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FL 2 3069

Brouwer: El Decameron Negro & autres oeuvres pour guitare

Compositeurs
Interprètes
Date de sortie 03 novembre 1995
Numéro de l'album FL 2 3069
Periodes Contemporaine

Informations sur l'album

Dans le monde contemporain de la guitare, Leo Brouwer est reconnu par les guitaristes comme étant l’un des musiciens les plus importants et les plus originaux. Il est de plus considéré comme l’un des principaux moteurs de la vie culturelle de Cuba, son pays d’origine. De tous les postes qu’il a occupés à La Havane, il a notamment été adjoint au Service de la musique de Radio-Havane (1960-1961), directeur de la Faculté de musique de l’Instituto de Artes Industria Cinematograficos (1960-1962) et professeur de composition au Conservatoire de La Havane (1961-1967); depuis 1969, il assume les fonctions de directeur du département de musique expérimentale du ICAIC.

Né le 1er mars 1939, Leo Brouwer commence à étudier la guitare avec son père, à l’âge de douze ans, et plus tard avec Isaac Nicola, un ancien élève du réputé Emilio Pujol. Il apprend aussi le piano, la contrebasse, le violoncelle et la clarinette. En 1960-1961, il étudie la composition à la Juilliard de New York avec Vincent Persichetti et Stefan Wolpe. Il n’a que 17 ans lorsqu’est publiée sa première composition. Il a dirigé plusieurs orchestres, notamment l’Orchestre philharmonique de Berlin, l’Orchestre symphonique de La Havane et, au Canada, l’Orchestre symphonique de Kitchener-Waterloo pour la création mondiale de sa pièce Toronto Concerto, avec, comme soliste, le guitariste John Williams. En 1987 et en 1994, il dirige quelques concerts avec Alvaro Pierri comme soliste, notamment dans la création du Concerto de Jacques Hétu. Il vit présentement en Espagne où il occupe le poste de chef de l’Orchestre de Cordoue. Brouwer a été fait membre honoraire de l’UNESCO en 1987, une rare distinction.

La carrière de Leo Brouwer se partage en trois phases: la phase initiale, qui va jusqu’en 1964, période où s’exerça l’influence de la musique latino-américaine et du folklore afro-cubain, la phase exploratoire (1964-1980), au cours de laquelle il se consacre aux techniques d’avant-garde, et enfin, la phase allant de 1980 à nos jours. Le programme d’Alvaro Pierri comporte des œuvres couvrant l’ensemble de la carrière de Leo Brouwer, de l’adolescente Danza caracteristica (1957) à Rito de los Orishas, dont la création eût lieu en 1993.

La musique de Leo Brouwer est généralement dénuée de ce que nous appelons la « mélodie ». Le compositeur a d’ailleurs expliqué son point de vue lors d’une entrevue publiée dans l’édition mars-avril 1990 de la revue Guitarre Laute: « Je ne suis pas partisan de la mélodie qui, à mon avis, a une toute autre valeur. Les mélodies sont reliées à la voix. Les instruments non mélodiques comme la guitare, qui peut produire des sons magnifiques et magiques mais non mélodiques, devraient prendre une autre voie. Ils devraient donner plus d’importance à la structure, par la mise au point de modèles, de formes créés à partir d’idées plus fluides. »

Plus tard dans l’entrevue, Leo Brouwer faisait remarquer: « Je trouve plus difficile d’écrire pour la guitare que pour un orchestre ou un quatuor à cordes parce que la guitare est un instrument plein de « clichés”. Et si j’utilise un cliché, il doit y avoir une raison musicale pour cela. Un cliché est généralement un modèle technique, […] un code renfermant des informations. Alors soit que vous l’utilisez délibérément, soit que vous l’évitez complètement. »

Danza caracteristica

Une des œuvres de Leo Brouwer inscrites au programme du récital d’Alvaro Pierri, Danza caracteristica, emprunte justement des modèles d’inspiration typiquement afro-cubaine. On y retrouve le tresillo, qui ressemble à un triolet asymétrique (il s’agit en fait d’un modèle 3 + 3 + 2), et qui joue un rôle structurel important. Le cinquillo se trouve aussi dans la Danza caracteristica, une forme rapidement syncopée composée d’après le modèle rythmique 2 + 1 + 2 + 1 + 2. « À Cuba, de dire Leo Brouwer, nous avons encore de très fortes racine africaines; toutefois, la musique africaine n’est pas qu’une succession de rythmes: elle est aussi faite de formes et de structures très semblables aux « ragas” hindous. »

Elogio de la Danza

Elogio de la Danza, sans doute la composition la plus connue de Leo Brouwer, a été commandée par le chorégraphe Luis Trapaga pour la Compagnie de Ballet de La Havane. À l’origine, il devait s’agir d’un intermezzo de cinq à six minutes qui devait être joué pendant un changement de décor. Composée en 1964, cette pièce chevauche la première et la deuxième période de la vie musicale de Leo Brouwer, et représente la dernière œuvre écrite pour guitare solo pour les quatre années suivantes. Dans deux des sections — un Lento et un Obstinato rapide — cette pièce offre des contrastes frappants au niveau du timbre et des dynamiques, et est truffée d’instructions précises sur la manière de l’interpréter.

El Decameron Negro

Écrite en 1981 et dédiée à la guitariste Sharon Isbin, El Decameron Negro, composée de trois mouvements, est l’une des œuvres les plus importantes de Leo Brouwer. Il fut inspiré par la lecture d’un livre du même titre écrit par un ethnologue et explorateur allemand, Leo Frobenius (1873-1938), qui raconte l’histoire d’un guerrier qui voulait être musicien. Dans la tribu d’Afrique où se déroule l’action, les guerriers considéraient les musiciens comme une source de désordres sociaux. Malgré tout, le plus grand des guerriers de la tribu osa défier le système de caste et choisit de devenir un « simple » musicien. Chacun des mouvements s’inscrit dans la plus pure tradition: le premier emprunte la structure d’une sonate, le deuxième, celle d’un rondeau (ABACA) comprenant un ostinato rythmique soutenu, et le troisième est composé de trois parties (ABA). Ils sont tous liés à la croyance de Leo Brouwer que « puisque le timbre est la caractéristique la plus typique de la musique pour guitare, il devrait constituer un élément central dans la composition ».

Tres Danzas Concertantes

Tres Danzas Concertantes appartient à la période initiale que traversa Leo Brouwer à l’adolescence, et a été écrite à l’origine comme un concerto pour guitare — le premier de quatre — et pour orchestre à cordes. La transcription pour piano utilisée lors de cet enrgistrement est l’œuvre de Steve Wingfield avec des ajouts de Pierre Debonville. Cette œuvre se caractérise par des liens étroits entre les thèmes principaux, une interaction entre la guitare, l’orchestre et le piano, et des formes rythmiques brusques qui rappellent Bartók et Stravinsky.

Rito de los Orishas

Rito de los Orishas est le fruit d’une longue amitié entre Leo Brouwer et Alvaro Pierri, et résulte de l’admiration qu’a le compositeur pour le jeu du guitariste. Pierri, à qui cette pièce est dédiée, en a donné la création mon-diale à Paris, en octobre 1993. Le terme « Ori-shas » désigne les divinités afro-cubaines dans la région côtière d’Afrique de l’Ouest. Le guitariste confie: « Le compositeur m’a dit qu’il a vécu le même sentiment de magie quand il a écrit Rito de los Orishas que lorsqu’il a composé Elogio de la Danza. Une sorte de communion avec les dieux. »

© Robert Markow
Traduction: Louise Letendre

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À propos

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