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FL 2 3142

Chopin: Sonate, Polonaise brillante, Fantaisie-Impromptu, Nocturnes, Valse

Compositeurs
Date de sortie 25 septembre 2001
Numéro de l'album FL 2 3142
Periodes Romantique

Informations sur l'album

Le violoncelle occupe une place privilégiée dans l’œuvre de musique de chambre de Chopin. Mais l’intérêt des violoncellistes pour l’œuvre pianistique du compositeur a également suscité de nombreux arrangements qui enrichissent le répertoire du violoncelle tout en mettant en valeur son profond lyrisme et ses qualités expressives. Dans le présent enregistrement, les plus belles pages issues de ces deux manifestations de l’art chopinesque feront découvrir à l’auditeur l’univers à la fois intime et virtuose du compositeur polonais.

Musique de chambre avec violoncelle

La Polonaise brillante pour piano et violoncelle op. 3 fut écrite en 1829 lors d’un séjour chez le prince polonais Radziwill, alors que Chopin n’avait que 19 ans. À cette première ébauche, il ajoutera l’année suivante une Introduction et dédiera l’ensemble à Josef Merk, célèbre violoncelliste et compositeur viennois.

Dans une lettre adressée à sa famille et écrite à Vienne en 1831, Chopin raconte qu’il a accompagné Merk au piano lors d’une soirée chez le collectionneur d’art et violoncelliste amateur Aloïs Fuchs. Dans cette même lettre, Chopin révèle que Merk est le premier grand violoncelliste qu’il a l’occasion d’admirer de près. Le délicieux lyrisme du compositeur s’exprime dès les premières mesures de l’Introduction (Lento): le thème chantant du violoncelle suscite immédiatement une fine paraphrase au piano, liant étroitement les deux instruments. Suivant l’exposition de cette douce mélodie, la musique s’intensifie: une section fougueuse marquée par de grands sauts au violoncelle est accompagnée au piano par des accords répétés. Dans la Polonaise (Allegro con spirito) qui succède à cette Introduction, le mouvement irrésistible et hautement caractérisé de la danse est d’abord entendu au piano. Dans un rythme toujours soutenu et enlevé, mélodie et accompagnement passent alors d’un instrument à l’autre jusqu’à la clôture de l’œuvre.

La Sonate pour violoncelle et piano op. 65 date de 1846. Œuvre de maturité (Chopin a maintenant 36 ans), elle tient une des premières places dans tout le répertoire pour violoncelle. Dédiée à Auguste Franchomme, professeur au Conservatoire de Paris et violoncelliste au sein de l’Orchestre de Paris et du Théâtre Italien, elle reflète sans doute les dons exceptionnels de cet interprète dont l’intonation, semble-t-il, était parfaite et le phrasé, remarquable de lyrisme.

Les mélodies saisissantes du violoncelle, l’écriture pianistique étonnamment brillante, la symbiose des timbres et la variété des traits, parmi lesquels on remarque de brefs passages en doubles cordes dans les 2e et 4e mouvements, captivent l’attention de l’auditeur du début à la fin. On a souvent vanté la splendeur du premier mouvement (Allegro moderato), où les quatre mesures d’introduction au piano rappellent irrésistiblement l’ampleur de l’orchestre.

Le Scherzo (deuxième mouvement) établit d’abord le rythme de la mazurka avec un passage en notes répétées, cédant ensuite la place à une valse lente caractérisée par un dialogue en canon entre le violoncelle et la basse du piano. Le mouvement se termine sur la reprise du passage initial en notes répétées. Le troisième mouvement (Largo), délicate miniature au thème rêveur, est également construit en forme de dialogue entre les deux instruments.

Enfin, l’œuvre clôt avec le Finale en forme de rondo-sonate, dont l’impeccable symétrie met en valeur non seulement le lyrisme abondant du compositeur, mais aussi sa maîtrise des structures formelles de la sonate.

Les arrangements pour violoncelle des œuvres pour piano

Comme nous l’avons mentionné plus haut, les violoncellistes n’ont pas limité leur intérêt aux seules œuvres du compositeur où figure pré-éminemment leur instrument : leur quête de répertoire s’étend également aux œuvres originellement écrites pour le piano. Ainsi Franchomme a-t-il réalisé, soit en vue de publication, soit pour son usage personnel, plusieurs arrangements pour violoncelle et piano à partir des œuvres pour piano solo de Chopin.

Deux violoncellistes-compositeurs, l’Allemand Friedrich Grützmacher et l’Américain d’origine ukrainienne Gregor Piatigorsky ont adapté ses nocturnes et ses valses. Sans doute furent-ils fascinés par les mélodies chopinesques, inspirées de l’opéra italien et dont l’interprétation au violoncelle s’avère particulièrement heureuse: d’après les élèves du compositeur, le piano sous ses doigts n’avait rien à envier au legato d’un art vocal des plus accomplis et Chopin associait les sons musicaux aux paroles en adaptant le principe de la respiration au jeu instrumental.

La mélodie lancinante du Nocturne en do dièse mineur (1830) illustre bien cette esthétique particulière. Ses nombreux sauts d’octave sont modelés sur l’élan du souffle nécessaire à la réalisation des grands intervalles que pratiquent les chanteurs. Au violoncelle, le jeu de l’archet reproduit merveilleusement ces élans. Le critique musical Jean Chantavoine rapporte, non sans romantisme, que Chopin aimait ces ardents cantabile à la Bellini ou Rossini qui portent jusqu’à la note culminante, l’effort d’une passion offerte pour retomber ensuite en une suppliante pâmoison.

Dans la Fantaisie-Impromptu op. 66 (quatrième et dernier impromptu composé par Chopin), la spontanéité et la légèreté des doubles croches conduisent à une déclamation sans relâche, inspirée cette fois du récitatif de l’opéra.

Finalement, parmi les valses, celle de l’opus 34 no 2 se prête sans doute le mieux au timbre particulier du violoncelle: dans la partition originale, le thème initial au contour sinueux est élaboré dans le registre médium grave du piano, registre de prédilection du violoncelle. Le timbre et le lyrisme du violoncelle alliés à l’écriture pianistique brillante de Chopin constituent l’idéal des violoncellistes qui ont exploité et exploitent toujours les qualités de leur instrument. Selon le pianiste et pédagogue Marmontel, les phrasés du chant, associés aux arabesques ingénieuses qui caractérisent le style pianistique du compositeur polonais, sont le comble de l’art. Cette esthétique représente, indéniablement et plus que toute autre, l’art de Chopin.

© Claudine Caron, juin 2001, pour Traçantes, Service de rédaction et de traduction de la Société québécoise de recherche en musique.

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AN 6 1025
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