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AN 2 9262 Prix Azrieli Vol. 2

Nouvelle musique juive, Vol. 2 - Les Prix Azrieli de musique

Informations sur l'album

Les Prix Azrieli de musique (PAM)

Créés en 2014 à l’initiative de la Fondation Azrieli, les Prix Azrieli de musique (PAM) ont pour vocation de favoriser la découverte, la création, l’interprétation et la célébration de l’excellence de la nouvelle composition musicale.

Deux prix internationaux célèbrent l’excellence de la nouvelle musique juive : le Prix Azrieli pour la musique juive, décerné au compositeur de la meilleure œuvre majeure de musique juive, et la Commande Azrieli de musique juive, concours ouvert aux compositeurs dans le but de susciter une réflexion aussi bien créatrice que critique autour de la question : « Qu’est-ce que la musique juive ? »

Un troisième prix, la Commande Azrieli de musique canadienne, a été créé en 2019 afin d’encourager les compositeurs canadiens à mener, à travers la production d’une nouvelle œuvre musicale, une réflexion à la fois créatrice et critique autour de la difficulté de composer une musique de concert au Canada aujourd’hui.

La soumission des projets, partitions et documents de support est acceptée de la part d’individus et de compositeurs sans conditions d’âge, de confession religieuse, d’origines ou d’affiliation. Les candidatures pour les deux premiers prix sont évaluées par le jury des PAM pour la musique juive, et celles pour la Commande Azrieli de musique canadienne par le jury des PAM pour la musique canadienne. Les deux jurys sont composés d’un panel d’experts réputés issus des domaines de la création, de la performance et de la recherche musicales.

Les trois prix sont décernés aux compositeurs dont les créations font preuve de grande créativité, de finesse artistique et d’excellence musicale. Une récompense de 50000 $ est attribuée aux lauréats, dont l’œuvre primée sera interprétée en avant-première à Montréal, puis à l’occasion de concerts internationaux, et fera l’objet d’un enregistrement commercial à paraître sous étiquette Analekta.

Les PAM visent également à sensibiliser le public à l’attrait universel et à l’importance artistique des musiques juive et canadienne, à travers des spectacles, des enregistrements, des conférences de compositeurs, des groupes de discussion et d’autres types de programmation.

Pour plus d’informations sur les Prix Azrieli de musique, rendez-vous sur azrielifoundation.org

En el escuro es todo uno (Dans le noir tout est un) de Kelly-Marie Murphy

Le répertoire de Kelly-Marie Murphy est large. Il comporte des œuvres concertantes pour harpe et orchestre (And Then at Night I Paint the Stars, 2002), ainsi que pour violoncelle et orchestre (This is the Colour of My Dreams, 1997). Ici, elle combine ces deux instruments solistes dans une seule et unique composition, un double concerto pour harpe et violoncelle intitulé En el escuro es todo uno (Dans le noir tout est un). Cette œuvre, qui lui a permis de remporter la Commande Azrieli de musique juive 2018, a été interprétée en première mondiale par l’Orchestre de chambre McGill (désormais appelé Orchestre classique de Montréal), sous la direction de Yoav Talmi, lors du concert des Prix Azrieli de musique donné à Montréal le 15 octobre 2018, avec les solistes Rachel Mercer (violoncelle) et Erica Goodman (harpe). S’il s’agit sans doute du seul concerto du genre dans le répertoire, il existe toutefois un duo formé de ces deux instruments, nommé Couloir et composé de la harpiste Heidi Krutzen et du violoncelliste Ariel Barnes, que Kelly-Marie Murphy avait en tête au moment d’écrire son œuvre. C’est donc leur interprétation de ce double concerto qui vient magnifier cet enregistrement.

