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AN 2 9223-4

Opéras russes (CD + DVD bonus)

Informations sur l'album

DVD BONUS

En complément de l’album en format CD, est offert un DVD de 28 minutes présentant la scène de la mort de Boris Godounov incarné par Joseph Rouleau, alors que celui-ci voit son pays sombrer dans le chaos. Rongé par la culpabilité, combattant les hallucinations, il s’enfonce dans la folie et s’effondre en sollicitant le pardon divin.

De Matane à Moscou

Le jeune Joseph Rouleau aurait-il cru un oracle si celui-ci lui avait prédit une carrière internationale éblouissante et qu’il deviendrait le premier chanteur canadien à chanter en ex-URSS, derrière le Rideau de fer ? Sans doute pas. Pourtant… Soir après soir, il a donné le meilleur et habité avec tant de maestria certains rôles qu’on aurait pu les croire écrits sur mesure pour lui. S’il demeure un incontournable Méphistophélès et porte un amour vibrant au personnage de Don Quichotte, il reste pour plusieurs le Boris Godounov. Il le chantera intégralement pour la première fois lors d’une première tournée triomphale en ex-Union soviétique en 1966, certains critiques n’hésitant pas à le comparer à Fédor Chaliapine. (Il endossera d’ailleurs à cette occasion les costumes de la célèbre basse russe, originaire de Kazan quand il s’y produira).

« Lors de ce premier voyage en Russie, tout ce que je connaissais de ce pays, c’était à travers sa musique, se rappelle-t-il dans À tour de rôles. La grande époque des compositeurs comme Borodine ou Rimski-Korsakov, toute cette riche période du XIXe siècle de la musique russe. […] Il y a aussi ce qu’on appelle “l’âme russe”. Elle s’entend chez tous les grands créateurs de ce pays. Dans les textes et dans la musique. Le peuple russe est un peuple qui a souffert, qui a toujours été contrôlé, forcé, persécuté. Tout cela se reflète dans ses comportements, ses émotions, sa langue, sa poésie, et bien sûr sa musique. Par exemple, les grands compositeurs du XIXe et XXe siècle ont connu l’oppression des idées. Tout passait donc par l’art, par la musique et par des textes empreints d’émotions et qui parlent à l’auditeur. De la vraie musique qui touche, et – ce qui en fait sa beauté – de manière universelle. »

En octobre 1966, quelques mois seulement après la première, Joseph Rouleau entreprend une deuxième tournée soviétique, puis donne une série de prestations en Europe. Il reprendra notamment son rôle fétiche de Boris en 1968 à Bucarest et lors d’une tournée avec le Scottish Opera. (Il se rappelle d’ailleurs avec plaisir avoir marché dans la ville de Glasgow avec son costume du Couronnement).

En 1972, Joseph Rouleau est au faîte de sa gloire. Il chante aussi bien au Covent Garden de Londres, sa base, qu’à Oxford, Liverpool, Cambridge, Manchester, Glasgow, Édimbourg et Nice, mais il revient plusieurs fois à Montréal, notamment pour enregistrer avec l’orchestre de Radio-Canada l’émission des Beaux dimanches reprise ici, sous la direction de Jean Deslauriers, qu’il connaissait depuis ses débuts.

On retrouve Joseph Rouleau dans deux pages du Prince Igor de Borodine, opéra qui l’accompagnera également tout au long de sa carrière et l’air du héros national Sousanine dans Une vie pour le tsar de Glinka, qui devait remporter un immense succès lors de sa création, son auteur se voyant sacré « premier compositeur russe ». Il interprète aussi « L’air du Viking » de Sadko de Rimski-Korsakov, immortalisé notamment par Chaliapine, et deux rôles de Tchaïkovski, celui du Roi René, père d’Iolanta (adaptation d’une pièce d’Henrik Hertz, sur un livret de son frère Modeste Tchaïkovski), et du Prince Grémine, général à la retraite, mari de Tatiana après que celle-ci ait eu le coeur brisé par Eugène Onéguine. On l’entendra aussi (avec piano) dans l’air de Dosifei de La Khovanchtchina, opéra posthume de Moussorgski inspiré de la Révolte de Moscou de 1682 et la cavatine d’Aleko de Rachmaninov, composé en 17 jours comme épreuve de fin d’études, qui vaudra au jeune compositeur le rare privilège de recevoir la grande médaille d’or du Conservatoire de Moscou.

« J’aurais aimé être russe. J’ai toujours eu une attirance pour cet univers, explique Joseph Rouleau. Mes voyages là-bas ont bien sûr nourri mes personnages. En comprenant mieux l’âme russe, je pouvais mieux l’interpréter. »

© Lucie Renaud

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AN 2 9521 Jordan Pal Into The Wonder
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