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AN 2 9295

Rive Gauche

Compositeurs
Interprètes
Date de sortie 17 mars 2015
Numéro de l'album AN 2 9295
Periodes Autres
Genres Piano

Informations sur l'album

POURQUOI COMPOSER?
J’ai toujours composé pour raconter une histoire, une histoire qui permet à l’auditeur d’y retrouver la sienne. Quand depuis bientôt un demi-siècle, on fréquente les plus grands chefs-d’oeuvre, il faut une bonne dose d’humilité et d’innocence pour offrir aux mélomanes ces moments de vie car tout ce que je compose part d’un sourire, d’un coup de téléphone, d’une émotion.

QUELLE MUSIQUE?
Classique? Certainement pas! Populaire? Non plus! Cross-over? Mais là, pas du tout. Alors? Il est certain que je marche sur une corde raide. La réponse se cache peut-être dans le fait que la composition a toujours été pour moi un exutoire à mes tristesses, mes angoisses et mes passions. Un critique musical du quotidien Le Devoir déclarait : « Il y a sûrement un romantisme revendiqué […] (mais) Fidèles insomnies est inclassable ». Je crois qu’il faut lui donner raison.

LA PAGE BLANCHE
Je n’ai pas choisi d’écrire, ce sont les thèmes qui s’imposent à moi. Le plus souvent, je me lève au milieu de la nuit et j’enregistre sur mon téléphone un thème qui arrive tout seul, sans aucune recherche. Le travail commence ensuite. C’est au moment de m’asseoir au piano que tout le bagage pianistique accumulé se met en oeuvre et que l’arsenal amassé dans le grenier de la mémoire se met à la disposition de ces thèmes pour leur donner forme, les habiller, leur prêter vie. Si le thème ne vient pas tout seul, la pièce n’aura pas lieu car composer est un moment de détente mais c’est également une forme d’exorcisme ou d’autopsychanalyse.

LE MILIEU ET LE PUBLIC
Cela m’attriste quand un certain public fait la fine bouche devant Maurice Jarre, Michel Legrand ou Alexandre Desplat ou plus près de nous, André Gagnon qui a écrit des choses vraiment superbes. Comment peut-on ne pas fondre en larmes après quelques mesures du Ne me quitte pas de Brel? Car ce que l’on retient le plus, c’est un beau thème et je pense que l’inspiration est un état de grâce. Je ne peux me retenir de redire qu’André Mathieu a été visité, souvent. Mes pièces, ce sont des films pour l’oreille, des images pour le piano.

L’ÉCRITURE
Si mes compositions racontent des histoires simples, par contre la discipline quotidienne à laquelle je m’astreins depuis des décennies ne peut pas ne pas s’immiscer dans la facture des pièces. Tous ces réseaux d’enluminures digitales apportent leurs couleurs et viennent structurer le récit. Sous leurs titres sympathiques, tous les pianistes amateurs ou professionnels qui ont voulu les jouer ont pu constater à quel point elles étaient redoutablement difficiles.

LE PROGRAMME
Le chemin
Le chemin d’une vie, c’est tout, sauf ce qui est prévisible. Vouloir se donner l’illusion de contrôler les choses par une discipline alimentaire, une hygiène de vie ou même une pratique spirituelle, il faut bien reconnaître que c’est toujours la vie qui gagne au poker de l’existence. Au milieu de la pièce il y a ce que j’appellerais le drame extrêmement brutal de l’incarnation terrestre, que ce soit la maladie, la peine d’amour, la vieillesse ou la trahison. Le chemin, c’est un peu tout ça.
(Pour Marie-Josée Dupuis et Maurice Pinsonnault)

Parsifal le chat
Au départ, la pièce devait s’appeler Le chagrin. Quand leur chat est mort, deux grands amis, Yannick et Pierre, ont été dévastés. Leur désarroi m’a fait réaliser qu’il n’y a pas d’échelle de valeur dans le deuil, il n’y a que cette indicible douleur devant la perte et l’abandon. Ce n’est ni la race, ni l’âge, ni l’humanité qui déterminent l’étendue de la peine, mais l’amour échangé. Parsifal le chat est devenue une sorte de prière pour un petit être qui a rendu deux humains très heureux.
(Pour Yannick et Pierre,
en mémoire de leur fidèle félin, Parsifal)

