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AN 2 8833

Montréal Variations - Montréal Jazz Club Session 3

Date de sortie 13 novembre 2007
Numéro de l'album AN 2 8833
Periodes Hors période
Genres Jazz (Big Bands, Blues, R&B)

Informations sur l'album

Montréal Variations

La première d’une série d’heureuses surprises concernant l’enregistrement de cet opus fut l’empressement avec lequel les merveilleux pianistes/compositeurs que j’ai contactés ont accepté de participer à l’aventure. Il faut dire que le sujet est en or. Montréal sonne de toutes sortes d’accents, de parfums et de couleurs. Elle est simple et raffinée à la fois, même ses quelques rides nous parlent. Et dans ce village global, qu’il fait bon d’évoquer son quartier, ces rues qui ont vu nos premiers pas, nos premières amours, nos premières peines aussi… Ces lieux qui ont façonné notre essence.

Avec un tel groupe de virtuoses, on aurait pu craindre une surenchère de notes savantes, d’effets éclatants. Il n’en fut rien. Ce disque, qui se veut accessible à tous, est marqué du sceau de l’émotion et d’une juste dose de nostalgie. C’est tout à l’honneur des artistes qui ont su mettre Montréal au premier plan.

La nature même d’un enregistrement piano solo ne permit aux artistes d’échanger entre eux que lors de furtives salutations à l’entrée ou au sortir du studio. Il fallait donc trouver une manière de les regrouper. Je leur ai alors proposé d’écrire une courte variation sur un thème commun. Ces quatre notes, réminiscence du signal de départ du métro de Montréal, constituent aussi la tête du thème de la chanson officielle de Terre des Hommes dont les montréalais fêtent cette année le quarantième anniversaire.

La prise de son, comme la beauté ou les saveurs, n’est pas un dogme, mais bien une question de point de vue. Dans cet opus, j’ai voulu une sonorité sans fards, presque crue, pour donner à l’auditeur la sensation d’être à proximité de l’artiste et de son instrument.

Finalement, ce fut aussi une grande chance de pouvoir compter sur le talent exceptionnel du photographe montréalais Luc Robitaille, qui pour ce livret, a adopté une démarche photographique qui s’apparente et s’inspire du jazz.

Installez-vous confortablement et redécouvrez Montréal, guidés par les artistes du Montréal Jazz Club.

Philippe Dunnigan
Concepteur et réalisateur

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On ne se lasse jamais d’entendre ou de lire des propos au sujet des choses ou des gens qu’on aime. Il en est ainsi des villes. D’être violoniste n’a pas empêché Philippe Dunnigan, que la musique a toujours fasciné, d’être un Montréalais de cœur.

Né et élevé en Estrie, il n’a pas oublié la forte impression qu’il a ressentie la première fois où il est venu dans la Métropole. L’écoute répétée des Variations Goldberg de Bach lui a donné l’idée d’un portrait musical de Montréal.

Pour ce faire, il s’est adressé à des pianistes qu’il connaît et dont l’œuvre lui est proche. Toute liberté leur a été donnée d’évoquer un quartier, un coin de la ville qui leur est chers. Qu’il s’agisse de Lorraine Desmarais, de James Gelfand ou d’Oliver Jones, une seule obligation : créer des variations sur ce thème essentiellement urbain.

Quand on m’a approché pour écrire le texte de ce livret, j’ai tout de suite songé à Valery Larbaud :  » Des villes, et encore des villes ; j’ai des souvenirs de villes comme on a des souvenirs d’amour « . Aussi bien l’avouer, j’étais gagné à l’avance. La nature ne m’enchante qu’à petites doses alors que les villes, du moins celles qui ont su me parler, me grisent.

Montréal en fait partie. C’est dans ses murs que je suis né il y a déjà trop d’années et il y a fort à parier que c’est là que j’y laisserai mes cendres.

On peut rêver tout à son aise en écoutant ces variations montréalaises. Pourquoi le cacher, je me suis dirigé d’emblée vers le Ville-Émard la belle d’Alain Lefèvre. C’est tout bonnement que c’est dans les rues de ce secteur que j’ai été enfant et que petit à petit j’ai appris à devenir homme. Comment ne pas être mélancolique un tout petit peu ?

Je n’imagine pas qu’un Montréalais de cœur puisse être insensible à la poésie qui se dégage de cette esquisse à plusieurs voix que suggèrent les différents pianistes réunis ici. Ils ont leur sensibilité propre, ils parviennent à suggérer des coloris différents, mais ils ont cette grâce qu’apporte l’émotion. Ils démontrent à n’en pas douter qu’on est toujours de quelque part.

La preuve que Philippe Dunnigan est vraiment montréalais de cœur ? Il souhaite, lui qui est amateur inconditionnel de Pollini, d’Horowitz, de Bill Evans et d’Oscar Peterson, que ceux qui aimeront ce disque poursuivent l’incursion en jazz, peut-être suscitée par l’audition de quelques pièces de ce florilège, et se procurent les disques passés ou présents de ces amants de la musique et d’une ville. Je suis avec lui de tout cœur.

© Gilles Archambault
Ecrivain et amateur de jazz

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