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Trahisons

Informations sur l'album

Extraite d’un vieux conte celtique relatant un amour adultère tragique, des mythes grecs sur les amours empêchées ou d’une légende espagnole médiévale qui traite d’un coureur de jupons dont les aspirations amoureuses incessantes ne peuvent se résoudre que dans la mort, la musique orchestrale présentée ici reste profondément enracinée dans la richesse et l’intensité du romantisme du XIXe siècle. Le jeune chef d’orchestre Jean-Philippe Tremblay dirige avec brio ces œuvres interprétées par l’Orchestre de la Francophonie Canadienne.

Strauss : Don Juan

Écrit par Strauss à 25 ans, Don Juan a été créé en 1889 à Weimar. L’œuvre devait immédiatement être considérée comme celle d’un compositeur mature. Plusieurs fois au cours de sa carrière, Strauss devait revenir à la forme du poème symphonique, d’abord utilisée par Liszt.

La forme du poème symphonique, œuvre orchestrale en un mouvement basée sur un thème extra-musical, a permis à Strauss de créer des pages orchestrales extravagamment orchestrées et une musique émotionnellement rhapsodique qui devaient s’éloigner de plus en plus des normes de la fin du XIXe siècle par son harmonie, sa mélodie et sa forme. La musique de Strauss a été considérée sommet du modernisme européen jusqu’à ce que sa réputation et son ascendant déclinent vers la fin de sa vie, éclipsés par les innovations avant-gardistes de compositeurs tels Arnold Schoenberg.

Plusieurs artistes ont traité la légende de Don Juan, qui a vu le jour en Espagne, dont Byron, Molière et bien sûr Mozart dans Don Giovanni. Dans la version de Strauss, basée sur des fragments d’un poème épique écrit par le poète austro-hongrois Nikolaus Lenau en 1843, le légendaire coureur de jupons est condamné à chercher sans répit à atteindre son idéal féminin. Quand la beauté n’enchante ou ne satisfait plus, le héros est prêt à accepter la mort.

Wagner : Tristan et Isolde

Le livret de Tristan et Isolde est basé sur une légende celte qui raconte l’histoire tragique de Tristan, un chevalier, amoureux d’Isolde, une princesse irlandaise déjà fiancée au roi Marke. Quand le roi Marke découvre la vérité, il blesse mortellement Tristan qui rendra l’âme dans les bras d’Isolde.

Le thème de l’adultère ne pouvait que se révéler porteur pour Wagner, le compositeur ayant amorcé une relation extraconjugale avec Mathilde Wesendonck (épouse d’un mécène) alors qu’il travaillait à son opéra, relation qui sera suivie d’un autre amour interdit avec Cosima, fille de Liszt.

Créé en 1865, orchestré de façon étonnante et faisant voler en éclats les précédentes tentatives harmoniques et formelles, Tristan est considéré un accomplissement artistique des plus sublimes. L’utilisation marquée des dissonances et du chromatisme devait secouer les fondements de la tonalité occidentale. Présenté pour la première fois dans le prélude au premier acte, le célèbre accord non résolu de Tristan symbolise pour plusieurs les fondements de l’atonalité du XXe siècle. Ses harmonies dissonantes non résolues sont reprises continuellement à travers l’opéra, affirmant une tension tant émotionnelle que musicale qui ne se résoudra qu’à la toute fin tragique de l’œuvre.

Dubois : Adonis

On connaît mieux la carrière d’organiste et de pédagogue influent de la fin du XIXe siècle de Théodore Dubois que ses dons de compositeur. Même la date de composition d’Adonis reste inconnue. Dubois a privilégié plusieurs formes musicales dont la symphonie, l’opéra et le ballet, mais seuls son oratorio Les sept paroles du Christ et une toccate pour orgue sont occasionnellement entendus en concert aujourd’hui.

Adonis est l’une des figures mythiques classiques les plus complexes. Quand les Grecs se sont approprié son histoire, ils l’ont de plus en plus associée aux femmes et la majorité des versions retenues traitent de renaissance et d’éveil.

Adonis est conçu en trois sections, dont les titres font référence à la mort d’Adonis dans les bras d’Aphrodite, déesse de l’amour, à une complainte décrivant comment les gouttes de sang du dieu se métamorphosent en fleurs, et sa renaissance annuelle, alors qu’il s’échappe du royaume de l’enfer dirigé par Perséphone.

Champagne : Hercule et Omphale

Né à Montréal, Claude Champagne est peut-être, tout comme Dubois, mieux connu pour l’influence importante qu’il a exercée en tant que pédagogue. Hercule et Omphale a été écrit en 1918, alors que Claude Champagne était âgé de 27 ans. Les dons évidents manifestés dans cette œuvre de jeunesse devaient lui permettre de recevoir les encouragements de Rachmaninov, à Paris, en 1921.

Hercule était l’un des dieux grecs anciens les plus populaires et des pages de sa vie – particulièrement ses célèbres douze travaux – ont été narrées à de nombreuses reprises. Le titre du poème symphonique de Champagne fait référence à l’inversion des rôles. Hercule est vendu à Omphale par le dieu Hermès. Il devient son esclave et, dans certaines versions, ils échangent leurs vêtements : Hercule s’habille en femme alors qu’Omphale porte la peau de lion et sa massue. Après trois ans, ils deviennent amants.

« Hercule et Omphale est basé sur deux idées : la virilité et la féminité. La dualité entre ces idées est exprimée par la musique. Le thème d’Hercule symbolise la force et celui d’Omphale le charme. Ces deux idées combattent jusqu’au triomphe ultime du charme sur la force. Ce poème symphonique est essentiellement un dialogue entre les deux thèmes « , explique le compositeur.

© Seth Cooper
Traduction : Lucie Renaud

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