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FL 2 3005

Bach, Walther: Concertos transcrits pour clavier

Interprètes
Date de sortie 14 août 1995
Numéro de l'album FL 2 3005
Periodes Baroque
Genres Piano et autres claviers

Informations sur l'album

La transcription pour clavier de concertos italiens ou de style italien est une forme propre à l’Allemagne du XVIIIe siècle. Ce répertoire d’orgue et de clavecin consiste en un corpus d’environ 150 œuvres. Johann Sebastian Bach et Johann Gottfried Walther en sont les plus illustres représentants, tant par la quantité de concertos qu’ils ont transcrits (respectivement 22 et 78), que par le résultat musical exceptionnel auquel ils sont parvenus.

J.S. Bach transcrit ces œuvres entre le 8 juillet 1713 et le 4 juillet 1714 à la cour du duc Wilhelm Ernst de Weimar. Bach a donc entre 28 et 29 ans. Il en transcrit 16 pour le clavecin, dont les concertos BWV 974 et 972, et six pour l’orgue, dont les concertos BWV 593 et 592 enregistrés sur ce disque. Cinq des originaux dont il s’est servi ne nous sont pas connus. Les autres sont transcrits d’après des concertos originaux de Antonio Vivaldi (exactement la moitié) et des frères Alessandro et Benedetto Marcello. Il en transcrit également de compositeurs allemands ayant écrit dans le style italien: un de Georg Philipp Telemann, cinq du neveu du duc régnant, le prince Johann Ernst de Saxe-Weimar, dont le BWV 974 enregistré sur ce disque. Ce prince est mort à l’âge de 19 ans. Il était élève en composition de J.S. Bach, qui arrangeait ses œuvres plus qu’il ne les transcrivait.

La production de J.G. Walther, quant à elle, s’échelonne sur 20 ou 30 ans, commençant à la même époque que celle de Bach, alors que Walther vivait également à Weimar. La plupart des originaux qu’il utilise ne nous sont pas connus. Walther identifie certains des compositeurs dans ses titres mais il lui arrive d’attribuer faussement un concerto. Ainsi le Concerto « del Signor Meck », LV 133, est en fait un original de Vivaldi, (Concerto en mi mineur, RV 475, pour trois violons, alto et continuo. Voir l’édition de Klaus Beckmann, Breitkopf Härtel, Wiesbaden 1975). Quant au Concerto « del Signor Manzia », LV 132, son origine n’a pas encore été découverte. L’éditeur Heinz Lohmann suggère de chercher parmi les œuvres de Francesco Mancini (1672-1737), n’ayant rien trouvé dans celles de Luigi Mancia (dates inconnues).

L’on conteste aujourd’hui l’opinion selon laquelle ces transcriptions étaient un travail d’étude que Bach et Walther avaient entrepris en puisant dans la bibliothèque du duc régnant (grand collectionneur de partitions et passionné de musique). Il semble plutôt que ce soit le duc lui-même qui leur en ait passé la commande. J.G. Walther et J.S. Bach sont petits-cousins germains par leurs mères dont le nom est Lämmerhirt. De cette famille, les deux compositeurs ont en commun un penchant pour la philosophie et la mystique. Walther prouve par ses transcriptions qui nous sont parvenues en autographe qu’il a une maîtrise manuelle supérieure à celle de ses contemporains, Bach excepté. Il est, tout comme le duc régnant, collectionneur passionné de musique de son temps, d’où le grand nombre de concertos qu’il a laissés. Il occupe une place significative dans l’histoire comme étant l’éditeur du premier dictionnaire de la musique.

Notes sur l’interprétation

L’idée d’utiliser un orgue italien pour l’exécution d’un répertoire conçu pour un instrument allemand s’inscrit dans la ligne de pensée qui a conduit à l’élaboration de ce disque, qui a pour thème l’adaptation. Un des principaux critères d’interprétation est le choix judicieux de l’instrument par rapport au répertoire joué. La chaleur intrinsèque à l’orgue italien ne peut en aucun cas trahir la musique « italienne » interprétée ici. De plus, certains concertos transcrits pour le clavecin sont ici interprétés à l’orgue. On connaît la tradition du XVIIe siècle qui nous a légué un répertoire de clavier (indifféremment à l’orgue ou au clavecin).

Quoique transcrits pour le clavecin, les concertos BWV 972 et 974 se jouent particulièrement bien à l’orgue. L’instrument d’origine du concerto de A. Marcello est le hautbois, dont la sonorité est beaucoup plus proche d’un jeu d’orgue que de celui d’un clavecin. L’interprétation à l’orgue de ces deux concertos permet donc aux mouvements lents de prendre toute leur valeur expressive.

© Geneviève Soly

L’orgue de l’église Notre-Dame-de-la-Défense (Montréal)

Bien que conçu et réalisé selon les principes de la facture classique, cet orgue de 15 jeux n’est toutefois pas la copie servile d’un instrument historique. Attirés par les sonorités de l’école italienne à son apogée, les facteurs d’orgues ont exploré la subtilité d’un ripieno typique, sa luminosité naturelle, ses timbres clairs et sa légèreté diaphane. Les rangs de flûtes et de principaux, à l’encontre de l’usage établi, sont ici commandés par deux claviers distincts, conférant ainsi à l’instrument plus de souplesse et de versatilité que le traditionnel clavier unique. Les tuyaux sont toutefois regroupés sur un seul sommier, ce qui favorise l’homogénéité des mélanges. Une mécanique suspendue, très précise et légère, même lorsque les claviers sont accouplés, assure à l’organiste un contact étroit et confortable avec l’instrument. Le pédalier de 30 notes est doté de jeux qui lui sont propres.

Denis Juget et Jacques L’Italien ont fait l’harmonisation, en constante collaboration avec le professeur Massimo Rossi, de l’Université de Montréal, qui a une profonde connaissance de l’orgue italien. Ses conseils furent d’autant plus précieux pour le facteur que celui-ci abordait ce type de facture pour la première fois.

Karl Wilhelm Inc., facteurs d’orgues

Karl Wilhelm a reçu sa formation en Allemagne et en Suisse avant de s’installer à Mont St-Hilaire au Québec. De son atelier, établi en 1966, sont sortis 130 instruments, installés au Canada et aux États-Unis. Avec son équipe d’organiers accomplis, Karl Wilhelm inc. se spécialise dans la conception et la réalisation d’orgues à traction mécanique fidèles aux principes de la facture de tradition classique.

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À propos

AN 6 1038
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