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FL 2 3136

J.S. Bach: Cantate du café; Cantate des paysans

Date de sortie 12 septembre 2000
Numéro de l'album FL 2 3136
Periodes Baroque

Informations sur l'album

La Cantate du café

La Cantate du café fut composée vers 1734 sur un texte du poète leipzigois Christian Friedrich Henrici qui, sous le pseudonyme de Picander, avait publié plusieurs volumes intitulés Ernst-schertzhaffte und satyrische Gedichte (« Poèmes gravement drôles et satyriques »).

Le goût du café avait récemment pris l’Allemagne d’assaut et les cafés de Leipzig étaient alors particulièrement à la mode. Le Café Zimmermann de cette ville accueillait le Collegium Musicum, une association de musiciens et d’étudiants universitaires fondée par Telemann en 1702. J.S. Bach en assuma la direction en 1729, six ans après son arrivée à Leipzig. Des concerts étaient présentés hebdomadairement au Café: en hiver les vendredis de 20 heures à 22 heures, et en été, dans les jardins, les mercredis de 16 heures à 18 heures.

Cette cantate enjouée a été composée pour le Collegium. Son texte se moque à la fois des jeunes entichés du café et de la « vieille garde » rigide qui ne voit que du mal au nouveau breuvage. L’histoire en est toute simple: Lieschen (Lisette), une jeune fille de la ville, est tombée follement amoureuse du café; elle est prête à tout sacrifier pour ses « trois tasses quotidiennes ». Son père, Schlendrian — un nom qui pourrait se traduire par « Vieux Barbon » —, est tout aussi déterminé à préserver sa fille de cette odieuse boisson. La capricieuse Lieschen est accompagnée par une flûte langoureuse tandis que le père têtu est accompagné par une basse obstinée. Lieschen ne change d’avis que lorsque son père la menace de lui interdire son mariage.

Le poème de Picander se termine à cet endroit, mais Bach voit en Lieschen une fille bien plus astucieuse. Il rajoute le récitatif et le chœur finals où Lieschen déclare qu’elle n’épouserait que l’homme qui signerait au préalable un contrat lui autorisant de boire tout le café qu’elle désire. Bach, après tout, a destiné cette cantate au Café Zimmermann — et on sait que Bach lui-même savourait ses « trois tasses quotidiennes »!

La Cantate des paysans

La Cantate des paysans fut composée sur une commande de Carl Heinrich von Dieskau, surintendant des impôts du district de Leipzig. En août 1742, une cérémonie fut organisée sur son domaine à Klein-Zschocher, près de Leipzig. Il venait de toucher un gros héritage et ses métayers furent invités à se joindre aux réjouissances et à offrir leurs traditionnels témoignages de respect. Dieskau demanda à Bach de composer une cantate pour la circonstance. Picander contribua de nouveau le texte, écrit cette fois dans un dialecte haut-saxon plutôt truculent.

J.S. Bach répondit à ce texte de manière idoine en composant une musique qui reflète à la fois le dialecte et le sujet. Il qualifia cette œuvre de « cantate burlesque » et incorpora des mélodies folkloriques allemandes et polonaises dans l’agreste sinfonia d’ouverture ainsi que dans quelques airs. Les dialogues entre le soprano et la basse offrent aussi à Bach l’occasion de se rire des dernières tendances en musique: d’une part la simplicité et le caractère direct, et d’autre part les maniérismes élaborés.

La Cantate du café et la Cantate des paysans nous laissent entrevoir un aspect trop souvent oublié du caractère de J.S. Bach: ce grand génie de la musique baroque avait un sens de l’humour bien aiguisé… et un penchant pour le café et la bière!

© Charlotte Nediger
Traduction: Jacques-André Houle

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À propos

Tafelmusik Baroque Orchestra
AN 2 9763
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