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AN 2 9965

Chansons galloises

Date de sortie 24 février 2009
Numéro de l'album AN 2 9965
Periodes Autres

Informations sur l'album

La culture demeure le ciment de l’identité galloise, comme en témoigne la richesse de sa poésie, de ses danses, de sa langue et surtout de sa musique. On ne s’étonnera pas alors que le Pays de Galles soit parfois surnommé  » Land of song  » ( » la patrie du chant « ). La soprano Shannon Mercer & le Skye Consort lui livrent un vibrant hommage entre musique classique et musique du monde.

Depuis la fin du XIIe siècle ou peut-être même avant, les bardes et musiciens gallois ont pris part à des eisteddfodau, festivals de littérature, de musique et théâtre, tradition qui se poursuit encore aujourd’hui.

Musique folklorique galloise

La musique folklorique galloise a été réprimée après l’Acte d’Union (1707), qui souhaitait soutenir la langue anglaise et faciliter l’essor de l’Église méthodiste. L’Église désapprouvait la musique et la danse traditionnelles, même si les chants folkloriques étaient utilisés à l’occasion comme hymnes à cette époque. Toutefois, la musique chorale demeurait en tout temps préférable à l’instrumentale et les styles musicaux traditionnels vinrent rapidement à être associés à l’ivrognerie et à l’immoralité.

Un renouveau s’amorça dans les années 1860 avec la formation de la National Eisteddfod Society, bientôt suivie par la fondation d’associations galloises, basées à Londres. Enfin, la publication d’Alawon fy Ngwlad ( » Chants de mon pays « ), une collection de chants traditionnels des années 1890 de Nicholas Bennett, fit beaucoup pour la promotion de la musique galloise.

Le Pays de Galles se plongea de nouveau dans ses racines dans les années 1960, encouragé par la popularité de l’auteur-interprète folk Dafydd Iwan. Contributeur essentiel de la scène folklorique galloise moderne, il est reconnu pour ses chansons farouchement patriotiques et nationalistes.

Chansons du Pays de Galles

Les chants choisis pour cet enregistrement datent du début du XIXe siècle et se veulent un mélange de pages familières et moins connues. Après mes recherches, je me suis découvert une passion pour la musique de mes origines. À travers l’union miraculeuse d’une mélodie magnifique, néanmoins simple, et d’une poignante poésie, ces airs tendres et lyriques sont devenus miens. Ils transcendent les époques et les genres, mais surtout racontent le périple d’un peuple honnête et passionné, en amalgamant des thèmes de jeunesse innocente et d’amour, de joie et de peine, de naissance et de mort.

Les multiples visages de l’amour servent de fil conducteur à nombre de ces chants folkloriques. On retrouve aussi bien l’amour de jeunesse sans retour dans Y Deryn Pur, Fenyw Fwyn, Ar lan y Môr ou Bugeilio’r Gwenith Gwyn que l’espoir de transformer les tristes souvenirs du passé en un futur radieux dans Y Gog Lwydlas, Y Fwyalchen ou Codiad yr Hedydd ou encore l’amour plus mûr, tel celui d’une mère pour son enfant, dans la célèbre berceuse galloise Suo Gân.

Les oiseaux s’inscrivent souvent au cœur de ces pages, même si elles ne s’attardent pas aux volatiles eux-mêmes, mais plutôt à l’image qu’ils projettent et leur capacité à porter l’espoir sur leurs ailes, comme c’est le cas dans Y Deryn pur, Y Gog Lwydlas, Y Fwyalchen et Codiad yr Hedydd.

Les souvenirs demeurent un autre thème récurrent, comme le démontre Y G?ydd, dans lequel une vieille femme s’abrutit sur son métier à tisser, tout en évoquant ses épreuves et son cœur brisé. Enfin, le tragique et lancinant Dafydd y Gareg Wen relate le vœu de David (qui aurait été un barde sur son lit de mort) de jouer de la harpe une fois de plus, alors qu’un ange apparaît pour le mener sur la route des cieux. La harpe reste un instrument important de la musique folklorique galloise et le symbole du Pays de Galles – les Gallois ont même créé une harpe, la  » telyn deries  » ou triple-harpe, possédant trois rangs de cordes.

Pour ceux qui me connaissent comme chanteuse classique, cet album de chants folkloriques gallois peut sembler étrange. Pourtant, cette musique, cette culture et ce patrimoine gallois sont justement les raisons pour lesquelles je suis devenue chanteuse. Mon lien au Pays de Galles est plutôt inusité. La mère de mon père a été laissée dans un panier sur les marches d’un orphelinat en juin 1913 à Gelligaer, Glamorgan, dans le sud du Pays de Galles. Mon père immigra à Montréal en 1967 avec ma mère et mes trois frères et sœurs ainés. La famille déménagea ensuite à Ottawa, ville où deux autres enfants sont nés – dont moi, la plus jeune. Mon père avait toujours démontré sa passion et son amour de la musique. Il découvrit la Ottawa Welsh Society et commença à chanter avec les Gwalia Singers. Petite fille, j’ai pu poursuivre cette tradition et, à l’âge de 15 ans, j’ai voyagé jusqu’à Llangollen, au Pays de Galles pour participer au Llangollen International Musical Eisteddfod. Je suis retournée au Canada en fière ambassadrice, ayant rapporté la coupe d’argent victorieuse!

Voilà la culture qui a modelé ma vie, m’a remplie de tant d’amour pour la musique et le chant. Je suis si heureuse de pouvoir réaliser cet enregistrement, hommage particulier à tous ceux qui m’ont soutenue et encouragée depuis mes débuts.

Je voudrais dédier cet album à la mémoire de mon père.

© Shannon Mercer, août 2008

Un mot au sujet des arrangements (par Seán Dagher)

Les chansons galloises peuvent être perçus comme de la musique folklorique ou classique. Quand j’ai amorcé les arrangements de ces chants pour Shannon, j’ai essayé de les situer sur la frontière entre les deux genres. En faisant appel à des musiciens que je connaissais et avec lesquels j’avais déjà travaillé lors d’explorations précédentes, je me suis retrouvé avec un violoncelle, une contrebasse, une flûte, des percussions et deux violons. L’accordéon est ensuite devenu voix intérieure de la mélodie (parfois aussi bourdon) alors que le cistre a remplacé avantageusement la guitare et le luth. La harpe, l’instrument gallois par excellence, s’est ajoutée tout naturellement au projet. Celle utilisée sur cet enregistrement est d’un modèle italien du XVIIe siècle, semblable à la triple-harpe souvent utilisée au pays de Galles.

Quand les musiciens furent rassemblés, je me suis mis à explorer quelles harmonisations et textures pourraient le mieux convenir à chaque œuvre. Plusieurs de ces chants sont bien connus parce que couramment interprétés. Nous avons donc passé pas mal de temps à décider quels éléments des arrangements précédents conserver (harmonie, contrechant, rythme) et lesquels écarter. Certaines des pages instrumentales de cet enregistrement étaient conçues pour être chantées et d’autres pour la danse. Je pense que nous avons su maintenir leur essence tout en offrant une nouvelle expérience à l’auditeur.

© Seán Dagher
Traduction: Lucie Renaud

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À propos

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