fbpx
AN 2 9281

André Mathieu: Concerto no 4; Oeuvres pour orchestre

Informations sur l'album

Le pianiste Alain Lefèvre offre un programme entièrement consacré à André Mathieu, enregistré en concert avec le Chœur et l’Orchestre symphonique de Tucson (Arizona) sous la direction du réputé chef d’orchestre George Hanson. En première mondiale, le Concerto pour piano no 4, une œuvre récemment redécouverte, représentative du  » romantisme moderne  » d’André Mathieu, et peut-être la plus audacieuse du compositeur.

Le 22 mars 2003 le pianiste Alain Lefèvre est en Allemagne, soliste invité de l’Orchestre symphonique de Nuremberg dans le Concerto de Grieg. Le chef annoncé, Victor Pöhl, est indisposé. George Hanson accepte de le remplacer au pied levé. L’entente entre les deux musiciens est impressionnante, une amitié s’amorce, des collaborations s’annoncent. Directeur musical du Tucson Symphony Orchestra, Hanson invite Alain Lefèvre la saison suivante dans le Concerto en fa de Gershwin. Comme Alain Lefèvre vient de lancer son enregistrement du Concerto de Québec d’André Mathieu, il offre à Hanson d’ajouter cette œuvre inconnue au programme des 18, 19 et 21 novembre 2004. Coup de dés puis coup de foudre : le public, la critique et le Tucson Symphony Orchestra sont emportés par la déferlante André Mathieu/Alain Lefèvre.

Alain Lefèvre est évidemment invité pour l’ouverture de la saison 2006-2007. George Hanson lui propose la Rhapsody in Blue de Gershwin. Celui qui s’est juré de réhabiliter André Mathieu suggère d’inclure la Rhapsodie romantique, qu’il vient d’enregistrer avec l’OSM. De nouveau, Mathieu enthousiasme les Américains.

Mais en juillet 2006, Alain Lefèvre a entendu l’enregistrement par André Mathieu lui-même de son Concerto no 4 (version piano solo), œuvre que l’on avait cru à jamais perdue, et il n’en faut pas plus pour que notre visionnaire mette en branle sa machine à rêver.

Concerto pour piano no 4: Première mondiale

Alain Lefèvre a bien perçu l’ouverture d’esprit de George Hanson mais cette fois, l’envergure du projet est tel qu’il faut la foi du croisé, la ferveur du converti et la détermination d’un politicien pour le mener à terme. Le projet se décline comme une course à obstacles en quatre temps : vendre à l’orchestre un programme tout Mathieu, enregistrer les trois concerts et en faire un disque, sponsoriser le premier enregistrement commercial de l’histoire de l’orchestre et établir la partition du Concerto no 4, qui n’existe pas encore !

Travelling arrière : 21 septembre 2005, Salle André-Mathieu de Laval. Ce soir-là, Alain Lefèvre, pianiste invité pour l’ouverture de la saison de l’Orchestre symphonique de Laval, a inscrit le Concerto de Québec. À la fin du concert, un couple s’attarde. Lefèvre comprend que la femme veut lui parler. Visiblement émue, elle lui dit qu’elle a connu André Mathieu et qu’elle a même été son dernier amour. La dame lui tend un sac en lui disant que cela lui revient. Alain lui demande une adresse ou un numéro de téléphone pour pouvoir la remercier, mais son compagnon, mal à l’aise, l’entraîne et met fin à la rencontre. Dans ce sac, entre deux morceaux de carton brun : cinq disques avec, sur les pastilles, l’écriture d’André Mathieu. Quatre œuvres se partagent les dix faces : la Laurentienne de 1946, la Sonate pour violon et piano de 1944 et des extraits du Trio de 1949. Mais la surprise, l’étonnement, le choc, ce sont les quatre dernières faces qui les contiennent. Sans erreur possible, de son écriture hiéroglyphique, Mathieu a inscrit : Concerto no 4.

Alain Lefèvre croit d’abord tenir une autre version du Concerto de Québec, aussi appelé Symphonie romantique, Concerto romantique, Concerto no 3, pourquoi pas une autre version de l’œuvre fétiche, le génie d’improvisation d’André Mathieu étant bien documenté. Mais après avoir fait transcrire les quatre faces, c’est pourtant bien une œuvre nouvelle, inconnue, forte, peut-être la plus audacieuse de Mathieu qui se dévoile. Le deuxième mouvement, André Mathieu l’a retravaillé plus tard pour en tirer la Rhapsodie romantique, mais, avec les premier et troisième mouvements, Mathieu révèle sans doute sa meilleure œuvre, l’œuvre la plus représentative de son  » romantisme moderne « .

