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AN 2 8799 Octuor Schubert Solistes OSM

Schubert : Octuor en fa majeur, D. 803

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L’enregistrement de l’Octuor en fa majeur, D. 803 de Franz Schubert constitue, pour les Solistes de l’OSM, la suite logique de celui du Septuor en mi bémol majeur, op. 20 de Ludwig van Beethoven. Plusieurs ont en effet souligné les ressemblances entre ces deux œuvres, composées à 25 ans d’intervalle : elles requièrent une formation instrumentale similaire – Schubert a simplement ajouté un deuxième violon au groupe violon, alto, violoncelle, contrebasse, clarinette, basson et cor du Septuor de Beethoven –, comptent six mouvements, qui s’enchaînent selon un parcours tonal identique et présentent toutes deux un caractère généralement optimiste. Étant donné ces nombreuses similitudes et la popularité dont jouissait le Septuor de Beethoven à Vienne au début du XIXe siècle – qui agaçait son compositeur même ! –, certains musicologues ont émis l’hypothèse selon laquelle le modèle de Beethoven aurait pu avoir été prescrit à Schubert par le comte Ferdinand Troyer, clarinettiste, qui lui a fait la commande de l’œuvre en février 1824.

Au début de l’année 1824, les choses se transforment autour de Franz Schubert : le décès de la femme d’Ignaz Sonnleithner, dans la maison de qui plusieurs des œuvres du jeune compositeur avaient été créées pour un cercle d’amateurs choisis, met fin aux concerts qui y avaient lieu depuis 1816. Ainsi, plusieurs des amis de Schubert s’éloignent de Vienne pour un temps ou pour de bon. Dans la Société de lecture à laquelle Schubert prend part, ces désertions font en sorte que les jeunes gens plus intéressés à parler «d’équitation et d’escrime, de chevaux et de chiens» que de thèmes littéraires (comme l’écrit Schubert à Schober) supplantent en nombre les âmes dotées d’une sensibilité plus artistique. Dans cette période plutôt solitaire, Schubert est absorbé par son travail, témoigne Moritz von Schwind, jeune artiste ami de Schubert depuis 1821, qui s’en rapproche davantage à cette époque : « Depuis un certain temps déjà, il travaille avec le plus grand zèle à un octuor. Quand on lui rend visite pendant la journée, il vous demande: “Bonjour ! comment va ? bien ?”, et il se remet à écrire ; aussi n’a-t-on plus qu’à s’en aller. » De fait, il semble que la composition de l’Octuor ait été plutôt rapide, puisque, dès le 1er mars, l’œuvre est achevée.

Tout comme celui du Septuor de Beethoven, le premier mouvement de l’Octuor de Schubert s’ouvre par une introduction lente. L’Allegro qui suit, avec l’utilisation insistante du rythme « croche pointée-double» et le rôle important confié au premier violon, met en place des éléments qui perdureront tout au long de l’œuvre. Le début du deuxième mouvement, un adagio en si bémol majeur, préfigure l’« Ellens Gesang III », (qu’on désigne aujourd’hui sous le nom d’« Ave Maria de Schubert») avec son chant à la clarinette qui se déploie sur un accompagnement d’arpèges brisés en sextolets de doubles croches. Le troisième mouvement, marqué Allegro vivace, est un Scherzo caractérisé par son rythme pointé incisif, qui dans le Trio cède sa place à la superposition d’un thème legato, plus chromatique, et d’un contrepoint de violoncelle évoquant la basse continue. Pour le Thème et variations du quatrième mouvement, Schubert réutilise un duo écrit quelque neuf ans plus tôt pour son opéra Die Freunde von Salamanka, D. 326 (qui ne sera jamais représenté du vivant de Schubert), lui-même très proche du thème du deuxième mouvement de sa Symphonie en si bémol majeur, D. 125 (1814-1815). L’un des moments forts de ce quatrième mouvement se trouve lors du passage de la cinquième à la sixième variation: entre le caractère dramatique de la cinquième variation, en do mineur, avec ses inéluctables triples croches au second violon et à l’alto, ainsi que l’atmosphère éthérée créée dans la sixième variation par l’utilisation de la tonalité de la bémol majeur et du registre aigu, le contraste est particulièrement saisissant. Après un sage Menuetto, construit sur une cellule mélodico- rythmique évoquant le premier mouvement, Schubert fait débuter le sixième mouvement d’une façon inattendue, par une introduction en fa mineur, angoissante avec ses nuances mouvantes et ses trémolos de violoncelle. L’Allegro arrive comme une joie contenue, d’abord discrètement avec les cordes seulement, qui jouent piano, auxquelles se joignent par la suite les vents pour une deuxième itération du thème, cette fois-ci plus exubérante. L’agilité du premier violon et de la clarinette est ensuite mise en valeur dans un deuxième thème plus capricieux, où les deux instruments s’échangent un motif de rapides triolets. Un rappel de l’introduction, dans lequel des traits ascendants de violon amoindrissent la tension par rapport au début du mouvement, précède une finale glorieuse, en un perpétuel accelerando.

© Florence Brassard

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Les Solistes de l’OSM / OSM Chamber Soloists
Andrew Wan
AN 2 9530 Kuhlau Grandes Sonates

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