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FL 2 3082

Concierto de Aranjuez; Concerto pour guitare op. 30 no 1; Tres Danzas Concertantes

Date de sortie 01 janvier 1996
Numéro de l'album FL 2 3082

Informations sur l'album

Rodrigo: Concierto de Aranjuez

Joaquín Rodrigo est né à Sagunto, en Espagne, le 22 novembre 1901. En 1926, il s’installe à Paris et devient l’élève de Paul Dukas à la Schola Cantorum. Du compositeur français, Rodrigo apprend toute la science de l’orchestration post-debussyste, soit l’art de combiner diverses sonorités instrumentales afin d’en créer de nouvelles, de même que l’utilisation imaginative de la couleur propre à chaque instrument. Dans le premier mouvement du Concierto de Aranjuez, par exemple, ce sont les bois, avec leurs attaques précises, qui répondent, dès l’entrée de l’orchestre, au rythme caractéristique introduit par la guitare, soutenant ainsi la vitalité de l’ostinato avant de la passer au spiccato des cordes. De même, dans le second mouvement — le plus célèbre — c’est la mélancolie naturelle du cor anglais qui est pressentie pour dialoguer avec le chant désespéré de la guitare.

Outre Paul Dukas, il est possible que le climat général de la musique en France à l’époque, le néo-classicisme des Six, ait aussi excercé une influence sur le style de Rodrigo. Ainsi, vu la nécessité de transparence dans la texture orchestrale — il fallait que la guitare puisse se faire entrendre sans sacrifier la richesse de la masse sonore —, c’est au pointillisme du néo-classicisme que Rodrigo fait appel. Malgré la densité de l’orchestre — 2 flûtes et piccolo, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 2 cors, trombones et cordes —, les instruments sont rarement utilisés tous ensemble. Certains ne font que de brefs commentaires, illuminent ou assombrissent la palette sonore comme d’une marqueterie, et Rodrigo choisit avec soin, selon l’impulsion rythmique, l’appel au ton purement espagnol, ou même la tonalité particulière, ceux qui auront le rôle d’accompagner mélodiquement la guitare.

Le Concierto de Aranjuez fut joué pour la première fois en 1940, et demeure depuis lors, avec la Fantasia para un gentilhombre du même compositeur, une des œuvres les plus appréciée du répertoire concertant.

Giuliani: Concerto pour guitare nº 1, op. 30

Mauro Giuliani est né à Bisceglie, en Italie, le 27 juillet 1781. Il étudie d’abord le violoncelle (il en développera assez de facilité pour être membre, plus tard, de la section de violoncelle lors de la première de la Septième Symphonie de Beethoven), puis consacre ses talents à la guitare à six cordes, instrument qui n’avait commencé à s’imposer qu’au tournant du siècle. En Italie à cette époque, l’opéra était roi et maître de la scène musicale. Ce qui pousse Giuliani à émigrer à Vienne en 1806 se résume cependant à plus qu’à son peu d’intérêt, en tant que compositeur, pour le genre opératique.

Vienne, patrie des Mozart, Haydn et Beethoven, jouissait certes du prestige d’être la capitale du classicisme musical en Europe. Mais avec les Hummel, Spohr, Moscheles et autres, la Vienne des quinze premières années du siècle était aussi le théâtre d’une évolution musicale qui prenait de plus en plus ses distances avec les soucis formels de Haydn ou Beethoven.

Chez ces compositeurs de la nouvelle génération, le médium de l’expression n’est plus le drame interne de la forme, mais la virtuosité — si importante du point de vue historique qu’on se désole que lui soit parfois prêté l’épithète de « gratuire ». La musique est désormais au service d’un lien encore plus intime qu’avant entre compositeur et interprète, et l’expression devient plus « personnelle », au sens où elle est plus immédiate et plus immédiatement perceptible, plus extérieure et plus tournée vers l’intention du moment.

