvenir indélébile de mon passage au Temple de Sounio, spectaculaire présence du passé à ciel ouvert, dominant falaise, mer et hommes, et imperturbable aux assauts répétés d’un vent sans merci. Jamais, je ne pourrai oublier cette sensation forte et sublime d’ivresse provoquée par un trop-plein d’air, où je n’ai fait qu’un, l’espace d’un plongeon du soleil dans la mer, avec ces pierres ancestrales, muettes au viol du vent, mais combien victorieuses de par leur pérennité.

Pour mes grands amis, Dominique, Alexandrine et Gabriel Petridis.

Vingt ans

Cette pièce fut écrite en cadeau à ma Jojo, à l’occasion de notre 20e anniversaire de mariage et vient compléter le cycle des trois Préludes dont la première eut lieu au Megaron d’Athènes le 24 novembre 2005.

Pour Johanne Martineau, ma muse, ma complice depuis plus de vingt ans.

Paris sans toi

J’avais 19 ans lorsque j’ai rencontré ma Jojo. C’était à la fin de l’été et quelques jours plus tard, je devais la quitter pour Paris, afin de poursuivre mes études de piano au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Son absence au quotidien dans la Ville Lumière me fut souvent intolérable, cependant, ses nombreuses missives, plus d’une centaine en près de neuf mois, sont venues apaiser ma douce mélancolie et m’ont inspiré Paris sans toi.

Pour Johanne Martineau et nos premières rencontres.

Lylatov

À 17 ans, je quittais Montréal pour poursuivre mes études de piano au CNSM de Paris. Je vivais à l’étroit dans une chambre de bonne, avec juste assez de place pour me tenir debout entre le lit et mon piano droit. Voyant mon désarroi, des amis de mes parents, Ginette Levy et Kito Barouch, m’ont ouvert la porte de leur maison et celle de leur cœur et m’ont accueilli chez eux comme un vrai fils. Pour ces survivants de la Deuxième Guerre, j’ai composé Lylatov, (qui veut dire  » Bonne nuit  » en hébreu) en remerciement de tout ce qu’ils ont été pour moi.

Pour Ginette Levy et Kito Barouch.

Un ange passe

À l’avant-veille d’un concert à la Place des Arts avec Charles Dutoit et l’Orchestre symphonique de Montréal, le téléphone a sonné à quatre heures du matin pour m’apprendre la mort de mon père en France, suite à un cancer que je croyais guéri… Dévasté, ne pouvant le croire, n’ayant pu lui dire au revoir, j’ai ravalé mes sanglots et ai dormi jusqu’au lendemain.  » Le mort était mort  » et mon père m’était volé avant même que je n’aie pu lui dire tout mon Amour… Le réveil fut irréel, comme un cauchemar, puis j’ai senti papa passer près de moi, comme un Ange passe… Je me suis alors assis au piano et j’y ai mis tout mon chagrin et mon désespoir dans ce dernier adieu que je lui dédie.

Pour mon papa, André Lefèvre.

Orphelin

Cette composition fait l’objet d’une chanson, interprétée en première mondiale au Théâtre Outremont par l’extraordinaire jeune chanteur Hugo, dans le cadre de l’édition 2004 du Festival Montréal en Lumière. En voici quelques extraits :  » Elle est partie sans bruit, celle qui a ouvert ses chairs à ma vie, qui m’a aimé avant de me connaître, qui m’a porté du matin au midi jusqu’à minuit, sans jamais redire, sans jamais se plaindre. Maman, je n’ai pas eu le temps, pour un dernier adieu, pardonne-moi, te voilà hirondelle, moi orphelin et nos destins qui se séparent. J’éteins la lune, je ferme le jour, j’écoute ta mort pleurer ma peine, ne m’en veux pas, mais je n’étais pas prêt à te perdre déjà, des yeux muets, ton corps glacé, inanimé, ce n’est pas vrai ! « 

Pour mes merveilleux amis, Martha, Daniel et leurs enfants, Sophie-Anne, Philippe et Antoine Vachon.

Au bout de mes rêves

Elle fait aussi l’objet d’une chanson, interprétée en première mondiale au Théâtre Outremont par l’émouvante Léane Labrèche Dor, dans le cadre de l’édition 2004 du Festival Montréal en Lumière. Quelques extraits :  » Je veux voir tous les koalas gris de l’Australie et circuler dans un monde où je n’ai pas à craindre les bombes… Fermez vos télés spectateurs au rang des dormeurs ! Réveillez-vous s’il vous plaît pour semer un peu plus de paix… Car je veux y croire, sans avoir à, devoir rêver, rêver…  »

À la douce mémoire d’une femme merveilleuse, Fabienne Dor.

© Alain Lefèvre

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À propos

Alain Lefèvre
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