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AN 2 8784-5 R. Murray Schafer Apocalypsis

R. Murray Schafer : Apocalypsis

Compositeurs
Date de sortie 26 février 2016
Numéro de l'album AN 2 8784-5
Periodes Contemporaine

Ils en ont parlé

Informations sur l'album

Apocalypsis : une oeuvre de théâtre musical

Les 26, 27 et 28 juin 2015, au Sony Centre for the Performing Arts de Toronto, dans le cadre du Festival Luminato, était présenté pour la première fois en version intégrale depuis sa création en 1980, Apocalypsis de R. Murray Schafer, sous la direction de Lemi Ponifasio et la baguette du chef torontois David Fallis. Cette fabuleuse épopée musicale en deux parties décrit, premièrement, la destruction du monde, et deuxièmement la naissance d’un Nouveau Monde. Dans l’un des plus grands événements des arts de la scène au Canada, Apocalypsis combinait des talents amateurs et professionnels dans une distribution de près de 1000 chanteurs, musiciens, chefs d’orchestre, acteurs et danseurs pour créer un spectacle visuel, musical et spirituel inégalé.

R. Murray Schafer’s Apocalypsis
Première partie : John’s Vision
Deuxième partie : Credo

Une production du Festival Luminato

Quelle est la raison d’être de l’art ? par R. Murray Schafer

PREMIÈREMENT, L’EXALTATION. Parlons-en. Le changement qui se produit quand nous sortons de la petite cage étroite du quotidien. Se sentir précipité au-delà de nos limites dans un cosmos à la puissance extraordinaire. Voler dans les faisceaux de cette puissance, et lorsque nous clignons des yeux, sentir nos oreilles, nos yeux et nos sens s’ouvrir au merveilleux et au miraculeux, malgré l’adversité du mental. Sentir, en dépit des forces du corps, ces forces jaillir devant nos yeux, briser tous les encroûtements, et nous libérer par un vent sauvage de liberté. Parlons de cela, de la nouveauté qui bouleverse l’esprit et l’exalte. Parlons-en. Comment tout devient nouveauté. Et si nous retournons à la routine quotidienne, constater qu’il n’y a plus de routine, car tout scintille et est désormais magnifique par la perception nouvelle de nos yeux, de notre nez, de nos esprits et de nos corps rafraîchis. Parlons de cette exaltation qui nous sort de nous-mêmes et nous fait vivre ce que nous avions manqué ou vaguement éprouvé, ou ce à quoi nous avions résisté.

Ce doit être ça, la raison d’être de l’art. Permettre la réalisation d’un changement dans notre condition existentielle.

Un voyage vers Apocalypsis par Jörn Weisbrodt (directeur artistique, Festival Luminato)

La première fois que j’ai entendu l’œuvre maîtresse de R. Murray Schafer, c’était dans ma voiture en me rendant à l’avant-première d’une autre grande œuvre : Einstein on the Beach de Robert Wilson et Philip Glass ; j’ai été renversé ! C’est un miracle que je n’aie pas eu d’accident fatal. Un an après, j’ai vu l’œuvre de Lemi Ponifasio et je savais qu’il était la personne désignée pour diriger Apocalypsis. Nous avions déjà en la personne de David Fallis le chef d’orchestre tout indiqué pour l’œuvre, car en plus d’être un homme calme et audacieux, il peut voir un magnifique palais où d’autres n’y verraient que chantier de marbre.

Schafer décrit Apocalypsis comme la destruction de l’univers et les possibilités d’une perspective renouvelée ; il s’agit aussi de l’essence même de l’œuvre de Ponifasio. Que dirais-je, que ferais-je, s’il y avait demain la fin du monde ? Ce sont là les questions que pose son théâtre. L’essentiel de ces questions se trouvent-elles sous la destruction, ce qui s’ensuit ? Avec Ponifasio, j’ai eu confiance en la possibilité d’une interprétation optimiste de l’Apocalypse, un passage menant à un nouveau commencement, à une purification. Dans la deuxième partie d’Apocalypsis, la musique transcendantale pour chœur amène une épuration sonore, un voyage menant de la confusion à l’harmonie. Apocalypsis trace les deux voies que notre vie pourrait prendre ; l’œuvre, bien que basée sur des textes religieux, n’est pas religieuse en soi. Nous sommes arrachés à la nature, nous sommes en train de la détruire, mais selon Schafer, la musique et l’art peuvent conduire à un nouveau dialogue avec la nature et le monde dans lequel nous vivons – c’est cette harmonie qu’Apocalypsis essaie d’atteindre : la nature fait naître l’art et l’art nous fait renouer avec la nature.

