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FL 2 3138

Telemann: Suites pour orchestre: Alster; Burlesque de Don Quixotte; La Bourse

Date de sortie 05 octobre 1999
Numéro de l'album FL 2 3138
Periodes Baroque

Informations sur l'album

Le présent choix de suites pour orchestre démontre bien les aptitudes de Telemann comme compositeur de musique à programme. Les éléments programmatiques vont de la représentation musicale d’idées, d’émotions, d’images ou d’événements à l’imitation pure et simple de bruits.

Ouverture Alster

L’Ouverture Alster dépeint le tableau de la vie courante sur les berges de l’Alster à Hambourg et ses alentours. L’œuvre est écrite pour une combinaison assez rare de quatre cors, hautbois, basson et cordes, avec les cors et les vents qui partout dominent. Il s’agit peut-être de la plus « pittoresque » des suites pour orchestre de Telemann.

On y retrouve la déesse guerrière Athéna Pallas se divertissant et Pan, le dieu des pâturages, au repos. On y entend les carillons de la ville et la musique villageoise des bergers de l’Alster. On y admire un cygne gracieux et y subit la sérénade d’un concert bruyant de grenouilles et de corneilles. La suite se termine par une gigue pleine d’entrain alors que bergers et nymphes prennent congé.

Burlesque de Don Quichotte

Telemann composa deux œuvres s’inspirant des aventures du sympathique héros de Cervantes, Don Quichotte: une serenata intitulée « Don Quichotte auf der Hochzeit des Comacho » et une suite fantasque pour cordes. La serenata a été composée en 1761 alors que Telemann avait 80 ans. On ne sait pas si la suite a été écrite de pair avec la serenata ou si elle lui est antérieure.

Les mouvements de la suite dépeignent diverses aventures du chevalier errant aux nobles idéaux et de son écuyer Sancho Pança: le réveil de Quichotte, où celui-ci peine à sortir de sa somnolence alors que sonne le réveil; l’attaque des moulins à vent, célèbre et pathétique; les soupirs amoureux après la « princesse » Dulcinée; Sancho Pança berné alors qu’il est ballotté dans une couverture par des coquins; le galop maladroit de Rossinante, la haridelle de Quichotte; le galop hésitant de l’âne de Sancho Pança; puis finalement, le coucher de Quichotte, où il rêvera de nouvelles équipées. Telemann réussit dans sa musique à rendre bon nombre des particularités des personnages de Cervantes; il en ressort une suite entraînante et amusante.

La Bourse: Suite en si bémol majeur

Entre 1712 et 1721, Telemann vivait à Francfort sur le Liebfrauenberg dans une grande maison appartenant à la Gesellschaft Frauenstein, une association d’hommes d’affaires prospères. La Bourse de Francfort était située au rez-de-chaussée de cet immeuble. Il se pourrait bien que la Suite « La Bourse » ait résulté d’une commande d’un des hommes d’affaires de Francfort.

Avec sa référence à la Compagnie du Mississippi, l’œuvre dut avoir été composée en 1720. La spéculation faisait fureur dans ce jeune siècle des Lumières, et deux entreprises en particulier ont su conquérir le public: la South Sea Company de Londres, s’appuyant sur le négoce avec l’Amérique hispanique, et la Compagnie du Mississippi, fondée à Paris pour exploiter les ressources naturelles de la Louisiane. Les deux compagnies recevaient le soutien de leurs gouvernements, ceux-ci comptant ainsi effacer la dette publique. Les activités boursières atteignent un sommet sans précédent dans les premiers mois de 1720, alors que les investisseurs se précipitent pour acheter les actions dont le cours monte en flèche. En septembre, les titres des deux compagnies s’effondrent, les investisseurs sont ruinés et les économies de l’Angleterre et de la France sont en lambeaux. Les événements dramatiques de Londres et de Paris ont eu des répercussions partout en Europe, et la Bourse de Francfort a dû en 1720 être sur le qui-vive.

Telemann pose un regard musical compatissant, quoiqu’un peu amusé, sur les affres pécuniaires de ses bienfaiteurs. Après des mouvements qui dépeignent la tension des spéculateurs — « le repos interrompu« , « la guerre en la paix« , « les vainqueurs vaincus » et « la solitude associée » — Telemann termine la suite sur une note positive, avec une gavotte enjouée intitulée « l’espérance de Mississippi« . Après tout, l’éternel optimisme du spéculateur doit toujours l’emporter! (D’ailleurs, la Compagnie du Mississippi a été reconstituée avec succès en 1723 pour devenir la Compagnie des Indes, qui étendit ses marchés et son influence jusqu’aux Caraïbes et aux Indes, en plus de la vallée du Mississippi.)

© Charlotte Nediger
Traduction: Jacques-André Houle

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À propos

Tafelmusik Baroque Orchestra
AN 6 1032
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