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AN 2 9819

Fantasia pour flûte et guitare

Date de sortie 18 octobre 2005
Numéro de l'album AN 2 9819
Periodes Romantique
Genres Musique de chambre

Informations sur l'album

La fantaisie instrumentale sur des mélodies populaires est probablement aussi ancienne que la musique elle-même. Au 19e siècle, ce genre de fantaisie fut surtout le fait de virtuoses qui aimaient se composer des pièces de bravoure faites sur mesure pour mettre en valeur leurs meilleurs atouts. Et une façon supplémentaire de favoriser l’adhésion du public était d’écrire des fantaisies sur des airs connus d’opéras célèbres. C’est justement ce que vous propose Similia, dans des arrangements pour flûte et guitare.

Dans la seconde moitié du 19e siècle, la facture de la flûte traversière avait atteint en France un niveau d’excellence unique en Europe. On y avait poursuivi le travail révolutionnaire de Theobald Boehm, un flûtiste et facteur allemand qui, en 1847, avait littéralement métamorphosé l’instrument. Il avait abandonné la flûte traditionnelle en bois à perce conique qui avait fait les belles heures du Baroque, pour créer celle que l’on connaît aujourd’hui et qui porte son nom, la flûte Boehm en métal cylindrique pourvue d’un jeu de clefs sur les trous permettant une plus grande précision et fluidité des traits de virtuosité. Les facteurs français perfectionnèrent ce jeu complexe et sophistiqué de clefs et les virtuoses français ne se contentèrent pas d’adopter plus rapidement que les autres ce qui demeurait alors un prototype que plusieurs regardaient avec suspicion, mais ils composèrent un important répertoire de pièces pour mettre en valeur les capacités exceptionnelles du nouvel instrument.

C’est le cas de Paul-Agricol (ou Agricole) Genin (1832-1909) et, une génération après lui, de François Borne (1862-1929), deux flûtistes dont, sur le plan biographique, on ne sait pratiquement rien, si ce n’est que Genin fut première chaise de l’orchestre du Théâtre Italien et des Concerts Colonne à Paris, et Borne, professeur de flûte au Conservatoire de Toulouse et co-inventeur d’un mécanisme qui permet au mi aigu de mieux répondre sur la flûte Boehm.

Si l’on ne connaît que peu de choses de ces deux musiciens qui ne semblent avoir écrit essentiellement que pour leur instrument, leurs nombreuses œuvres par contre se sont maintenues dans le répertoire au-delà des modes et contre vents et marées, à cause bien sûr de leur caractère brillant et virtuose, mais aussi à cause des airs d’opéras célèbres qu’elles s’amusent à faire surgir de ce qui, au départ, se présente comme une improvisation libre. C’est ce que fit François Borne dans sa Fantaisie brillante sur Carmen, imitant en cela les modèles de son prédécesseur Genin sur La Traviata, mais aussi de l’Allemand Karl Doppler, dans sa fantaisie pour deux flûtes sur Rigoletto.

Karl Doppler (1825-1900) commença sa carrière comme enfant prodige à l’âge de neuf ans en parcourant l’Europe avec son frère aîné Franz (1821-1883), également flûtiste. Le duo était réputé pour la cohésion de son jeu même dans les passages les plus difficiles, mais aussi parce que, Karl tenant sa flûte à l’envers (vers la gauche), l’ensemble donnait une image parfaitement symétrique. Fidèles jusqu’à la fin à l’ancienne flûte en bois, tous deux firent par la suite de brillantes carrières de virtuose, de chef d’orchestre et de compositeur, touchant à tous les genres, de la musique de chambre à l’opéra en passant par la musique symphonique et concertante. Ils passèrent d’abord près de 20 ans ensemble dans la capitale hongroise. Ensuite, Carl fut nommé Kapellmeister à la cour de Stuttgart et Franz, à Vienne, devint professeur au conservatoire et directeur du ballet de la cour impériale. La fantaisie pour deux flûtes sur Rigoletto de Karl fut probablement composée pour l’un des concerts qu’il ne cessa de donner avec son frère une fois adulte, ainsi que la Fantaisie pastorale hongroise de Franz, qui aurait peut-être aussi collaboré à celle sur Rigoletto.

Les flûtistes ne furent pas les seuls à écrire des  » fantaisies brillantes  » pour leur instrument. Les violonistes ne leur cédèrent en rien et Pablo de Sarasate (1844-1908) fut probablement le plus célèbre de sa génération. Né en Espagne, il fit cependant ses études au Conservatoire de Paris et la capitale française demeura son port d’attache jusqu’à sa mort, Sarasate menant une intense carrière à travers l’Europe et les Amériques. Il composa aussi pour son instrument plus d’une cinquantaine de pièces de virtuosité, soit avec piano, soit avec orchestre, une grande partie d’inspiration espagnole et une autre faite de fantaisies sur des airs d’opéras célèbres. Avec son titre allemand Zigeunerweisen, qui veut dire  » Airs  » (Weisen)  » Tziganes  » (Zigeuner), son opus 20, que Similia présente ici dans une version pour flûte et guitare, fait figure d’exception. Par sa succession de mélodies langoureuses et nostalgiques débouchant sur des traits de danse endiablée, la pièce s’inspire librement de la csardas hongroise, fausse danse populaire inventée de toutes pièces à la fin du 18e siècle par un aristocrate et qui, ironie de l’histoire, fut par la suite adoptée par les tziganes comme une des leurs. Mais, par la façon dont Sarasate multiplie dans ce canevas les effets spectaculaires, cette œuvre possède aussi toutes les caractéristiques d’une  » fantaisie brillante « .

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Entre ces brillantes fantaisies du 19e siècle, Similia a intercalé des œuvres de jeunes compositeurs d’aujourd’hui.
Guitariste et compositeur, le Français Erik Marchelie privilégie dans son oeuvre l’association de la guitare avec d’autres instruments ou ensembles instrumentaux. Pour la flûte et la guitare, il a composé pas moins de sept pièces, dont une Sonatine en trois mouvements. Dans Gémeaux, dédiée à Similia,  » des atmosphères contrastées sont mises en alternance « , note Marchelie ;  » à des moments calmes ou inquiets succèdent des passages vifs et énergiques « . Quant à la Valse, il s’agit d’une  » pièce plus modeste dans son propos, plus française également par son esprit de légèreté et d’évidente simplicité. Elle parle au cœur plus qu’à la raison dans un langage direct et dépouillé « .

Enfin, Michael Conway Baker est un des compositeurs canadiens les plus en demande dans le domaine du cinéma et de la télévision. Œuvrant à Vancouver, il a composé la musique de plus de 180 films et programmes de télévision, dont plusieurs ont été primés. Mais il a aussi à son actif plus de 125 œuvres de musique symphonique et concertante et plusieurs dizaines de musique de chambre. Elegy est une œuvre originalement conçue pour flûte et orgue que le compositeur s’est fait un plaisir de revoir pour flûte et guitare à la demande de Similia.

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AN 6 1041
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