Le titre de l’œuvre est inspiré d’un proverbe sépharade qui, selon Mme Murphy, nous incite à comprendre que nous sommes tous égaux une fois retirés des carcans socio-économiques, nos similitudes étant plus nombreuses que nos différences. Chacun des quatre mouvements s’inspire de mélodies sépharades, plus particulièrement de mélodies en ladino, ce dialecte des Juifs de la péninsule ibérique. « J’ai choisi des mélodies traitant de la vie des femmes et de l’importance de la maternité, ce dernier concept pouvant être aussi littéral que la relation mère-enfant, ou figuré comme le serait Israël, mère de la foi juive. »

Le premier mouvement reprend une lamenta bulgare, « généralement lente et lyrique, mais souvent interrompue par une rythmique inégale et sonore, mentionne la compositrice. Nous remarquons ces interruptions, mais sans perdre le fil de la progression, illustrant ainsi notre capacité à dépasser la brutalité et la tristesse qui marquent nos vies et notre histoire. » Les premiers mots en sont « Mère, Mère, la pluie coule des cieux, et les larmes de mes yeux. »

Kelly-Marie Murphy poursuit : « Si veriash a la rana est une mélodie enfantine en ladino couramment chantée en Turquie et dans les Balkans. Cette mélodie didactique est rapide, rythmique et amusante. Elle enseigne aux filles comment s’amuser tout en accomplissant leurs tâches domestiques dans la cuisine, qu’elles partagent avec leurs sœurs. » Une introduction soliste fondée sur des modes liturgiques cède le pas à une musique dansante évoquant la mélodie populaire.

Le troisième mouvement, intitulé Yigdal, est une cadenza pour les deux instruments solistes, accompagnés au vibraphone. La musique est modale, et comporte des rappels de l’Yigdal, prière liturgique ou hymne exprimant la foi d’Israël dans son Dieu, telle qu’elle est chantée à Constantinople.

Le dernier mouvement s’inspire de deux mélodies : Noches, noches, buenos noches, une romance provenant probablement de Sarajevo, et Ven Chicka Nazlia (« Viens, petite aguichante »), une chanson de séduction amusante d’origine turque. Ce mouvement, enchaîné à la cadenza précédente, débute par un canon lent et atmosphérique sur le thème de Noches, noches. Le reste du mouvement, qui s’inspire pour sa part de la mélodie souriante et animée de Ven Chicka Nazlia, permet de conclure avec enthousiasme le concerto.

Nigunim (Concerto pour violon n° 2) d’Avner Dorman

La troisième sonate pour violon d’Avner Dorman, Nigunim, a été interprétée pour la première fois à New York en 2011 par Gil et Orli Shaham, pour qui elle a été composée. En 2014, le compositeur a transcrit pour orchestre la partie de piano, avant de la réviser en long et en large en 2017 et d’en faire une version qui a remporté l’édition 2018 des Prix Azrieli de musique juive. Cette version a été interprétée pour la première fois par l’Orchestre de chambre McGill (devenu l’Orchestre classique de Montréal), sous la direction de Yoav Talmi, lors du concert des Prix Azrieli de musique 2018, avec la violoniste soliste Lara St. John.

Le compositeur nous explique : « J’ai tenté de faire ressortir les éléments populaires et rythmiques grâce à l’orchestre, notamment en faisant jouer les instruments dans des tessitures inhabituelles et au moyen de techniques non orthodoxes. Je crois que mon plus grand défi aura été de préserver le rôle d’accompagnement de la partie originale pour piano, sans pour autant que l’orchestre n’enterre le violon, dans un équilibre qui rapproche la pièce de ce que serait un vrai concerto. »

Les nigunim (pluriel de nigun, que l’on écrit aussi niggun) sont une sorte de chants liturgiques juifs, improvisés dans la plupart des cas, qui comportent souvent des sons répétés comme « bam-bam-bam » et « doï-doï-doï ». Ils peuvent être mélancoliques et pieux, ou joyeux et dynamiques. Sur le site internet myjewishlearning.com, James Loeffler nous apprend que les nigunim sont « souvent décrits comme étant des prières mystiques musicales, ou une forme d’expression spirituelle se passant de mots. Ces chants sont composés de plusieurs phrasés mélodiques généralement chantés sans paroles ni accompagnement. Leur interprétation repose sur un style vocal expressif et unique, recourant à des inflexions marquées, rappelant ce chant des chantres décrit par les termes yiddish krekhts (gémissement, soupir ou sanglot) et kneytsh (pincement). »