Ciné Lumière
Cette pièce a connu une gestation difficile. Le deuxième thème m’est venu à l’automne 1979 alors que j’étais malheureux comme les pierres à Paris. Très tôt le matin, je faisais mon jogging au Parc Monceau et la lueur des réverbères donnait à Paris un certain mystère. Ce thème n’est jamais arrivé à une conclusion et il est passé aux oubliettes. Finalement, il y a quelques mois, un autre thème m’est venu qui refusait lui aussi de se développer et de s’associer à un autre. J’ai donc pensé réunir ces deux orphelins solitaires, ces deux semblables différents et c’est ainsi qu’est né Ciné Lumière, une des pièces les plus mystérieuses et en même temps, les plus évocatrices.
(Pour Monique Poulyo et Michel Dupuis)

Rive Gauche
Il y a deux façon de voir la vie : tu peux porter des lunettes roses ou alors être conscient de la douleur des autres. Mon plus grand problème c’est d’être davantage à l’écoute des autres que de moi-même. Je n’ai aucun mérite, je suis fait comme ça, c’est ma nature ! Alors Rive Gauche, c’est l’évocation des quelques moments où je me suis senti plus léger à Paris. C’est aussi un grand cri de bonheur, de remerciement et d’amour inspiré par Paris.
(Pour Robert Peck et Maria Pantazi-Peck,
en mémoire de leur compagnon canin, Plato)

Élou
C’est une pièce qui est née après que j’aie vu un reportage consacré à une femme qui s’appelle Elourdes Pierre qui elle aussi s’occupe beaucoup des enfants. Ce qui m’a le plus impressionné chez elle, c’est la conscience qu’elle a de sa responsabilité face à leur avenir. Élou a compris que c’est le futur que nous hypothéquons si nous ne leur fournissons pas les raisons de croire à la vie et que gâcher ces enfants, c’est renoncer à l’espoir.
(Pour Alain Simard et Elourdes Pierre)

Paris de mes souvenirs
À Paris, j’avais trouvé un thème en 1982 pour le grand violoniste Christian Ferras qui m’avait invité à partir en tournée avec lui à l’automne. Ferras savait que je composais et il avait accepté de la donner en rappel. Ce grand maître, hélas, s’est enlevé la vie et ma pièce est restée au fond de mes tiroirs toutes ces années. À l’automne 2014, j’ai joué avec Angèle Dubeau à la Fête de la Musique de Tremblant et son jeu magnifique m’a ému à un tel point qu’il m’a inspiré à mener à terme cette pièce, en souvenir de tout l’amour que j’ai eu pour cette légende.
(Pour Angèle Dubeau, en remerciement de sa grande
complicité musicale)

Au bout de mes rêves
C’est l’histoire d’une rencontre avec une femme exceptionnelle, Fabienne Dor qui elle aussi est partie de manière dramatique et brutale après une longue maladie. Fabienne était un être d’exception, d’une grande pureté, un des êtres les plus droits que j’ai rencontrés, une grande dame. Malgré les circonstances, je ne voulais pas que la pièce soit triste mais qu’au contraire, elle soit lumineuse et
légère. Johanne Martineau a mis des paroles sur ma musique et cadeau ultime, c’est la fille de Fabienne, Léane, qui il y a dix ans l’a enregistrée pour sa mère. Elle la reprend ici pour l’offrir maintenant au grand public.
(À la mémoire de Fabienne Dor)

Mad About You (A Nod to Elton John)
Dans cette grande mouvance de l’époque de King Crimson, Genesis, Pink Floyd, Emerson, Lake and Palmer et Elton John, tous ces musiciens ou presque avaient reçu une formation classique et je m’amusais à retracer tous les trucs qu’ils avaient empruntés au classique pour les intégrer au pop. Sous ces allures spectaculaires, E.J. a presque toujours su trouver ce je ne sais quoi qui vous installe une tune dans l’oreille et n’en veut plus sortir. Ce clin d’oeil est donc un voyage à rebours où je m’amuse à retrouver une façon rock de traiter le piano à la manière de Billy Joel ou du grand Elton.
(En hommage à Elton John)

Time Out
Titre de l’album de jazz sans doute le plus populaire de tous les temps, cette pièce, bien plus qu’un pastiche, est un hommage au grand Dave Brubeck (1920-2012). Je me suis promis que tous mes disques de compositions comprendraient une pièce de jazz parce que le pianisme de jazz me fascine. Si Horowitz et Rubinstein se rendaient à Harlem pour entendre Art Tatum et que Glenn Gould adorait Bill Evans, très modestement je m’inscris à l’ombre de mes grands devanciers pour proclamer que Alone again de Bill Evans est un monument que j’aime et que j’admire. Une inspiration.
(Pour George Hanson)

© Georges Nicholson

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À propos

Alain Lefèvre
Alain Lefèvre

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