Flash-back : En septembre 1946 André Mathieu s’embarque pour Paris pour travailler avec Arthur Honegger. Quand il rentre à Montréal à la fin de l’été 1947, il a sans doute dans ses bagages le Concerto pour piano no 4 puisqu’il en joue deux mouvements le 8 octobre à l’émission Radio-Carabin de Radio-Canada. L’œuvre figure à tous ses programmes de 1948 à 1955. À quel moment Mathieu a-t-il gravé ces disques ? Impossible de l’affirmer, d’autant plus que Mathieu nous a laissé d’autres témoignages enregistrés de mouvements isolés et même une version abrégée du concerto. À partir de ces sources, Alain Lefèvre demande au compositeur et chef d’orchestre Gilles Bellemare de réaliser une partition, un défi colossal.

À travers ces sons grêlés, celui-ci doit prendre en dictée une œuvre complète, établir une édition piano cohérente, déduire ce qui appartient à l’orchestre et ce qui revient au piano. Une fois réalisé le partage, se substituer à Mathieu et entendre avec  » ses  » oreilles, décider de la nature des accompagnements et enfin orchestrer l’œuvre. Mais Gilles Bellemare connaît très bien l’écriture et le style pianistique du compositeur, ayant révisé la partition de la Rhapsodie romantique et publié une nouvelle édition de douze pièces pour piano de Mathieu.

Le programme arrêté, l’enregistrement décidé, la partition terminée, les trois concerts des 8, 9 et 11 mai 2008 ont été une fête que nous pouvons maintenant partager.

Scènes de ballet : œuvre pour orchestre

La composition des Scènes de ballet s’étale sur sept ans. Alors qu’il étudie à Paris (1936-1939) avec le compositeur Jacques de la Presle, André Mathieu compose sa  » Berceuse «  en mai 1938 et la dédie à son maître. André la créera à la remise des prix du Lycée Bossuet en juin 1939. Le deuxième mouvement,  » Complainte « , daté de mars 1945, apparaît pour la première fois au programme donné par André Mathieu et Gilles Lefebvre le 13 juin 1945 à Ottawa.  » Dans les Champs «  porte le même titre que le premier mouvement du Concertino no 1 et le premier mouvement de la Suite pour deux pianos. Les Mathieu fils et père ont joué ces deux œuvres très souvent. Enfin la  » Danse des Espiègles  » est une œuvre originale composée pour ces Scènes de ballet. Dans un brouillon d’une partition pour deux pianos déposée à Ottawa, Mathieu a inscrit des titres qui déroulent l’argument du ballet :  » thème de la solitude « ,  » danse de la mort par la femme « ,  » retour dans la rue et solitude « , et  » danse des trois femmes « . Les quatre pièces ont été orchestrées entre mars 1944 et le printemps 1945.

Quatre Mélodies pour chœur et orchestre

Les quatre Mélodies pour voix seule et piano ont été transcrites, harmonisées et orchestrées par le compositeur et chef d’orchestre Gilles Bellemare pour l’édition 2005 du Mondial Choral Loto-Québec. Trois d’entre elles sont dédiées à madame Rose Lallier. André Mathieu signe poème et musique de  » Oh ! Mon bel amour « . Deux manuscrits autographes donnent deux dates de composition, le 16 mars et le 16 décembre 1957 et deux dédicaces :  » À ma grande amie Rose Lallier  » et, au soprano Claire Gagnier,  » avec ma sincère admiration « .  » Les chères mains « , dédiée  » À ma mère « , et  » Il pleure dans mon cœur «  sont deux des quatre mélodies que Verlaine a inspirées à Mathieu. Les deux œuvres ont été écrites à l’été 1946. Enfin  » Si tu crois « , poème de Jean Laforest, a été composée le 18 septembre 1955 au Domaine Claire Vallée.

© Georges Nicholson, 2008

Lire la suite

À propos

Alain Lefèvre
AN 2 9288
AN 2 9288

Start typing and press Enter to search