Pour le Festival Luminato, les trois années consacrées au travail sur la pièce furent une expérience extraordinaire, qui a conduit du chaos à l’harmonie. Il y a trois ans, il n’y avait rien : pas de distribution, pas de scène, pas d’argent, mais seulement l’idée et la musique ; il n’y avait qu’un désert, et maintenant un empire sonore, un havre riche et étincelant conçu par 1000 musiciens et artistes pour la plupart non professionnels, en plus de 100 autres personnes dans les coulisses. Ici, la vie imite l’art : le processus de réalisation d’Apocalypsis constitue l’essence même de l’œuvre, créant une communauté d’artistes venant de partout en Ontario et dans le monde, tous engagés dans un rituel. Les artistes de cet enregistrement invitent l’auditeur à tirer profit de ce processus ou rituel. Je leur suis infiniment reconnaissant, car ils me permettent encore une fois de prendre part à ce qu’ils ont expérimenté.

Mot du directeur musical… Un  hommage par David Fallis

Tout juste après le Nouvel An 2015, j’ai reçu un courriel d’une archiviste responsable de l’indexation à CBC Radio. Elle avait trouvé des boîtes de documents en lien avec la production originale d’Apocalypsis de R. Murray Schafer et m’a offert de m’y rendre pour jeter un coup d’œil.

Nous avons alors convenu d’une heure, puis, le moment venu, au sous-sol de l’édifice de CBC sur Front Street, elle m’a montré quelques-uns des documents originaux de la production de 1980, laquelle s’est tenue à London, Ontario. Il y avait les parties de chanteurs, avec quelquefois, des indications à surveiller pour le chef, le volume de la voix des chanteurs, etc., et parfois des remarques plus brèves – le numéro de téléphone de Sally, ou un rappel sur l’heure de la prochaine répétition. Il y avait même des parties qui pourraient un jour étoffer des chapitres entiers d’une thèse de doctorat sur le processus créatif de Schafer, parce qu’elles contenaient des éléments qui ne figuraient pas sur la partition complète.

Pendant mes fouilles, je me sentais comme un archéologue à la recherche d’indices sur une culture ancienne. Au même temps, je me rappelais d’un livre que Murray m’avait gentiment offert, dont il est l’auteur, et publié aux éditions Arcana : Dicamus et Labyrinthos : A Philologist’s Notebook. Apparemment, Dicamus est un fac-similé d’un carnet qui appartenait à un archéologue anonyme qui avait tenté de déchiffrer un texte ancien écrit sur des tableaux découverts à Magia Tribia, en Sicile. Comment celui-ci est parvenu à être publié par la maison d’édition du compositeur, je n’en ai aucune idée ! Mais je ne pouvais pas m’empêcher d’y penser tandis que j’observais ces textes d’Apocalypsis (mot grec pour « révélation »). Imaginez mon étonnement d’y trouver, après qu’on m’ait gentiment autorisé à emprunter quelques-uns des documents pour les examiner à loisir à la maison, dans une des partitions, quelques pages de notes écrites apparemment par un membre anonyme de l’équipe initiale de créateurs. L’espace ici ne permet pas de vous montrer le fac-similé en entier, mais en voici quelques extraits :

  • one work, 2 parts
  • in “Cosmic Christ” all forces at different tempos
  • multiplicity
  • John mantra-like, inside the head
  • general progression from F to B and back (the old devil in music)
  • why is seven considered a sacred number? 7 seals, 7 trumpets, opening movements all 7 minutes long, singers count up to seven and back down to one, 7’s everywhere
  • still more multiplicity, like nature, not one grain of sand like the next
  • monks, children, women, speaking, brass, winds, bells, creatures, drums, chains, organ, waves, whistles, none the same
  • try the difference between spruce and maple for xylophone planks
  • Ein jeder Engel ist schrecklich (Rilke) – Every (single) angel is terrifying
  • what to call part 2
  • get stones for the men – Lake Huron the closest?
  • why is twelve considered a sacred number? 12 tribes, 12 disciples, 12 gates of the new Jerusalem, 12 chamber choirs, 12 string quartets, 12 tones in the chromatic scale, 12 invocations and responses, each one centred around one of the 12 chromatic notes
  • unity of voices, all with similar material, no distinctions
  • currents of sound
  • Bruno says there is no divinity apart from its manifestations, no spirit without matter, and vice versa, both infinite, but how can unity and multiplicity be one and the same? Credo
  • music experienced in time – can we experience it more like a picture, hanging entire?
  • so many community members offering to converge in (musical) time
  • one work, 2 aspects
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À propos

Lemi Ponifasio
David Fallis
R. Murray Schafer

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