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AN 2 9280

Morceaux choisis (Une exclusivité Archambault)

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Romantisme aux visages multiples

Pour les compositeurs romantiques, la musique devait être capable de tout exprimer. Pour atteindre ce but, ils ont repoussé les capacités sonores de l’instrument au maximum, élargi les horizons de la technique et favorisé le foisonnement des idées et des textures. Au cours de sa carrière, le pianiste canadien Alain Lefèvre s’est magistralement approprié ce répertoire et lui a insufflé vitalité, éloquence et poésie. Nous le retrouvons ici dans trois pages d’André Mathieu, compositeur auquel son nom a beaucoup été associé depuis quelques années, mais aussi dans une transcription de Liszt, des œuvres de Moussorgski, Rachmaninov, Walter Boudreau et le très populaire Concerto de Varsovie de Richard Addinsell.

 » La première pièce que j’aie entendue d’André Mathieu fut son Prélude romantique, confie Alain Lefèvre. J’avais quinze ans à l’époque et je fus bouleversé par sa beauté.  » Coup de foudre dont il ne se remettra jamais complètement et qui l’a mené à défendre les œuvres du compositeur tant ici qu’aux États-Unis, en Europe et en Asie :  » Il y a quelque chose dans la musique de Mathieu qui vient tous nous chercher, quelque chose d’incontrôlable. Je crois au génie de Mathieu.  »

L’ombre de Rachmaninov, qui voyait en ce  » Mozart canadien  » un successeur, plane sur le Concerto de Québec, pourtant terminé en 1943. Alain Lefèvre en présente ici deux versions, avec orchestre (premier mouvement du concerto) et pour piano seul, essentiellement le mouvement lent central (qui devait être intégré à la trame sonore du film canadien La Forteresse) auquel se greffent des fragments des autres mouvements.

La Valse de l’asile fait partie de la musique de scène composée par Walter Boudreau, l’un des plus éminents compositeurs canadiens, pour la pièce de théâtre intitulée L’Asile de la pureté de Claude Gauvreau.  » La présence de cette œuvre à mon programme est ma façon de remettre André Mathieu en perspective historique. L’auditeur sentira en lui-même que cette petite valse douloureusement triste, presque surréaliste, est une sorte de bénédiction non seulement pour tout ce qu’André Mathieu a représenté, mais plus encore, pour ce qu’il aurait pu devenir. »

Moyen privilégié de faire connaître opéras et symphonies aux mélomanes, la transcription devait connaître un véritable âge d’or au XIXe siècle. Franz Liszt y voyait plutôt une façon de s’approprier l’essence même d’une œuvre qu’il admirait. Plusieurs œuvres de Bach l’ont inspiré, dont cette fugue tirée du Prélude et fugue en la mineur BWV 543.

Sergueï Rachmaninov reste sans aucun doute l’un des pianistes légendaires du XXe siècle, avec sa technique apparemment sans faille, une indépendance des doigts qui donnait une clarté polyphonique à son jeu et un toucher d’une infinie délicatesse dans les passages plus intimes. Dans ses Moments musicaux, son écriture atteint de nouveaux sommets, tant virtuoses que poétiques. Les Quatrième et Sixième explosent d’un dynamisme intense où figures houleuse côtoient thèmes épiques et accords puissants.

Pour aborder les Tableaux d’une exposition de Modest Moussorgski, sommet du répertoire pianistique, Alain Lefèvre s’est inspiré de la version orchestrale de Ravel pour transposer les timbres dévolus aux différents instruments en une registration pianistique étonnamment variée.  » Gnomus « , portrait du magicien Chernomor, gnome difforme, nous fait plonger dans le monde presque fantasmagorique de la Nuit sur le Mont Chauve avec ses dissonances et ses chromatismes menaçants.  » Il Vecchio Castello  » évoque plutôt un univers où règne la nostalgie, dans une atmosphère d’intemporalité soutenue par la répétition inlassable d’une pédale de tonique.

Le compositeur britannique Richard Addinsell a connu son heure de gloire avec la trame sonore du film Dangerous Moonlight (1941), dans laquelle on retrouve notamment son Concerto de Varsovie. Succès renversant qui devait être enregistré plus d’une centaine de fois et cheval de bataille de nombre de pianistes pendant des décennies, le concerto est ouvertement romantique, comme en témoignent ses harmonies somptueuses et ses envolées lyriques.

© Lucie Renaud

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À propos

Alain Lefèvre
AN 2 9202-3
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