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AN 2 8816

Tchaïkovsky: La Dame de pique

Date de sortie 19 février 2002
Numéro de l'album AN 2 8816
Periodes Romantique

Informations sur l'album

La Dame de pique
Gabriel Thibaudeau, adaptation

Inspiré d’une nouvelle écrite il y a plus de 150 ans par Alexandre Pouchkine, le ballet La Dame de pique, conçu et chorégraphié par Kim Brandstrup, vous convie à explorer une nouvelle dimension du thème éternel de la volonté de l’homme face à son destin.

Leningrad, 1938. Hermann, un jeune soldat de l’armée soviétique, apprend le secret de trois cartes gagnantes que détient une vieille Comtesse. En séduisant sa jeune dame de compagnie, Lisa, il peut approcher la Comtesse afin qu’elle lui révèle son secret. Dans un moment de folie, Hermann menace la Comtesse. Terrifiée, celle-ci s’effondre et meurt. Harcelé par les remords et le désespoir, Hermann a une vision où la Comtesse lui pardonne et lui dévoile son secret. À moitié fou, il se précipite à la maison de jeu. Dans un dénouement dramatique, Hermann découvre à ses dépens que l’homme ne peut jouer avec sa destinée.

La première mondiale eut lieu le 18 octobre 2001 au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts à Montréal. Orchestration Quand en mai 2000, on me demanda d’adapter l’opéra de Tchaïkovsky La Dame de pique, je me suis longtemps posé la question: adapter, est-ce trahir? L’opéra lui-même étant inspiré d’une nouvelle de Pouchkine, de concert avec le chorégraphe Kim Brandstrup, j’ai décidé d’aborder cette commande en préservant le plus possible la musique du compositeur. Cependant, pour rendre le matériel plus conforme aux besoins du ballet, il a fallu retrancher beaucoup d’éléments (l’opéra dure plus de 3 heures, le ballet 80 minutes) tout en conservant un sens musical. Et comme l’avait fait Tchaïkovsky en s’inspirant de la nouvelle, j’ai forcément composé de nouvelles pièces pour préserver la tension dramatique du texte de Pouchkine.

L’orchestration de la présente œuvre est sensiblement la même que l’opéra à quelques exceptions près. On remarquera l’usage, dans la deuxième et cinquième scène, de l’accordéon, instrument souvent associé au folklore russe. Pour l’air de la Comtesse, dans la quatrième scène, j’ai choisi la flûte alto en sol. Sonore dans le grave mais néanmoins fragile, ce timbre me semblait approprié pour exprimer la complexité du personnage. Entre deux grands airs romantiques, dans la sixième scène, un duo de violoncelle solo et d’un ostinato de cloche tubulaire crée un pont musical d’une grande force émotive par son dénuement inusité.

Bien que Tchaïkovsky fut un compositeur romantique, il a utilisé dans son opéra plusieurs langages musicaux pour illustrer son propos: chants orthodoxes, musique de salon, danses folkloriques et même pastiches de Mozart. Tchaïkovsky tenait ce dernier pour le plus grand compositeur de tous les temps et avait alors voulu lui rendre hommage. On retrouve ces éléments mozartiens dans la troisième scène du ballet. Poursuivant la démarche déjà amorcée par Tchaïkovsky et en adaptant des thèmes de ce dernier, j’ai composé toute la scène finale en m’inspirant de… Prokofiev! De tout temps, l’adaptation, loin de trahir l’œuvre originale, a permis plutôt de la transmettre mais avec un point de vue différent. La vie ne se transmet-elle pas ainsi? Vive… la musique!

Les Grands Ballets Canadiens de Montréal

Fondés en 1957 par Ludmilla Chiriaeff, Les Grands Ballets Canadiens de Montréal ont joué un rôle majeur dans l’évolution de la danse au pays. Admirée pour son habileté à combiner tradition classique et ballet contemporain à travers son répertoire unique, la compagnie, placée sous la direction artistique de Gradimir Pankov, jouit désormais d’une reconnaissance internationale.

D’abord redevables à une puissante tradition classique, Les Grands Ballets Canadiens de Montréal ont interprété, à plusieurs moments de leur histoire, des chefs-d’œuvre du répertoire du XIXe siècle. Coppélia, Giselle et des extraits du Lac des cygnes constituent à cet égard certains des plus grands moments de la compagnie. Depuis les années 70, le répertoire de la compagnie s’est particulièrement enrichi d’œuvres-clés du XXe siècle, privilégiant les Balanchine, Nijinski, Fokine, Limón et Jooss. La compagnie fait appel au talent de nombreux chorégraphes d’ici et d’ailleurs. Fernand Nault, qui agit aujourd’hui à titre de chorégraphe émérite, a amorcé son travail avec la compagnie en 1964, créant le célèbre Casse-Noisette, Carmina Burana, Tommy et autres.

Un nombre considérable de chorégraphes canadiens se sont succédés aux Grands Ballets Canadiens de Montréal. Parmi les plus notables, notons Brian Macdonald, directeur artistique entre 1974 et 1978 qui a, entre autres, créé Tam Ti Delam et Double Quatuor. Les œuvres de James Kudelka, chorégraphe attitré de 1984 à 1990, figurent régulièrement au programme de la compagnie. Au cours des années quatre-vingt dix, la compagnie a commandé des œuvres originales à des chorégraphes, dont certains, comme Mark Godden, Ib Andersen et Kevin O’Day, en étaient à leurs premières armes. D’autres, plus reconnus, ont vu en la compagnie l’occasion de s’adapter à un climat de création différent de celui dans lequel ils sont habitués à œuvrer, comme Édouard Lock, Jean Grand-Maître, Ginette Laurin, Mark Morris, Nacho Duato, Jirí Kylián, Ohad Naharin, etc. La compagnie accorde ainsi une place privilégiée aux chorégraphes canadiens et de renommée internationale.

Au mois de janvier 2000, la compagnie accueillait un nouveau directeur artistique, Gradimir Pankov. Originaire de Macédoine, il se consacre à la danse depuis plus de 40 ans. Il a d’abord connu une brillante carrière de danseur en ex-Yougoslavie et en Allemagne avant d’assumer tour à tour la direction artistique du Nederlands Dans Theater II (Pays-Bas), du Ballet national de Finlande (Helsinki), des Ballets Cullberg (Suède) et du Ballet du Grand Théâtre de Genève. Gradimir Pankov a également agi comme professeur invité dans les plus prestigieuses compagnies de ballet du monde, notamment au Ballet de l’Opéra national de Paris, au Nederlands Dans Theater et à l’American Ballet Theatre de New York.

Son expérience à la direction artistique et dans l’enseignement lui a permis de tisser des liens étroits avec de nombreux chorégraphes dont Jirí Kylián, Mats Ek, Ohad Naharin et Christopher Bruce. Gradimir Pankov contribue à faire des Grands Ballets Canadiens de Montréal une des compagnies les plus intéressantes dans l’univers du ballet. Pour ce faire, il renforce l’image d’excellence de la troupe et crée, au sein de la compagnie, l’équilibre entre le ballet classique et le ballet contemporain, c’est-à-dire entre le respect de la tradition et l’ouverture à l’innovation.

© Gabriel Thibaudeau

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