Le Concerto pour guitare nº 1, op. 30 de Giuliani, composé en 1808, comporte toutes les caractéristiques de ce pré-romantisme musical. Comme les concertos pour piano de Hummel, les œuvres concertantes pour clarinette de Weber (dédiées, il est vrai, à un autre que lui), sans oublier les concertos et caprices de l’italien Paganini, ce sont les qualités propres de l’intrument qui sont explorées, et de nouvelles limites techniques sont imposées.

Dans les premier et dernier mouvements, on peut entendre — et ici l’héritage des concertos de Mozart se fait sentir — tous les traits virtuoses caractéristiques du nouveau genre: gammes rapides, arpèges brisés, montées en tierces alternées, trilles, sans compter les nombreuses cadences (plutôt que la seule cadence habituelle en fin de mouvement) qui interrompent régulièrement le mouvement sur fond de point d’orgue. De plus, il devient rapidement clair que si les structures conventionelles du classicisme sont désormais quelque peu figées, c’est précisément cela qui permet l’éclosion d’une nouvelle liberté, d’une marge de manœuvre encore plus grande quant à la fantaisie et l’improvisation.

L’Andante explore aussi un domaine qui s’enrichira au fur et à mesure qu’avancera le Romantisme. Il s’agit essentiellement d’un « moment » musical, teinté d’italianismes, où la couleur particulière du mineur, exploitée pour elle-même, évoque une atmosphère mélancolique nocturne. Le dernier mouvement, de même, est caractéristique: il s’agit d’une polonaise, signe de l’influence de plus en plus grandissante des genres nationaux.

Le Concerto pour guitare nº 1, op. 30, fort populaire dès sa première en avril 1808, fut l’objet de plusieurs transcriptions et adaptations: outre une version, publiée à Vienne, pour guitare et quatuor à cordes, il existe aussi un arrangement pour guitare et piano de Diabelli, de même qu’une transcription pour deux guitares de la polonaise finale, par le même éditeur.

Brouwer: Tres Danzas Concertantes

Né le 1er mars 1939, Léo Brouwer commence à étudier la guitare avec son père, à l’âge de douze ans, et plus tard avec Isaac Nicola, un ancien élève du réputé Emilio Pujol. Il apprend aussi le piano, la contrebasse, le violoncelle et la clarinette. En 1960-1961, il étudie la composition à la Juilliard de New York avec Vincent Persichetti et Stefan Wolpe. Il n’a que 17 ans lorsqu’est publiée sa première composition. Il a dirigé plusieurs orchestres, notamment l’Orchestre philharmonique de Berlin, l’Orchestre symphonique de La Havane et, au Canada, l’Orchestre symphonique de Kitchener-Waterloo pour la création mondiale de sa pièce Toronto Concerto, avec, comme soliste, le guitariste John Williams. Il vit présentement en Espagne où il occupe le poste de chef de l’Orchestre de Cordoue.

Brouwer a été fait membre honoraire de l’Unesco en 1987, une rare distinction. La musique de Léo Brouwer est généralement dénuée de ce que nous aimons appeler la « mélodie ». Le compositeur a d’ailleurs expliqué son point de vue lors d’une entrevue publiée dans l’édition mars-avril 1990 de la revue Guitarre Laute : « Je ne suis pas partisan de la mélodie qui, à mon avis, a une toute autre valeur. Les mélodies sont reliées à la voix. Les instruments non mélodiques comme la guitare, qui peut produire des sons magnifiques et magiques mais non mélodiques, devraient prendre une autre voie. Ils devraient donner plus d’importance à la structure, par la mise au point de modèles, de formes créés à partir d’idées plus fluides. »

Tres Danzas Concertantes appartient à la période initiale que traversa Léo Brouwer à l’adolescence. Cette œuvre se caractérise par des liens étroits entre les thèmes principaux, une interaction entre la guitare et l’orchestre, et des formes rythmiques brusques qui rappellent Bartók et Stravinski.

© Alex Benjamin, Robert Markow

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