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AN 2 9878

J.S. Bach: Cantates BWV 54 & 170; Concerto BWV 1060; Suite pour orchestre No. 2

Date de sortie 04 octobre 2011
Numéro de l'album AN 2 9878
Periodes Baroque

Informations sur l'album

Johann Sebastian Bach a composé une douzaine de cantates d’église pour voix soliste, dont quatre pour alto : BWV 54, 170, 35 et 169. Les Cantates 54 et 170 sont toutes deux basées sur des textes de Georg Christian Lehms, poète de la cour de Darmstadt, tirés de Gottgefälliges Kirchen-Opffer, son cycle pour cantates daté de 1711. La Cantate 54 reprend le texte « Widerstehe doch der Sünde » (Résiste au péché), rappelant les dangers du péché. L’une des premières de Bach, la cantate a été composée à Weimar, alors que Bach y travaillait comme organiste et musicien de la cour. Elle est orchestrée pour deux violons, deux altos et continuo, et s’amorce sur un accord incroyablement impur. L’aria finale, une fugue sur un sujet chromatique, exhorte avec rigueur l’auditeur à demeurer ferme.

Faisant partie du troisième cycle annuel de cantates écrit alors qu’il était Kapellmeister à la Thomaskirche de Leipzig, la Cantate 170 a été créée le sixième dimanche après la Trinité (le 28 juillet) en 1726. Elle est la première d’une série composée à l’époque mettant l’orgue au premier plan, peut-être pour Wilhelm Friedemann, l’aîné des fils Bach, ou sinon aurait été jouée par le compositeur lui-même. La cantate s’ouvre sur une magnifique aria en un chantant 12/8, dépeignant le « merveilleux repos » trouvé dans « l’harmonie du Ciel ». Un récitatif mène à une aria alambiquée dans laquelle l’orgue solo et le chanteur sont accompagnés non pas par le continuo, mais par les violons et l’alto qui jouent la ligne de basse à l’unisson. Les lignes sinueuses et chromatiques de l’orgue sont interrompues par des jaillissements élaborés tant à l’orgue qu’à la voix sur les mots « wenn sie sich nur an Rach und Haß erfreun » (quand ils se réjouissent seulement de la vengeance et la haine) et « so frech verlacht » (qui rient de façon méprisante). L’aria finale promet la joie de quitter ce monde-ci, avec un obbligato à l’orgue presque étourdissant. La cantate aurait été interprétée sur le grand orgue de l’Église Saint-Thomas et la deuxième aria spécifiquement conçue pour être jouée sur deux claviers, avec de nombreux croisements de mains. Nous ne pouvions disposer d’un orgue d’église baroque pour cet enregistrement, mais avons eu la chance de pouvoir utiliser un superbe orgue portatif construit par le facteur d’orgues torontois Thomas Linken et avons adapté les croisements de mains afin de pouvoir transmettre la partition sur un seul clavier.

Quand on étudie les œuvres instrumentales de Bach, on peut affirmer avec certitude que ce dernier réutilisait fréquemment des œuvres entières en les présentant autrement, les adaptant aux circonstances. Des concertos pour violon sont devenus des concertos pour clavecin, et des sinfonias extraites de cantates des concertos instrumentaux. Les indices laissés par Bach dans ses propres transcriptions et emprunts ont heureusement permis aux générations suivantes de musiciens de reconstruire des œuvres perdues et d’enrichir, même à petite échelle, sa sinon désespérément limitée production orchestrale. L’une de ces reconstructions les plus populaires reste celle du Concerto pour hautbois et violon, transcription du Concerto pour deux clavecins en do mineur de Bach, BWV 1060. Ce dernier est l’un des trois concertos pour deux clavecins existants, l’un de ceux-ci ayant également survécu en version pour deux violons (le célèbre Concerto pour deux violons en mineur, BWV 1049), présumée antérieure à celle pour deux clavecins. En s’inspirant de ce modèle, les musicologues et les musiciens se sont mis à restaurer le vraisemblablement perdu prédécesseur du Concerto en do mineur, BWV 1060. La nature contrastante des deux parties solistes pour clavecin nous porte à croire que l’original aurait été arrangé pour deux instruments solistes différents; la réalisation de la basse chiffrée et la tessiture nous permettent de supposer qu’un hautbois et un violon auraient été un choix logique ici. Le catalogue de l’éditeur Breitkopf de l’année 1764 mentionne un concerto de Bach sous ces termes : « Concerto pour hautbois. Concerto pour violon, 2 violons, alto, basse », possiblement une référence au concerto en do mineur dans sa forme originale.

Tout comme les concertos, les quatre suites orchestrales de Bach qui subsistent possèdent une histoire intéressante. Le musicologue Joshua Rifkin a fait une étude approfondie des sources restantes des suites et a conclu que, telles que nous les connaissons aujourd’hui, les deuxième, troisième et quatrième se veulent des réécritures d’œuvres antérieures. Dans le cas de la Deuxième Suite, il est évident lorsque l’on se penche sur les manuscrits existants qu’elle a d’abord existé en la mineur, un ton plus bas que la version mieux connue en si mineur. Cette dernière est orchestrée pour flûte solo et cordes, mais on doit éliminer l’utilisation possible de la flûte dans la version en la mineur, la tessiture de l’œuvre dépassant celle de l’instrument. Rifkin a conclu que l’original avait donc été conçu pour un violon solo plutôt qu’une flûte et qu’elle aurait bien pu s’inspirer d’une suite semblable pour violon et cordes du cousin de J.S. Bach, Johann Bernhard Bach, partition qui se trouvait dans la bibliothèque Bach. Côté style, la suite est la plus française des quatre et la seule à mettre en lumière un instrument soliste.

© Charlotte Nediger
Traduction de Lucie Renaud

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À propos

Tafelmusik Baroque Orchestra
AN 2 9835
AN 2 9835

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