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Informations sur l'album

SERATA D’AMORE

Serata d’Amore… Qui dit soirée d’amour pense aussitôt musique : des chansons traditionnelles napolitaines peut-être, un ou deux airs d’opéra, des mélodies porteuses surtout, qui se logent dans l’oreille d’abord, puis s’immiscent dans le coeur, autant de souvenirs qui se déposent, se superposent, se mêlent à d’autres. Cet album est né d’une série de spectacles donnés par Gino Quilico l’été dernier, dans laquelle il proposait un voyage à travers les époques, les compositeurs et les genres, narration au deuxième degré, paysage sentimental. Si le concept original comprenait également des pièces en français et en anglais, le chanteur a choisi de retourner d’une certaine façon à ses origines, de se rappeler l’Italie de jadis. Chaque weekend, sur la banquette arrière de la voiture, entre Rome et Ostia, le jeune Quilico entonnait des airs de Tosti et des chants traditionnels. Le chaud baryton de son père Louis et le petit accordéon de sa mère, Carolina Pizzolongo, soutenant sa voix enfantine.

S’il a souhaité insuffler à cet album un certain parfum de jeunesse, il n’a pas voulu en tirer un objet figé dans le temps, carte postale jaunie qu’on manipule une fois de temps en temps, avec nostalgie. Portés par les arrangements de Dominic Boulianne, les titres retenus permettent de dérouler un fil conducteur, de Chopin à Tosti, de Rossini à Dalla, de Mozart à Aznavour, des chants d’autrefois que l’on fredonne encore aujourd’hui aux plages plus récentes, que l’on continuera d’aimer dans quatre ou cinq décennies. Gino Quilico les a choisies une par une, avec délicatesse, avec tendresse. On retrouvera par exemple deux bijoux de Tosti, à qui l’on doit plus de 500 romances de salon, un air de Don Giovanni de Mozart plus dépouillé, dans lequel le grand séducteur charme la belle au balcon accompagné d’une simple mandoline, ainsi que les éternels O sole mio, Santa Lucia et Torna sorriento, qu’il se rappelle avoir entendu chanté par son père, après une soirée arrosée, dans une gondole vénitienne.

Tarentelle napolitaine explosive, huitième chanson du cycle Les soirées musicales, « La Danza » de Rossini a séduit depuis sa création en 1835 nombre de compositeurs. Franz Liszt l’a transcrite pour piano, Ottorino Respighi intégrée à son ballet La Boutique fantasque et Chopin s’en est inspiré dans sa Tarentelle opus 43. L’arrangement proposé ici a été conçu pour mettre en valeur l’extraordinaire virtuosité de l’accordéoniste Alexander Sevastian.

Autre chanson qui devait connaître un succès instantané, Parla piu piano est tirée de la bande originale composée par Nino Rota pour Le Parrain, thème déjà utilisé dans Fortunellaen 1958, ce qui a empêché la pièce d’être mise en nomination pour l’Oscar pour la meilleure musique de film en 1972. La prestigieuse statuette serait remise à Speak Softly Love deux ans plus tard, lors de la sortie du Parrain 2.

Auteur-compositeur-interprète, pianiste, clarinettiste, Lucio Dalla a connu ses premiers succès dès les années 1960. (4/3/1943 sera notamment reprise en français sous le titre Jésus bambino par Dalida.) Également compositeur de musique pour le cinéma et la télévision, il devait causer un véritable raz-de-marée planétaire avec Caruso, hommage au célèbre ténor, vendu à plus de 9 millions d’exemplaires.

Collaboration du duo Eros Sciorilli et Alberto Testa, Non pensare a me devait remporter le grand prix du 17e Festival de Sanremo, telle que chantée par Claudio Villa (qui rendra aussi célèbre Arrivederci Roma). « Il Reuccio della canzone italiana » (le roitelet de la chanson italienne) en tirerait un simple en janvier 1967. Il en existe également des versions en français (Quand tu t’en iras), en russe, en portugais et en anglais (Time Alone Will Tell).

Sans conteste la mélodie la plus renommée de Guido Maria Ferilli, Un Amore così grande a été d’abord popularisée par Mario del Monaco, puis plus récemment par Luciano Pavarotti (dans un habillage symphonique d’Henry Mancini) et Andrea Bocelli. Elle a été écrite en 1976 à la demande de Detto Mariano, maître d’oeuvre des orchestrations de Mario del Monaco.

Surnommée « Tristesse » par un éditeur, profondément ému par cet air dont Chopin lui-même disait qu’il n’écrirait jamais quelque chose de plus beau, l’Étude opus 10 no 3 a été adaptée à de nombreuses reprises, notamment par Edgardo Donato dans le tango La melodia del corazón, Tino Rossi (en français) et Giuseppe di Stefano (en italien). Peu importe l’arrangement, la langue, cette mélodie foncièrement vocale continue de hanter, instillant une profonde mélancolie chez l’auditeur.

Une soirée d’amour ne saurait être complète sans une page dédiée à celle que l’on aime. C’est pourquoi Gino Quilico a intégré ici Lei (Elle) de Charles Aznavour, d’abord parue sous le titre de She en 1974, thème de la série télévisée britannique Seven Faces of Woman, enregistrée également en français (Tous les visages de l’amour), allemand et espagnol, l’un des airs préférés de sa femme Sara.

© Lucie Renaud

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