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FL 2 3116

Soler: Neuf sonates

Compositeurs
Interprètes
Date de sortie 01 juin 1999
Numéro de l'album FL 2 3116
Periodes Classique

Informations sur l'album

Padre Antonio Soler y Ramos est né à Olot le 3 décembre 1729 et mourut au monastère de l’Escurial le 10 décembre 1783. C’est à l’Escurial, entre 1755 et 1765, qu’il composa quatre de ses six recueils de sonates. De nature didactique, celles-ci furent composées pour la famille royale de Ferdinand VI et Maria Bárbara. Ces sonates constituent la partie la plus connue de son œuvre. Très peu de détails sur ses années de jeunesse nous sont parvenus, si ce n’est que son père, ayant reconnu son talent précoce, l’inscrivit en tant qu’étudiant au monastère de Monserrat. Soler étudiera plus tard avec Domenico Scarlatti, puis sera déjà célèbre partout en Europe à l’âge de vingt ans. Il est nommé maestro de capilla à Lerida en 1750, puis accède au sous-diaconat de l’Ordre de saint Jérôme au monastère de l’Escurial le 25 septembre 1752. En 1757, au décès de Gabriel de Moratilla, il se voit confier le poste de maestro de capilla. Il demeurera au monastère jusqu’à sa mort. Chez Soler, la vaste érudition et l’intérêt pour la théorie musicale revêtent autant d’importance que les activités de compositeur et les écrits historiques. Durant ses années à l’Escurial, Soler a entendu plusieurs des plus grandes musiques d’église de l’époque telles que dirigées par Corselli, Mir y Llussá et Ripa. Soler composa quantité d’œuvres chorales et de musique de chambre au cours de cette période, tout en terminant et publiant un traité théorique de 272 pages intitulé Llave de la Modulación (1762). À sa mort en 1783, la production de Soler était énorme: son catalogue comprend, entre autres, neuf messes, cinq requiem, cinq motets, seize répons, vingt-huit Lamentations, vingt-cinq hymnes, soixante psaumes, treize Magnificat, douze Benedicamus, cent trente-deux villancicos, cent vingt sonates pour clavier, six quintettes fort originaux pour deux violons, alto, violoncelle et orgue obligé, ainsi que diverses œuvres de musique de chambre. Comme Scarlatti, Soler est surtout célèbre grâce à ses œuvres pour le clavier. Ses sonates ont été publiées pour la première fois en Angleterre en 1796 par lord Fitzwilliam. La façon dont Soler manie la forme et le matériau laisse entrevoir que les sonates sont nées, comme leur drame interne le suggère, d’un besoin expressif à la fois intense et profond. Ceci, lié à l’expérience pratique de Soler en tant qu’interprète, peut expliquer la synthèse qu’il opère des formes musicales conventionnelles et d’éléments plus populaires. Bien que les sonates de Soler ne représentent que le quart de la production de Scarlatti en ce genre, elles dépassent en envergure les sonates en un seul mouvement ou en paires de son maître. Soler préférait les sonates en trois ou quatre mouvements, dans lesquelles il créait des harmonies brillantes, des modulations et des mélodies fort imaginatives alliées à un découpage irrégulier des phrases utilisant des éléments manifestement ibériques tels le zapateado, le boléro, le polo et la jota. Toutes didactiques qu’elles soient, ses sonates pour clavier ne sont ni académiques ni sereines; elles témoignent plutôt d’une disposition sémillante et spontanée. Ce sentiment de spontanéité qui transparaît dans les sonates de Soler trouve un peu sa source dans l’art de l’improvisation et l’expérience que le compositeur avait de l’écriture vocale. Par exemple, l’Allegro spiritoso de la Sonate en si bémol majeur, R 62 fait entendre clairement des éléments typiquement ibériques. Le style d’écriture offre à l’interprète maintes occasions d’improviser et d’orner des passages tout au long de la sonate. Dans l’Andante gracioso de la Sonate en sol majeur, R 94, l’écriture de Soler est d’une étonnante sensibilité mélodique, digne de comparaison avec Haydn ou Mozart. L’Andante cantabile de la Sonate en fa majeur, R 56 est un exemple de l’imagination fertile de Soler, à la fois sombre et charmante, annonçant la musique de Brahms. La structure binaire traditionnelle de la sonate telle qu’utilisée à foison par Scarlatti est donc abandonnée par Soler. La Sonate, R 94, publiée par Samuel Rubio dans son édition complète des œuvres pour clavier, comporte pas moins de quatre mouvements: Andante grazioso et con moto / Allegro non troppo / Menuet I II da capo / Allegro. L’œuvre fait 25 minutes et 30 secondes. À lui seul, le mouvement des menuets avec da capo dure presque neuf minutes, ce qui en fait le mouvement le plus long de ce recueil de sonates. Soler parvient à élargir la forme menuet da capo en combinant des rythmes ibériques, une ligne mélodique développée avec soin et une extension structurelle de la forme traditionnelle du menuet français. Le Menuet II comporte six sections avec reprises, plutôt que la forme binaire habituelle d’un tel mouvement. Ce procédé transforme ce qui est d’habitude un mouvement plutôt rustique en une pièce émouvante et dramatique. Ce traitement de la forme et du matériau témoigne du pragmatisme, de l’imagination fertile et de la sagacité de Soler. La décision d’enregistrer ces sonates sur l’accordéon de concert repose sur deux critères. Premièrement, toutes les œuvres enregistrées ici conviennent parfaitement au son, au registre et au timbre stéréophonique de l’accordéon de concert. Ainsi, les sonates sont aussi convaincantes sur cet instrument, sinon plus, qu’au clavier pour lequel elles furent écrites à l’origine. Deuxièmement, le traitement formel de chacune de ces sonates en font des ajouts appréciables au répertoire de l’accordéoniste sérieux, ce qui n’est pas tellement le cas d’œuvres miniatures. Même si Soler a vécu une existence plutôt recluse, il fut néanmoins un novateur. Il est approprié que ses sonates puissent se mesurer à l’un des instruments classiques enregistrés les plus récents, l’accordéon de concert.

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