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AN 2 9999 Schubert Sessions Lieder Guitare

Schubert Sessions - Lieder avec guitare

Compositeurs
Date de sortie 14 octobre 2016
Numéro de l'album AN 2 9999
Periodes Classique

Ils en ont parlé

Informations sur l'album

SCHUBERT ET LA GUITARE
– ENTRE L’ARS NOVA ET LA CHANSON MODERNE

Personnalité timide, génie modeste entre tous, Franz Peter Schubert se distingue par ceci; qu’il n’a jamais occupé de fonction musicale officielle. Vivant chichement, entouré d’amis issus de milieux artistiques et littéraires, Schubert était le point central d’événements artistiques organisés périodiquement et connus sous le nom de Schubertiades. Ces rencontres étaient l’occasion pour lui de faire entendre ses plus récentes compositions, parmi lesquelles les lieder figuraient au premier plan. Plusieurs de ceux-ci – il en composa plus de 600 – ont vraisemblablement pris forme à la guitare; il est vrai que Schubert apprit très tôt à jouer de l’instrument à six cordes, qu’il en possédait plusieurs, qu’il en jouait avant le petit déjeuner, honorant parfois de l’exécution d’un lied fraîchement composé la visite impromptue d’un ami. On sait que Schubert ne disposait pas d’une situation financière qui lui permit d’acheter un piano, or la guitare était le moyen par lequel il pouvait entendre le rendu sonore de ses compositions. Parce que celle-ci jouissait déjà d’une très grande popularité à l’époque, plusieurs éditeurs de musique, dont Diabelli, l’éditeur de Schubert, proposaient des transcriptions d’oeuvres pour l’instrument. Il n’est pas étonnant que la première édition du cycle de lieder Die Schöne Mu?llerin – dont la pièce Der Mu?ller und der Bach figure sur le présent album – ait été publiée pour accompagnement de guitare. Maître incontesté du lied, Schubert peut également être considéré comme l’un des ancêtres de la chanson moderne. Depuis l’avènement de l’Ars nova (« art nouveau ») au 14e siècle, courant musical dont l’un des principaux représentants est le poète et musicien Guillaume de Machaut, les formes lyriques
connaissent plusieurs innovations poétiques et stylistiques, lesquelles conduisent, au début du 16e siècle, à l’apparition des premiers lieder strophiques pour voix seule. Successivement, les formes lyriques au temps des troubadours – temps duquel le luth, instrument voisin de la guitare, fut l’un des moyens d’expression de prédilection –
convergent naturellement au lied allemand.

La rencontre entre Philippe Sly et le guitariste John Charles Britton (qui signe les arrangements des oeuvres du présent album) n’est certes pas le fruit d’un hasard. Collaborant depuis plusieurs années, les deux artistes reconnaissent en ces Schubert Sessions une façon d’élargir et revendiquer la place qu’occupe le compositeur viennois dans la culture populaire, notamment son influence sur la chanson moderne. Par conséquent, le présent album témoigne de la nécessité de revisiter ces chefs-d’oeuvre lyriques dans une forme qui privilégie non seulement leur idiomatisme (plusieurs des pièces, dont Wohin et Auf Dem Wasser zu singen, recèlent une écriture plus guitaristique que pianistique), mais aussi leur essence polymorphe. Le pari, simple en apparence, est pourtant audacieux : présenter dans sa forme la plus naturelle un recueil de pièces dont l’expressivité autorise l’affranchissement de principes de base, ou la dérobation d’un certain apostolat – fictif ou réel – dans le monde de la musique classique.

Il serait impossible de conclure sans parler de l’amitié, valeur si chère à Schubert, et que Philippe Sly et John Charles Britton ne sont pas sans ignorer. En effet, la guitare, en comparaison au piano, octroie une plus grande proximité physique avec le chanteur. Cette complicité artistique sera d’autant plus perceptible à celle ou celui qui prêtera attentivement l’oreille. À propos de son ami Schubert, le compositeur Albert Stadler écrivit : « Quand Schubert était avec nous, nous l’enfermions en attendant dans la Kamerata – salle d’études des élèves – et nous lui donnions quelques feuilles de papier à musique et un volume de vers quelconque qui nous tombait sous la main, pour qu’il pût passer le temps. Lorsque nous revenions de l’église, il y avait généralement quelque chose d’achevé, qu’il m’abandonnait volontiers. Il nous apportait fidèlement ce qu’il avait composé chez lui; nous nous sauvions alors avec lui, ou même sans lui, dans une salle éloignée où il y avait un piano – nous étions ravis d’enthousiasme et enchantés. Et quand nous donnions cours à notre sentiment, il se mettait tout tranquillement au piano, souriait ou lâchait quelque blague; néanmoins cela lui faisait plaisir que nous l’eussions compris. » Cette dernière phrase évoque à elle seule toute l’étendue de la sensibilité et de la générosité du génie de Schubert.

(Citation extraite de Schubert raconté par ceux qui l’ont vu, J.-G. Prud’homme, ed. Stock )

© Claudio Pinto

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À propos

Philippe Sly
AN 2 8786 Jean-Marie Leclair: Six Sonates Deux Violons
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