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FL 2 3051

Villa-Lobos: Chôros No.1, 12 Etudes, 5 Préludes

Compositeurs
Interprètes
Date de sortie 14 août 1995
Numéro de l'album FL 2 3051
Periodes XXe siècle

Informations sur l'album

Heitor Villa-Lobos (1887-1959) était un authentique génie créateur, compositeur prolifique et fort original. Né le 5 mars 1887, peu avant la révolution qui a conduit son Brésil natal à l’abolition de l’esclavage et de la monarchie, il a respiré dès son plus jeune âge l’air d’exaltation nationale et d’affirmation de son pays en quête de « modernisme ».

Villa-Lobos a su capter l’univers qui l’entourait et l’exprimer en images sonores porteuses de sa raison d’être en tant qu’homme et artiste. Ses vastes connaissances sur le génie musical de son peuple, ainsi que les techniques « savantes » d’écriture de son temps, lui ont permis de devenir un des artistes les plus cosmopolites de son temps.

Enfant, Villa-Lobos passait quotidiennement des heures à pratiquer le violoncelle en duo avec son père, jouant constamment à essayer de reconnaître les sons, les notes correspondant à chaque bruit, du train qui passe, d’une chaise qui se déplace, de différents objets en chute libre, une porte qui se ferme ou le chant des oiseaux. Le son était pour lui un moyen privilégié de pénétrer dans la réalité de son enfance. Cette réalité était celle de son entourage en plein métissage, et sa production de plus de mille œuvres donnera lieu à une écriture amalgame libre du modèle européen ou d’ailleurs, tout en les utilisant, les transformant et les faisant exploser dans toutes les directions.

En fait, tout cela était déjà connu très tôt par celui qui malgré son jeune âge, gagnait sa vie comme musicien joueur de chôros pour des sérénades et soirées de toutes sortes, guitariste, clarinettiste, pianiste ou violoncelliste, improvisateur réputé et « accompagnateur virtuose » selon certains de ses collègues à Rio de Janeiro.

Autodidacte, curieux, possédant une énergie et une vitalité débordantes, Villa-Lobos n’a pas peur des influences; il les superpose, les assimile ou les agence comme bon lui semble. Aux traces que laissent dans son esprit Wagner, Puccini, Strauss, Berlioz, Debussy, Stravinski, Ravel, De Falla, Bartók, Varèse, Prokofiev, Schmitt, Poulenc, Copland ou d’autres, il mélange naturellement celles de son milieu, de la ville ou de la campagne: Nazareth, Catulo da Paixao Cearense, Joao Pernambuco, Anacleto de Medeiros, Donga, et tout ce qui vient des Indiens, des Noirs et des Portuguais.

Pour Villa-Lobos, la musique est l’expérience ultime de l’intuition, le compositeur devant faire confiance entièrement « à l’ouïe », sans quoi il sera impossible d’accéder à une réelle capacité créatrice. Il affirmait: « Je compose par impératif biologique. » La composition était donc l’activité principale, fondamentale, essentielle, vitale, même pendant que d’autres activités pouvaient lui réclamer de l’attention: une leçon, le poste de radio ouvert, des amis à ses côtés, la marmite à surveiller! Un jour, sans aucune arrogance, répondant à un chroniqueur, il manifesta dans un impulsif élan de sincérité: « Le folklore c’est moi. » Cette affirmation correspondait à sa force vitale, puissante et naturellement traductrice de la mosaïque culturelle de cette « nation » musicale.

Ami de Stokowski, Varèse, Milhaud, Rubinstein, Segovia, orchestrateur et chambriste hors pair, imposant chef d’orchestre et de chœur, pédagogue innovateur aux réalisations spectaculaires, motivant partout où il est passé des réactions parfois contradictoires, il a toujours déployé sa passion créatrice aux quatre vents, pour le bénéfice majeur des émotions.

La guitare a toujours été présente: pour s’amuser, pour donner des sérénades, pour gagner sa vie, pour voyager, pour essayer des nouvelles idées, pour accompagner des collègues, pour séduire… Sa production pour l’instrument est devenue constituante fondamentale du répertoire des guitaristes, tant par sa beauté musicale que par sa contribution au développement technique.

Villa-Lobos a apporté plusieurs nouvelles techniques pour la guitare, dûes évidemment à son inépuisable imagination, son cheminement particulier et son vécu. Aussi, la pittoresque et agitée rencontre à Paris en 1924 avec André Segovia, a stimulé la production des Douze Études, que Villa-Lobos a dû lui-même montrer en détail à Segovia, puisque celui-ci trouvait certains passages impossibles à jouer…

Chôros No. 1, pour guitare

Le Chôros No. 1, aussi appelé Chôro Typico, est un morceau joyeux, picaresque, avec tous les « ingrédients » de cette forme typique de la musique seresta, la sérénade de salon ou de rue, en duo, trio, quatuor, etc., produit du mélange des mélodies portugaises avec des rythmes d’origine africaine et d’autres influences apportées par chacun des participants selon ses origines et sa culture. Ces regroupements, appelés Chôroes donnaient lieu à des improvisations toujours très savantes en harmonie et contrepoint.

Il existait une sorte d’esprit de saine compétition entre les musiciens pour la recherche et démonstration d’habilité et virtuosité. Ce chôro en particulier, est devenu un des grands classiques du genre de la guitare et de la musique populaire brésilienne.

Douze Études, pour guitare

Les Douze Études ont été composées entre 1924 et 1929. Leur « naissance » a été le fruit de la rencontre entre Heitor Villa-Lobos et André Segovia au printemps de 1924 à Paris, lors d’une soirée chez Madame Olga Moraes Sarmento Nobre. Les témoignages de cette rencontre font état des échanges un peu « arrogants » de part et d’autre au tout début de cette soirée, et d’un rapprochement qui par la suite s’est tranformé en une longue amitié.

Ces sont des bijoux d’imagination pour guitare, de savante écriture instrumentale et surtout de passion musicale. Les vocations techniques des morceaux sont proposées et développées à partir d’idées, de motifs et certains procédés inspirés de la musique populaire brésilienne, comme le chôro, le chorinho, le chôrao, la modinha, la seresta, la valse, le schotish, la mazurka et plusieurs autres.

Cinq Préludes, pour guitare

Les Cinq Préludes furent dédiés dès leur naissance « à Mindinha » (Arminda Villa-Lobos) sa deuxième épouse. On peut les considérer comme une sorte de galerie des sentiments et couleurs très « brésiliens » avec toute la joie, la tendresse et la mélancolique saudade que leur créateur pouvait étaler avec tant d’expérience et de vécu musical en 1940.

© Alvaro Pierri

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À propos

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