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FL 2 3134

Bach: Suites pour orchestre

Date de sortie 28 janvier 2003
Numéro de l'album FL 2 3134
Periodes Baroque

Informations sur l'album

Suites pour orchestre nos 1, 3 et 4

Lorsqu’on jette un coup d’œil sur une liste des compositions de Jean-Sébastien Bach (1685-1750), on se rend compte que sa production instrumentale, surtout celle pour orchestre ou pour une formation de chambre, est très restreinte. Le catalogue thématique de ses œuvres compte autour de 1080 titres, dont la moitié est constituée de musique vocale et/ou chorale sacrée et un quart de musique d’orgue.

Des 300 œuvres instrumentales restantes, quelque 225 sont pour clavecin seul, ce qui ne laisse plus guère qu’une poignée d’œuvres pour violon seul, violoncelle seul, petit ensemble de chambre ou orchestre. Il est curieux, donc, que ce soit sur cette petite part de sa production que repose surtout la renommée actuelle de Bach.

Demandez au mélomane moyen de chantonner une aria tirée d’une cantate de Bach et il est probable qu’il y parvienne difficilement, alors qu’il pourra sans doute aisément siffloter le thème du Cinquième Brandebourgeois ou l’Air « sur la corde de sol » de la Troisième Suite d’orchestre. La raison de ce déséquilibre apparent est assez simple: le glissement du sacré au profane dans la pratique musicale publique en Allemagne est survenu après Bach.

Ses plus larges auditoires se retrouvaient parmi les fidèles des nombreuses églises où Bach a travaillé, et une grande partie de son temps à la fois comme interprète et comme compositeur a été consacrée à fournir des musiques pour ce public. Seulement deux des postes officiels de Bach ont requis de lui qu’il compose et joue une certaine quantité de musique instrumentale: celui de Kapellmeister auprès du prince Léopold de Cöthen (1717-1723) et celui de directeur du Collegium Musicum de Leipzig (1729-1741).

À Cöthen, il avait sous sa direction un ensemble d’instrumentistes forts talentueux en plus d’avoir un employeur au goût sûr, ce qui a su inspirer au Kapellmeister de nombreux chefs-d’œuvre. À Leipzig, il était responsable des concerts hebdomadaires du vendredi donnés par le Collegium Musicum au café Zimmermann. Le Collegium était formé d’étudiants universitaires auxquels s’ajoutaient des musiciens amateurs et professionnels, et accueillait des solistes itinérants, souvent de grand renom.

La datation des œuvres instrumentales de Bach qui subsistent est en bien des cas impossible. Bon nombre d’œuvres qu’on croyait avoir été composées à Cöthen sont maintenant considérées comme ayant été écrites pour le Collegium de Leipzig. Beaucoup d’œuvres, dont les suites d’orchestre, subsistent uniquement sous la forme de copies réalisées par des amis ou des collègues de Bach. Il nous est parvenu seulement quatre suites: la première suite pour deux hautbois, basson et cordes; la deuxième suite pour flûte et cordes; et les troisième et quatrième suites pour un plus grand ensemble comprenant hautbois, basson, trompettes, timbales et cordes.

Les quatre suites sont toutes dans le style adopté à l’époque par les allemands et rendu célèbre par des compositeurs tels que Telemann et Fasch: chacune commence par une ouverture — avec une longue et complexe section fuguée comprenant des éléments du concerto grosso italien — suivie d’une série de danses et de pièces de caractère.

Suite No. 1 en do majeur (BWV 1066)

Tout au long de la Première Suite, les trois instruments à vent (deux hautbois et un basson) occupent le premier plan. Les mouvements de danse montrent à quel point Bach maîtrisait le style des danses de cour françaises, tout comme dans ses suites pour le clavier. Parmi les danses, on retrouve le seul exemple chez Bach d’une forlane, une danse de rue vénitienne à l’origine accompagnée par une mandoline, des castagnettes et des tambours. La forlane est devenue populaire dans les ballets français du XVIIIe siècle, et Telemann l’a importée à son tour dans la suite d’orchestre allemande.

Suite No. 3 en ré majeur (BWV 1068)

Plus extravertie, la Troisième Suite, pour trois trompettes, timbales, deux hautbois, basson et cordes, est probablement la plus populaire des suites de Bach, peut-être à cause de son célèbre Air. Ce dernier est une oasis de beauté et de paix entre l’énergie de l’ouverture et l’exubérance des danses suivantes. Mendelssohn s’est fait le champion de cette suite et nous apprend dans une de ses lettres qu’il la joua pour Goethe en 1830.

Suite No. 4 en ré majeur (BWV 1069)

La Quatrième Suite ajoute un troisième hautbois à l’instrumentation de la Troisième. Son histoire est plus compliquée: dans sa version originale, probablement écrite à Cöthen mais aujourd’hui malheureusement perdue, elle ne comprenait ni trompettes, ni timbales. L’ouverture, avec l’ajout de flûtes, trompettes et timbales, a été utilisée plus tard comme premier mouvement de la Cantate 110, « Unser Mund sei voll Lachens ». Les sections extrêmes majestueuses y étaient strictement orchestrales, mais J.S. Bach ajouta à la section fuguée, en une magistrale parodie, un chœur à quatre voix. Plus tard encore à Leipzig, il retourna à l’œuvre pour en faire la suite telle qu’on la connaît. Dans cette version, Bach conserva les trompettes et timbales de la cantate, n’y apportant que de légères modifications, et retravailla les mouvements de danse pour y inclure les cuivres.

© Charlotte Nediger
Traduction: Jacques-André Houle

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