Avner Dorman raconte : « Avant de composer Nigunim, j’avais décidé d’explorer une gamme de traditions musicales juives d’un peu partout dans le monde et de voir comment chacune se raccordait à des sources plus larges. À ma grande surprise, j’ai découvert des similitudes musicales entre les chants juifs d’Afrique du Nord, les chants de mariage juifs d’Asie centrale, la musique klezmer et les prières ashkénazes. Je n’ai employé aucune mélodie juive existante dans Nigunim, mais les principaux modes et les phrasés mélodiques de la composition empruntent à ces éléments communs. Par ailleurs, certaines parties de la composition s’inspirent de traditions musicales locales non juives : ainsi, le deuxième mouvement reprend les principes rythmiques et harmoniques des chansons populaires géorgiennes, alors que le quatrième mouvement évoque les danses macédoniennes. »

Sept Tableaux du Cantique des Cantiques de Srul Irving Glick, arrangement pour soprano, piano et orchestre à cordes par François Vallières

Le texte biblique le Cantique des Cantiques (comprendre : le meilleur des cantiques) est composé de poèmes d’amour qui, sur huit chapitres, glorifient le mystère et le pouvoir de l’amour humain et du désir sexuel, perçus comme des dons de Dieu. L’Ancien Testament attribue l’origine de ces textes à Solomon, bien qu’il n’en soit pas le narrateur (« Le bien-aimé »). Il n’y est d’ailleurs que peu mentionné, même si le texte laisse transparaître son legs en tant qu’homme de grande sagesse et son amour du savoir.

Dans le Cantique des Cantiques, l’amour du couple est une puissante métaphore de l’amour transcendantal divin qui se répandra un jour dans le monde entier. Dès lors, quoi de mieux pour un homme de notre époque que de célébrer une étape importante de son mariage en demandant à un compositeur de renom de mettre en musique certains de ces textes pour exprimer son amour pour sa femme ? C’est exactement ce qu’a fait Garson S. Conn en l’honneur de son épouse Jean à l’occasion de leur 30e anniversaire de mariage, en invitant le compositeur Srul Irving Glick à proposer ses Sept Tableaux du Cantique des Cantiques. Une partie du cachet de l’artiste a été prise en charge par la Laidlaw Foundation suite à une demande de la part de Syrinx Concerts Toronto, pour cette œuvre dédiée à la « chère amie » du compositeur, Sara Wunch, devenue sa femme par la suite.

Composée en 1992, l’œuvre Sept Tableaux du Cantique des Cantiques a été interprétée pour la première fois au Jane Mallett Theatre de Toronto le 28 novembre de la même année. Avec son orchestration originale pour soprano et trio avec piano, la composition a été jouée en avant-première par Valerie Sirén (soprano), Luiz Grinhaus (violon), Leo Grinhauz (violoncelle) et Berta Rosenohl-Grinhauz (piano). Au début de l’année 2019, François Vallières a arrangé la partition pour voix, piano et orchestre à cordes spécialement pour cette enregistrement.

Comme Franz Schubert et Robert Schumann, ses illustres prédécesseurs qui ont marqué l’histoire du Lied, Srul Irving Glick a recours à divers motifs mélodiques et rythmiques afin que chaque cantique revête un caractère unique, ainsi qu’à des préludes, des interludes et des postludes instrumentaux pour séparer les différents passages de texte. L’élément instrumental ne se contente pas d’accompagner la ligne vocale : il fait office de véritable partenaire pour la voix avec laquelle il interagit, tandis que les lignes vocales, à la fois reconnaissantes et tendrement lyriques, permettent de ne pas s’éloigner du sujet. Les indications d’interprétation comme « tendrement », « avec expressivité », « avec intensité », « avec exubérance » et « sereinement, avec passion » soulignent à quel point le compositeur est attaché à la qualité et au message inhérent aux textes qu’il transpose en musique.

D’après Maestro Boris Brott, Sharon Azrieli a préparé cet enregistrement de façon « consciencieuse, minutieuse et réfléchie ». Il poursuit : « elle a abordé chaque phrase avec nuance et sensibilité. Il s’agit clairement de la meilleure interprétation de la composition de Glick à ce jour, et je suis fi er d’avoir collaboré avec elle sur ce projet. »

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À propos

Boris Brott
Orchestre classique de Montréal
Kelly-Marie Murphy
Avner Dorman

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