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AN 2 9181 Schubert Intégrale Sonates Piano

Schubert : Intégrale des sonates et œuvres majeures pour piano, Vol. 1 - Le premier romantique

Compositeurs
Interprètes
Date de sortie 18 octobre 2019
Numéro de l'album AN 2 9181
Periodes Romantique
Genres Piano

Informations sur l'album

Volume I : Le premier romantique

Franz Schubert quitta le domicile paternel à 20 ans, fatigué de devoir enseigner pour participer à l’économie familiale et désirant s’émanciper et composer autant que bon lui semblerait. Il emménagea chez son ami Schober, d’une famille plus aisée et dont la demeure comportait plusieurs bons pianos. Il n’en fallait pas plus pour l’inspirer à composer six sonates en une seule année, 1817, de loin son année la plus productive dans ce domaine.

La Sonate nº 8 en fa dièse mineur, D. 571

La Sonate en fa dièse mineur, D. 571 est la cinquième de ces six œuvres très expérimentales et elle porte les marques d’un romantisme bourgeonnant. Le premier mouvement est une sorte de ballade qui débute comme une longue lamentation, mais évolue vers un deuxième groupe lumineux dans le registre aigu du piano. Le scherzo puise aux rythmes paysans autrichiens et son trio annonce déjà la prosodie du Carnaval de Schumann. L’andante, en forme de romance, superpose de longues mélodies dans le registre du ténor avec un accompagnement perlé à la main droite. Quant au finale, il ouvre sur un premier thème virtuose qui mène à un motif plus mélodique, puis il s’éteint sur de redoutables séquences d’accords répétés pianissimo.

Tout comme les sonates nº 2, 6, 10 et 11, cette sonate no 8 est incomplète, c’est-à-dire que Schubert interrompt l’écriture au début de la réexposition. De plus, comme plusieurs autres, elle a été publiée en mouvements séparés. Pour ces raisons, cette sonate est peu souvent jouée, ce qui ne saurait tarder à être corrigé vu la très grande qualité de l’inspiration.

La Sonate nº 17 en sol majeur, op. 78, D. 894

La grande Sonate en sol majeur, D. 894 de 1826 est la dernière que Schubert ait composée avant la trilogie testamentaire de 1828. La majesté paisible de son premier mouvement, dont les accords initiaux résonnent longuement comme des ondes sur une eau calme, n’est égalée que par la toute dernière sonate D. 960 et la puissance dramatique de son développement, qui atteint la nuance fortississimo (fff), est unique dans son corpus pianistique. De plus, le charme ineffable de son second thème, soutenu par le rythme pointé de la basse et presque complètement bâti sur une pédale de dominante, n’est que décuplé par la variation en doubles-croches qui le suit immédiatement. La coda, qui s’évanouit dans l’éther, nous laisse l’impression d’avoir pour un moment pénétré les plus profonds secrets de la nature.

Sorte de légende musicale, le deuxième volet alterne entre le ton doux d’un conteur d’histoires anciennes et de violents déchirements sonores en accords brisés. Le menuet en si mineur débute sur un ton sérieux et volontaire, mais le trio, grâce à son rythme élégant, ses harmonies étonnantes et ses cloches aiguës de pédales de dominante, atteint au sublime.

Le dernier mouvement, peut-être le plus original et fascinant des quatre, est une vraie musique paysanne festive, rappelant des sonorités de cornemuse et utilisant plusieurs séries de rythmes répétés. Son deuxième épisode nous ramène encore une fois dans l’intimité douloureuse de Schubert grâce à une longue mélodie en do mineur accompagnée d’accords arpégés, puis d’un appel épique au courage par des octaves à la main gauche suivies d’accords brisés à la main droite. La coda, transcendante, monte vers le ciel.

© Mathieu Gaudet

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À propos

Mathieu Gaudet
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