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AN 2 2007

Brahms: Lieder

Compositeurs
Date de sortie 16 septembre 2008
Numéro de l'album AN 2 2007
Periodes Romantique
Genres Musique vocale

Informations sur l'album

En marge de ses grandes œuvres symphoniques et de musique de chambre, Johannes Brahms cultiva toute sa vie le lied comme un jardin privé. Plusieurs mois, voire des années, pouvaient parfois séparer la composition d’une chanson de sa publication, période pendant laquelle Brahms la retouchait tout en méditant ses mérites. Le premier parut en 1853; Brahms avait tout juste 20 ans. Le dernier fut édité en 1896, quelque mois avant sa mort. Pendant ces 43 ans, 33 recueils furent ainsi offerts au public, comptant en tout quelque 190 lieder.

Chez les poètes qui retinrent son attention, Brahms trouva une matière que la musique pouvait transcender. Et surtout, ce grand solitaire aux amours inaccessibles, qui cherchait consolation auprès de la nature, y reconnut des thèmes le rejoignant personnellement. La plupart de ses lieder ressassent cependant les sentiments qui le travaillaient intérieurement: la nostalgie de l’amour non partagé, la solitude de la condition humaine, l’inexorable finitude de la vie, mais aussi l’apaisement que peut procurer la nature.

Dans le présent enregistrement, les opus 69 et 86 sont tout à fait représentatifs de ces  » bouquets de chants  » brahmsiens. Par exemple, l’opus 86 commence par un poème dans lequel Brahms aura probablement retrouvé un nostalgique écho de l’attitude de Clara Schumann, de près de vingt ans son aînée, face à l’amour éperdu que, tout jeune homme, il lui avait avoué. Brahms atteint ici, par cette opposition des états d’âme des deux personnages, à une perfection dans le minimalisme digne des plus grands orfèvres. On peut aussi noter une soigneuse progression dans l’ordre des chants qui, suite au refus de la femme aimée dans le premier, passent par divers états de l’errance jusqu’à l’Aspiration à la mort (n°6, Todessehnen).

Finalisé en 1884, l’opus 91 ne compte que deux chants, mais dans lesquels deux  » voix  » d’alto, l’une humaine et l’autre instrumentale, dialoguent au-dessus du piano. Geistliches Wiegenlied (n°2, Berceuse sacrée) a été composé en 1864 pour le baptême du fils de son meilleur ami, le violoniste Joseph Joachim, dont la femme avait, paraît-il, une très belle voix de contralto, d’où l’idée d’un lied unissant voix et violon altos. Vingt ans plus tard, Brahms trouva un autre texte qui se prêtait à ce jeu, un poème de Rückert, Gestillte Sehnsucht (n°1, Nostalgie apaisée), dans lequel  » les vents murmurent une berceuse pour endormir le monde « , mais aussi la nostalgie du narrateur.

Brahms entreprit les Vier ernste Gesänge (Quatre chants sérieux, opus 121) au début de mai 1896, lorsqu’il apprit que Clara Schumann venait de subir une attaque d’apoplexie qui lui serait probablement fatale. Tant les textes bibliques, choisis par le compositeur lui-même, que la dimension contrapuntique et orchestrale de l’accompagnement de piano rappellent le Requiem allemand. Les trois premiers, extraits de l’Ecclésiaste et de l’Ecclésiastique (Siracide), évoquent différents aspects de la mort. Le troisième oppose le caractère menaçant qu’elle prend pour celui qui reste trop attaché aux choses terrestres, à la libération qu’elle devient pour celui qui a su s’en détacher. Enfin, Brahms fit du quatrième texte, citant le célèbre passage sur la charité du 1er Épître de saint Paul aux Corinthiens, un ultime chant d’espérance.

© Guy Marchand

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À propos

Marie-Nicole Lemieux
AN 2 9836
AN 2 9836

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